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Venise a écrit "Je devrais venir te voir même quand tu n'y es pas, il est si joli ton blogue ! Je m'y sens bien. Bien sûr que l'on va patienter et en Snoopy Joe à part ça !" à propos du billet Zzzzzz....


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mercredi 26 mars 2008 Catastrophes
Livre québécois
Gagnant du Prix littéraire des collégiens 2008
Auteur
: Pierre Samson
Note : 8.6/10
Parution : 2007
Nombre de pages : 218 pages

Commentaire 

La plus grande des Catastrophes, c'est Ivanhoé McAllister qui, un jour, en tant que critique littéraire destiné à remué les vieux livres oubliés de la bibliothèque de son éditeur pour le reste de sa carrière, décide d'écrire une fabuleuse critique sur Sueur sur le marbre, un livre magnifique... qui n'existe pas. Or la supercherie n'en restera pas là, et il devra mentir coups après coups, orchestrer son propre vol du dit livre, et même en venir à... oh non, je ne vous dévoilerai pas tout, quand même!

Le livre de Pierre Samson semble peut-être un peu lourd et complexe à lire (en considérant le nombre de mots qu'un lecteur normal doit chercher dans le dictionnaire pour tout comprendre) au premier chapitre, mais rapidement notre vision de son écriture change : on comprend qu'elle sert véritablement à l'ambiance du roman (et puis bon, je le soupçonne de vouloir nous déséquilibrer un peu au début). Ses jeux de mots, ses mots crues et ses dialogues sans queue ni tête nous font rire, parfois réfléchir, plus souvent qu'autrement nous étonne carrément.

Se voulant en quelque sorte une critique du monde littéraire, ce livre a plus d'une surprise dans son sac. Les personnages sont hauts en couleurs et leurs actions... comment dire... surprenantes? Déconcertantes? Totalement débilitantes? Quoi qu'il en soit, je vous garantie que vous ne saurez pas où s'en va le personnage avec son gros mensonge, ne prenant pas les chemins les plus ... logiques? Disons simplement les chemins les plus marchés.

Catastrophes est à lire, définitivement. Crampant. Tellement que je sais plus pour quel livre je vais voter...

Quatrième de couverture

« Que doit faire un critique littéraire si le fruit de son labeur connaît un retentissement comparable à un cri dans le désert? Ivanhoé McAllister croit avoir trouvé, sinon la solution, le baume idéal: laisser libre cours à son imagination. Or, s'il jouit soudain d'une attention aussi timide qu'inespérée, Ivanhoé doit en encaisser les dramatiques conséquences. Heureusement pour lui, il constatera qu'on se relève plus facilement de ces catastrophes si, le sort et la veulerie aidant, elles s'abattent sur autrui. Une prose aux airs faussement désinvoltes portée par une narration espiègle et des personnages truculents, voilà ce que propose Catastrophes, un roman qui décoche ses flèches sur tout ce qui scribouille, grenouille et... cafouille dans le milieu littéraire. Se reconnaîtra bien qui peut! »

Citations


" Faites-moi penser d'écrire au Grand Robert pour qu'il ajoute, dans sa forme pronominale, le verbe contrecâlisser à son répertoire de québécismes reçus. "

" Chers collaborateurs, chères trices. "

De toute façon, je suis à l'article de la mort. Pas que l'article, d'ailleurs, le sujet et le complément aussi. Me manque le verbe, mais ça s'en vient. "

" Un peuple qui oublie ses prépositions, mon jeune ami, c'est le début de la fin, vous me reviendrez là-dessus dans vingt ans. "

" -Alors la bronchite?
  - À merveille! C'est comme un amant, en moins chiant : elle m'accueille le matin et ne me lâche pas jusqu'à la nuit.
"

" Bertillon n'en mène pas large. Il sait qu'il a fait une andouille de lui-même [...] et qu'il peut dire adieu à moyenne échéance à ses subventions, parce qu'il a déshonoré la nation dans le Canada uni et ça, ça ne se pardonne pas. "

" Ivanhoé se secoue et, refermant lentement derrière le visiteur, il ne parvient qu'à articuler :
 - Tu peux sortir de chez toi?
 - Non, fait l'autre en se passant une main nerveuse dans les cheveux, c'est un voyage astral. Qu'est-ce que tu crois? 
"

Note : Ce livre est nominé au Prix littéraire des collégiens 2008. Bien que je sois jury de ce prix, cet article ne réflète en rien l'opinion des autres jurys. Je n'écris pas en tant que jury, mais bien en tant que lecteur. Mon choix final restera secret jusqu'au dévoilement du gagnant.

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dimanche 23 mars 2008 J'ai serré la main du diable
Un simple clin d'oeil pour vous dire de visionner ce film. J'ai pu comprendre beaucoup mieux le génocide rwandais grâce à lui, simplement pour cela ça valait la peine. J'étais atterré à la fin du film, je ne pouvais ou ne voulais plus parler. Trop d'abominations, j'en avais mal de savoir que ce n'était pas une histoire inventée, mais quelque chose qui s'est vraiment passé. J'ai laissé passer le générique, les yeux dans le vide, sans parler. Je ne voulais pas arrêter le film, j'aurais vu là une marque d'irrespect envers le peuple du Rwanda.

Écoutez ce film, il est important que personne n'oublie ou ignore ce génocide.

Écoutez le.
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dimanche 16 mars 2008 Pourquoi faire une maison avec ses morts
Livre québécois
Auteur
: Élise Turcotte
Note : 7.7/10
Parution : 2007
Nombre de pages : 125 pages

Commentaire 

Avec un tel titre, j'en attendais beaucoup de ce recueil de nouvelles. J'ai été déçu. Tous les textes se ressemblent : de longues plaintes sur la vie, de longues réflexions sur la mort, peu d'éléments intéressants. Surtout, à ne pas lire en pleine dépression. On sent bien ce que l'auteure a voulu faire avec ce livre - quelque chose qui pourrait ressembler à un manifeste de la mort de nos jours - mais je ne suis pas du tout sûr qu'elle ait réussi.

Bien sûr, Pourquoi faire une maison avec ses morts n'est pas totalement inintéressant : certains passages font réfléchir, d'autres nous en apprennent sur la mort de notre époque. La nouvelle titre, « Comment faire une maison avec ses morts », est certainement, en ce sens, la nouvelle la plus séduisante du recueil, apportant quelques faits peu banals sur la mort dans d'autres cultures. L'ensemble se tient, on peut deviner que le personnage principal est le même pour chaque texte, mais cet ensemble ne nous tient pas, nous, ne nous amène pas dans son univers. Trop de redondances, trop fade.

Je ne conseille pas ce livre, sauf si, vraiment, la mort vous passionne. Élise Turcotte a peut-être réussi à décrire la mort à la perfection, mais elle n'a pas, enfin pas selon moi, réussi à lui donner un angle qui aurait pu lui procurer un nouvel habit, une nouvelle lumière. À vous de vous faire une opinion sur le sujet.

Quatrième de couverture

« L'homo sapiens a compris depuis longtemps comment transformer la mort en symboles. On a trouvé des cornes de cervidés dans les plus anciennes sépultures. Cornes, fleurs, coquillages, outils de silex. Toute forme d'art commence avec ce récit. Mais aujourd'hui, plus personne ne sait comment faire une maison pour les morts. Et c'est chez moi que l'homme finit un jour par déposer son bouquet de lys. Dans ces sept histoires pétries dans la glaise du jour, les pieds sur le seuil du nouveau millénaire, les questions de tous les temps bourdonnent fort à nos oreilles. Ne sent-on pas qu'il y a un autre monde en sursis, craignent toujours la petite faucheuse, aujourd'hui comme il y a mille ans? Que le jardin des allongés n'a rien d'un paradis et que, en fin de compte, la mort est bien plus vivante qu'on ne le croie... La narratrice de ces histoires aide les endeuillés à comprendre l'incompréhensible, afin de faciliter le passage obligé de la mort, dans un monde engagé sur l'autoroute de la déshumanisation.»

Citations


" J'ai cherché moi-même à être ce roc contre lequel les marées se cognent sans jamais qu'il s'ébranle. Mais je sais maintenant ma propre mort bien plus certaine, bien plus entêtée que n'importe quel roc, n'importe quelle racine survivante."   

" Je dis, c'est une odeur de la mort. Celle d'un souvenir, pas celle du corps. Ni celle de la perte brute. Rien d'assez matériel. Juste un effluve de l'impénétrable."

" Si la fatigue permet un travail, c'est celui de l'errance."

" Certains disent que s'éveiller le matin est comme une petite naissance. J'envie ces gens. Pour moi, chaque matin ressemble plutôt à une petite mort. [...] Seule. J'ouvre les yeux et ne me dis aussitôt que je vais mourir. [...] Si je mets un pied par terre, tout s'enclenche [...] Je suis si fatiguée de mourir."

" Par le passé, à deux reprises, j'ai dû cacher tous les couteaux de la maison. [...] Le simple fait de regarder les couteaux de la maison comme des ennemis en dit beaucoup sur l'existence."

" C'est peut-être ça, l'approche de la mort : non pas la résurgence de tous les moments vécus, comme on l'a si souvent décrit, mais des îlots de faits non vécus sur lesquels on sautille comme des enfants jouant à saute-mouton."

" Dans la salle de bal de l'hôpital, les coursiers passent régulièrement pour mettre des petits cachets sous la langue des patients qui attendent. Je sors la langue moi aussi. Mais le coursier passe son chemin en souriant. Je lui crie : 
- Je n'ai pas le droit d'être calme moi aussi ?
"

" Aujourd'hui, le mien, mon visage, ne m'importe plus. Je pourrais le voir vissé sur un autre corps que je ne serais pas surprise."

Note : Ce livre est nominé au Prix littéraire des collégiens 2008. Bien que je sois jury de ce prix, cet article ne réflète en rien l'opinion des autres jurys. Je n'écris pas en tant que jury, mais bien en tant que lecteur. Mon choix final restera secret jusqu'au dévoilement du gagnant.

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jeudi 13 mars 2008 Dépossédé
« J'étais un enfant dépossédé du monde. » Je n'ai jamais vraiment su pourquoi. Il semble qu'avant même ma naissance, un être quelconque ait scellé mon destin. Qu'il l'ait couvert d'un papier complètement opaque, ficelé avec une corde provenant d'un autre monde. Peut-être un ange avec l'un de ses cheveux ou alors mon inconnue de mère avec ses propres mains. Peut-être un ancêtre avec son âme. Peut-être même Dieu avec son incessante injustice. Quoiqu'il en soit, le monde ne m'a jamais appartenu, ne m'a jamais accueilli. Au contraire, j'ai plutôt l'impression que, lors de mon expulsion - car je ne me fais pas d'idée, ce n'était rien de plus - tout s'est mis en branle pour me pourrir l'existence. Pour que jamais en ce bas monde je ne puisse connaître la joie, ce que je peux identifier dans les larmes de rire d'une enfant, mais que j'ai peine à ressentir. Pour qu'on m'oublie, m'ignore, m'efface. Pour que je me délaye dans les couleurs de ma pâle existence.

Rien n'a changé aujourd'hui. Je n'ai aucun passé. Encore pire, aucun présent. Je fais partie de ceux qui n'ont toujours pas trouvé le sens de tout ça, de ce grand cirque humain. Je me suis suicidé plusieurs fois, mais la vie s'acharne sur moi : elle veut me rappeler qu'elle existe, tout en me signifiant qu'elle ne m'a pas mis ici pour rien. Pourtant, aucun but ne semble m'avoir été attribué. Les ponts, les lames de rasoir, les pilules... j'ai tout essayé. Rien n'y fait. J'aurais un accident de voiture que je n'aurais aucune égratignure. 

Vraiment la vie me déteste. Non, pas la vie. La vie est une invention de l'homme. Mais quelque chose me voue une haine sans limite, c'est évident, pour me garder vivant pendant 25 ans. Vingt-cinq ans de pure torture, vingt-cinq ans de délire, à ne pas savoir où aller, quoi faire, comment le faire, qui être. Où, comment, quand, pourquoi : quatre mots qui ne résonnent pas, ne répondent pas. Surtout le dernier. 

Je ne sais pas quelle jambe avancer en premier. J'ignore quels mots utiliser pour parler. Je ne sais pas quel geste veut dire quoi, de quel regard répondre. J'ignore totalement ce que sont les rouges, verts, jaunes, mauves... je ne perçois que les teintes de gris, du blanc sale au noir de suie. Je ne sais pas comment se prend un miroir, un vase, une lampe. Je ne sais pas comment se lave une tache. Je me méprends toujours entre une robe et une jupe, entre ma main gauche et ma main droite. J'oublie mon nom lorsqu'on me le demande, j'omets de l'écrire sur les formulaires. J'ai peur de l'eau, du noir et des autres. J'ai peur de moi. Les odeurs et les sons, les images, goûts et textures ne m'atteignent pas. Mon corps n'est pas le mien, je ne le possède pas, car je ne possède rien. Je suis le néant sans l'immensité, je suis une âme morte sans l'éternité.

Je suis un être chétif dépossédé du monde. Quelqu'un peut me dire où aller?

Ce texte provient d'un exercice de 5 minutes fait en cours de Littérature Québécoise : écrire une histoire à partir d'une phrase. Cette phrase provient de Le Torrent de Anne Hébert.

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jeudi 13 mars 2008 André Pronovost
P48.JPGDernièrement, j'ai reçu un courriel de la part d'André Pronovost, un auteur québécois qui publie depuis 1975. Il a entre autre écrit Bord-de-l'Eau. Il essai de faire connaître son site. J'ai donc décidé de l'aider un peu en publiant ici l'adresse de son site Web. La voici :

http://andrepronovost.com

Je n'ai jamais lu cet auteur, mais il est maintenant sur ma liste! Si quelqu'un à des commentaires à me faire sur l'une de ses oeuvres, je serais fort intéressé.

Bonne visite!
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mardi 11 mars 2008 10 choses
Dix choses que j'aime.

J'aime rire lorsque je glisse et tombe dans la neige en essayant de descendre ma cours. J'aime ouvrir un livre, goûter l'odeur acre de ses pages puis m'y immerger. J'aime parler du regard, sans bouger mes lèvres, et me faire répondre de la même façon. J'aime perdre mon temps devant la télé, écouter et regarder des idées, de l'imaginaire. J'aime les couleurs du soleil l'hiver, celles des feuilles d'automne, de l'herbe d'été et du ciel au printemps. J'aime écrire ses mots. J'aime me souvenir, penser, imaginer. J'aime faire quelque chose de simple qui fait pourtant plaisir à quelqu'un. J'aime découvrir, apprendre, voyager sur terre comme en moi-même. J'aime être entouré d'amis et, en toute simplicité, discuter.

J'aime tellement autre chose, que je défonce ma limite de dix pour dire qu'entre autre j'aime affronter ce que m'envoi la vie et que, donc, j'aime aimer et souffrir.

Vous, qu'aimez-vous?
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