Il y a plus d'un mois
Venise a écrit "Je devrais venir te voir même quand tu n'y es pas, il est si joli ton blogue ! Je m'y sens bien. Bien sûr que l'on va patienter et en Snoopy Joe à part ça !" à propos du billet Zzzzzz....


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dimanche 29 mars 2009 A day in London
 


Did I ever said I just love the british accent? Et bien j'ai profité de mon samedi à Londres pour bien l'écouter, m'en imprégner, avec un sourire constant sur les lèvres. Nous partions avec une liste à n'en plus finir d'endroits incontournables à visiter, d'églises, de manoirs et de palais à contempler. Évidemment, nous n'avons pas visité le quart de ce que nous aurions voulu voir, car on ne peut pas espérer tout voir de Londres en une seule journée. Il a fallu choisir, bien souvent en fonction de la distance nous séparait de chacun des lieux - Londres est si grande! Mais peu importe, car nous étions si content de finalement pouvoir poser les yeux sur la ville qu'une heure nous aurait comblée. Il faut dire que, vu le prix des billets de trains Lille-Londres, nous avions plutôt abandonné l'idée. L'affiche sur le babillard de la résidence est donc apparue comme un véritable miracle : l'université de Lille 3 organisait une sortie dans la capitale du Royaume-Uni!

Ainsi, nous nous sommes retrouvés à la station de métro Pont de bois de Lille, pour rejoindre le car, direction l'Eurotunnel! Pour ceux qui ne connaissent pas l'Eurotunnel ou très peu - comme moi avant de l'avoir emprunté -, il s'agit d'un tunnel ferroviaire de près de 50 kilomètres qui passe sous la Manche et qui relie la France au Royaume-Uni. Jusque là, c'est impressionnant, mais pas autant que l'utilisation qu'il en est fait. Comme je l'ai dit, c'est une voie ferroviaire. Vous vous demandez peut-être alors comment un bus peut emprunter une telle voie? Et bien de la seule façon possible, c'est-à-dire en prenant place dans un train! Mais attention, pas comme un vulgaire passager (à ma connaissance, ils n'ont pas encore inventé de bus assez petit qui puisse réserver un siège de TGV), mais dans un train spécial servant justement à transporter les véhicules et leurs passagers du pays français au pays anglais et vice-versa... un peu comme un traversier, mais sur rame! Néanmoins, claustrophobes s'abstenir : être enfermé dans un bus, contenu dans un wagon de train, lui-même confiné à la largeur du tunnel, c'est n'est certainement pas une expérience de rêve pour vous!

Cinq heures après avoir quitté Lille, nous étions en Grande-Bretagne, à Londres, les passagers du bus en panique parce que nous passions devant le parlement britannique et son fameux clocher Big Ben et que tout le monde avait peur de rater sa chance de prendre une photo du monument historique. Le calme de retour, notre chauffeur - j'ai presque l'impression de parler d'une limousine - nous déposait place Waterloo, où il allait également nous reprendre en soirée. Important toutefois de se souvenir que l'heure de Londres est l'heure GMT - une heure de moins qu'en France - , le district de Greenwich dans lequel nous sommes passés le prouvant, question de ne pas arriver une heure en retard au rendez-vous du retour.

Tout de suite, Sabrina et moi tombons d'accord, il faut voir le Palais de Buckingham, là où la reine d'Angleterre réside. Pas pour la reine en tant que telle - parce que vous connaissez ma "réticence" à la considérer comme "notre" reine -, mais pour les cérémonies, la richesse et le faste de la royauté qui, bien qu'évoquant aussi des temps durs de quasi-dictature, m'ont toujours fascinés. La famille royale m'intéressait en tant que représentante d'une époque depuis longtemps révolue et qui, pourtant, a toujours eu un charme et un attrait irrésistible à mes yeux. Pour se rendre au Palais, nous passions d'abord par le St James's Park, qui nous dévoilait ses parterres de fleurs et ses promenades. Nous nous y arrêtions pour une pause déjeuner (simple sandwich au thon, ce pourquoi je ne vous en parlerai pas pendant pour 2 paragraphes comme je l'ai parfois fait auparavant) et pour découvrir, par pur hasard, un mémorial en l'honneur de la princesse Diana. Puis nous nous dirigions vers la place du Buckingham Palace, où nous devions traverser quelques rues - chose périlleuse quand nous ne sommes pas habitués à ce que les voitures roulent à gauche - avant de pouvoir rejoindre la foule déjà présente aux abords des grilles du palais. Malheureusement, nous ne vîmes pas la reine - qui était présente vu le drapeau sorti sur le mat du somptueux édifice -, ni les gardes royaux avec leur chapeau-plumeau, mais nous eûmes la chance de voir passer des gardes royaux à cheval, en pleine rue, devant le palais.

Notre prochaine destination était le bâtiment de la garde montée. Nous longions à nouveau le parc St-James, croisant çà et là un taxi noir typique de Londres, tout en courbes et reluisant de propreté. En chemin, je demandais à un policier de me situer sur une carte quelques autres endroits que nous voulions voir, et celui-ci me répondait très gentiment avec son accent british... j'étais à deux doigts de lui demander de répéter devant la caméra. Après quelques minutes de marche seulement, tout au bout du parc, nous bifurquions à droite, apercevant déjà l'énorme bâtiment de pierres blanches du musée de la garde royale montée. Et c'est là que nous pûmes voir ce que tout touriste à Londres souhaite voir : des gardes royaux, complètement immobiles, ne parlant ni ne respirant - ils respirent quand même un peu, on le souhaite pour eux. Toujours pas de chapeau-plumeau, mais nous survivions à la déception : nous ne tenions pas tant que ça à faire le ménage.

Dans l'espoir d'avoir une vue panoramique sur Londres, nous traversions ensuite la Tamise sur la passerelle piétonnière du Hungerford Bridge afin de nous rendre au London Eye, une immense grande roue avec cabines vitrées permettant d'avoir cette vision panoramique que nous recherchions. Mais le prix d'un tour nous fît sursauter : 15 livres sterling, soit la moitié des livres que nous avions apportés avec nous, avec notre maigre budget d'étudiant. Nous abandonnions donc l'idée, et choisissions plutôt de vivre l'expérience unique du Fright Club, situé juste à côté, un lieu proposant un concept proche de la maison hantée, mais avec un scénario et des acteurs interagissant directement avec nous - et envers lesquels il était difficile d'avoir confiance lorsque, par exemple, ceux-ci nous demandaient de nous coller face au mur... Le tour ne durait que 12 minutes, mais était fort bien monté et très inventif. Ce n'est certainement pas une attraction centrale de Londres, mais je conseille à tout le monde!

Comme si tout était prévu, une pluie commençait à tomber lorsque nous sortions du Fright Club - et oui, c'est Londres! - , peut-être pour nous aider à nous remettre de nos émotions.  Cela ne nous empêcha toutefois pas d'enfin nous diriger d'un pas senti  - et qui le devint encore plus lorsque la pluie se transforma en grêle - vers le parlement britannique pour le voir de plus près. Les détails architecturaux présents sur cette grande œuvre humaine étaient à couper le souffle. Et je le perdais, le souffle, à force de prendre des photos, de Big Ben et du Palais de Westminster dont il fait partie. Une centaine de photos, au moins, ont résulté de ma rencontre avec l'immensité et l'achèvement du lieu, que je pris sous tous les angles. Je serais sans aucune objection resté devant l'édifice et son aura de grandeur toute la journée, mais nous profitions aussi de notre présence tout près de l'abbaye de Westminster pour en visiter la façade, car l'église était malheureusement fermée à cette heure de la journée.

Décrochant notre regard de Big Ben après avoir entendu le son de sa cloche, nous commencions à retourner vers la place Waterloo, car le temps passait et nous voulions avoir le temps de dîner (souper) avant l'heure du retour, tout en s'approchant de notre lieu de rendez-vous avec les autres. Nous décidions quand même de nous rendre à Trafalgar Square avant de manger, pour y voir les statues érigées en mémoire de la bataille de Trafalgar qui opposa la France et l'Espagne à l'Angleterre en 1805, en particulier les statues de lions desquels ont dit qu'elles auraient été faites à partir du métal de la flotte française vaincue par l'Angleterre. Suite à ce court détour, nous entrions dans un petit resto-pub anglais pour y manger un succulent fish 'n' chips, met traditionnel anglais, dont la recette de chapelure était à base de bière et qui était servi "with mashed peas and tartar sauce" (purée de pois et sauce tartare). Pour faire descendre le tout, nous marchions ensuite dans les rues environnantes jusqu'à 18h15, heure prévue du retour. Le Two Tower Bridge fût la dernière chose que nous vîmes à travers les vitres du car avant de quitter Londres.

Parce que j'espérais depuis longtemps m'y rendre, Londres aura été l'un des plus beaux voyages que j'aurai fait durant la période de mon stage. J'ai hâte de retourner en Grande-Bretagne en juillet avec Dominique, je sens que ce pays me plaira tout autant que la France!

En savoir plus sur Londres
Londres, située au sud-est de la Grande-Bretagne, est la capitale et la plus grande ville du Royaume-Uni, elle fût également pendant des siècles, la capitale de l'Empire Britannique. Fondée il y a plus de 2 000 ans par les Romains (Londinium), Londres était la ville la plus peuplée du monde au XIXe siècle, et le Royaume-Uni était le plus vaste empire du globe. En nombre d'habitants, Londres est aujourd'hui largement dépassée par de nombreuses mégapoles mais, de par son rayonnement, elle reste une métropole de tout premier plan. Centre politique, siège du Commonwealth, Londres dispose d'une puissance économique considérable, due notamment à son statut de premier centre financier mondial. (Source, Wikipédia)

Encore des photos









En photos

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Dans le texte
(1) Garde royal... hey, il triche, il me regarde!
(2) Londres et ses autobus rouges à deux étages.
(3) Typique de Londres quoi!
(4) St James's Park.
(5) Le Palais Buckingham.
(6) Le fameux taxi londonien!
(7) Il rode, il vous jette un regard angoissant, c'est le professeur fou, qui vous incite à visiter le Fright Club!
(8) Bon... ça se passe de commentaires non?
(9) Trafalgar Square.

Section "Encore des photos"
(1) Le parlement britannique!
(2) La Garde Royale montée qui passe devant le palais!
(3) Big Ben et la Tamise.
(4) Le musée de la garde royale montée.
(5) Non mais là, j'étais quand même pas pour ne pas prendre cette photo!
(6) La police montée de Londres! (Décidemment, ils aiment ça les chevaux.)
(7) Sab et moi devant (tellement devant qu'on le cache!) le Burkingham Palace.
(8) La Tamise!
(9) Waterloo Place, où nous avons débarqué du bus.
(10) Une entrée sur la cour extérieure du Buckingham Palace. On peut aussi voir l'armoirie dorée de la famille royale.

En vidéo

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vendredi 27 mars 2009 Paradis sur mesure
Auteur : Bernard Werber
Note : 8.4/10
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2008
Nombre de pages : 436 pages

Note de lecture

Deuxième recueil de nouvelles de Werber, vous vous doutez que j'ai dû aller chaque jour à partir du 3 octobre à la librairie pour mettre la main dessus le plus tôt possible  - alors qu'en fait, je savais que je ne le lirais pas avant d'être en France! Peu importe, le voir dans ma bibliothèque me faisait trop plaisir. J'ai presque honte de ne faire qu'une minuscule fiche de lecture à son sujet, mais je manque de temps, JE MANQUE DE TEMPS! ralala

Alors, au menu - outre ma panique passagère -, 17 nouvelles dont les racines se posent sur deux idées, ma foi, plutôt fréquentes chez Werber, d'imaginer les futurs possibles (L'arbre des possibles) pour l'humanité et de découvrir des passés probables. Où allons-nous, d'où venons-nous, ses deux questions fétiches. Nous passons donc d'un monde où les hommes n'existent plus et où les femmes règnent à une terre où l'être humain se reproduit comme les fleurs, de l'histoire d'une vie antérieure en Atlantis à un humoriste qui cherche désespérément à savoir d'où viennent les blagues. Toujours, ces idées passionnantes et cette façon de les raconter qui, peut-être, n'emprunte pas un style des plus poétiques, mais qui a l'effet escompté : donner au lecteur l'impression de créer des mondes.

Malgré quelques nouvelles qui m'ont semblées inachevées ou dont le rythme trop rapide brisait le réalisme, la majorité des histoires proposées par l'auteur m'ont plu. Demain les femmes, la plus longue et de loin la plus réussie, est mon coup de coeur.

Lisez, ça vaut la peine!

Quatrième de couverture

Imaginez un monde uniquement peuplé de femmes, où les hommes ne sont plus qu'une légende...

Imaginez un monde où, il est interdit de se souvenir du passé, où les gens n'ont qu'un seul intérêt, le cinéma...

Imaginez un humoriste qui partirait à la recherche du lieu où naissent les blagues anonymes...

17 histoires sous forme de contes, légendes ou fables, 17 histoires fantastiques pour frémir, rêver ou sourire.
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mercredi 25 mars 2009 Cher Émile
Livre québécois
Auteur
: Éric Simard
Note : 8.0/10
Éditeur : Septentrion, collection Hamac
Parution : 2006
Nombre de pages : 129 pages

Présentation de l'auteur

Éric Simard est actuellement responsable de la promotion pour les éditions du Septentrion. Il a été libraire pendant plus de quinze ans. Par le passé, il a également travaillé pour une compagnie de disque, une maison d'édition et pour une compagnie de théâtre. Il en est à sa cinquième année à la barre de l'émission littéraire Encrage, diffusée sur les ondes de CKRL à Québec. Il a fait des chroniques littéraires à la télé de Radio-Canada et à TVA ainsi que dans le journal Le libraire pendant cinq ans (sans oublier La Recrue!). Il a deux romans à son actif Cher Émile (Hamac) et Martel en tête - titre épuisé (Intouchables). Il a été scénariste pour la populaire émission jeunesse Macaroni tout garni.

Commentaire

D'Éric à Émile, des lettres tantôt tendres tantôt ravageuses, des mots d'espoir, d'abandon et de colère, mais, surtout, un appel à l'aide criant et dévorant. Car l'auteur des lettres s'est perdu. Il ne sait ni qui il est ni qui il veut être. Une marée d'histoires amoureuses tordues l'a roulé sur le gravier, il est écorché vif. Pour s'en sortir, il essaie à plusieurs reprises de se retirer, dans le calme et la réflexion, mais l'angoisse refait surface, la solitude pèse sur ses blessures et il se retrouve invariablement dans les bras d'hommes qui retiennent la marée pour qu'il s'y noie davantage. Les poumons encombrés d'eau noire et putride, il revient chaque fois vers Émile, son cher Émile, pour qu'il lui sorte la tête de l'eau. Au moins un instant…

Avec Martel en tête, son premier roman, dur et tranchant, Éric Simard frappait fort, tellement que je perdais l'équilibre et ne pouvais dire à la fin si j'avais aimé ou non. Cher Émile, tout en ayant la même fibre noire et dense, m'a ébranlé mais ne m'a pas fait douter : j'ai clairement aimé ce deuxième roman. Déjà, ne jugez pas la teneur du livre par son nombre de pages. L'écriture d'Éric est si touffue et riche qu'on se croyait en pleine forêt amazonienne. Le lire nous oblige à faire arrêt, nous pousse à réfléchir à nos propres travers et problèmes. Néanmoins, aucune lourdeur, et c'est là l'exploit de l'auteur que je ne saurais expliquer. Le roman est à la fois consistant et léger, profond et parfois même drôle, comme si l'auteur s'était amusé à jongler avec plusieurs balles à la fois, et, je précise, comme un jongleur professionnel.

Cher Émile a aussi été pour moi une première expérience de roman épistolaire. L'idée d'utiliser des lettres, des correspondances, comme outil de narration m'a plu et intrigué dès le départ. Je me suis posé des questions quant à l'effet qu'amenait la lecture des lettres d'Éric sans connaître les réponses d'Émile. J'ai finalement convenu avec moi-même que cela ajoutait au récit, en lui donnant une autre dimension, un mystère qui laisse place à l'imagination du lecteur. Émile pourrait, finalement, n'être que le fruit de l'imagination  du narrateur, un prétexte pour coucher ses émotions et ses délires sur papier. C'est là dire à quel point l'espace créé par l'absence de communication à deux sens est vaste et donne du pouvoir au lecteur.

Bref,  cher Éric (ben quoi, je ne le connais un petit peu quand même), je ne suis pas surpris que tu en sois rendu à ton troisième livre. Cher Émile me donne envie de lire Être, le tout chaud tout neuf recueil de nouvelles d'Éric (placement de produit bien mérité ici), que j'irai chercher en librairie à mon retour au Québec.

Pour lire Éric sur son blogue, c'est par ici.

Bonne lecture à tous!

Quatrième de couverture

Se perdre dans l'amour, se perdre dans l'autre, se perdre aux confins de soi est un risque que l'on prend à chaque nouvelle rencontre. Pendant cinq ans, à travers la correspondance houleuse qu'il entretient avec Émile, le narrateur tentera de répondre aux questions qui le hantent. Pourquoi l'échec d'une histoire d'amour fait si mal ? Est-ce que le fait d'être homosexuel peut en être la cause ou est-ce seulement une difficulté supplémentaire ? Tous les états du désespoir amoureux, du questionnement identitaire profond à la déception rageuse, de la soumission pathétique à l'élan de reconstruction salutaire défilent dans ces lettres à Émile.

Citations et extraits

« C'était une telle confusion dans ma tête. Une grosse masse informe innommable. Un début de cancer, probablement.»

« En ce moment, je n'existe pas.»

« Je t'avertis tout de suite, n'ameute pas les services sociaux ou les autorités. IL N'Y A PAS DE MESSAGE SUICIDAIRE DANS MA LETTRE!»

« Je n'étais plus seul, j'étais des millions. Je traînais enfin derrière moi la force du monde. […]Hier soir, j'ai porté le monde en moi. Il était léger.»
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dimanche 22 mars 2009 Cologne - Köln


Si j'avais déjà senti le parfum de l'Eau de Cologne, j'étais loin de me douter qu'un jour je respirerais celui de la vraie eau de Cologne, l'eau fluviale du Rhin. En fait, jusqu'à il y a encore quelques semaines, Cologne n'était pour moi rien d'autre qu'un parfum. La ville d'Allemagne, j'allais la découvrir ce weekend, fébrile à l'idée de passer une nouvelle frontière et de m'essayer au décryptage de la langue allemande.

Ainsi, après plus de cinq heures en car, l'immense cathédrale de Cologne pointait ses deux grandes tours à l'horizon. Notre premier acte fut de déjeuner sur la  vaste place l'entourant, un délicieux sandwich au poulet en main et l'admiration dans les yeux. Évidemment, nous n'allions pas rater d'y pénétrer pour la voir de l'intérieur, comprendre comment une telle immensité est possible architecturalement. Parce que cette haute église est la troisième plus grande au monde, il était aussi inévitable de faire l'ascension de l'une de ses tours, l'idée étant aussi de voir le plus beau panorama qu'il existe de Cologne. 509 marches, escalier en colimaçon... la montée est pénible mais vaut tous les essoufflements. Parce que tout en haut, ce n'est pas que le Rhin, les bâtiments médiévaux et la ville que nous pouvons admirer dans toute sa grandeur, c'est aussi l'architecture d'une cathédrale qui ne donne pas sa place dans le domaine.

Beaucoup plus bas (il faut bien revenir sur terre un jour!), les petites ruelles colorées et les rives du Rhin nous attendaient. Alors que nous nous dirigions vers le musée du parfum, l'âme d'une petite rue enfermée entre de grandes façades rouges, jaunes, bleues et blanches nous attira par sa beauté, et, comme une mouche attirée par la lumière, nous ne suivions rapidement plus du tout le trajet que nous nous étions fixé. Était-ce l'odeur et l'air rafraîchissant du Rhin qui nous possédait? Bien possible, car nous débouchions sur de grandes places bordant le fleuve, où l'éclat des façades multicolores se mêlait au charme de la haute tour d'un château et au bruit des vagues sur le muret séparant la terre de l'eau. Nous ne pouvions nous empêcher de sourire devant cette ambiance estivale, provoquée par la chaleur, les nombreuses terrasses et les marchands de eiscreme (glace) présents. Sabrina riait de moi parce que j'allais jusqu'à me coucher par terre pour prendre la photo parfaite - celle tout en haut -, des chiens se baladaient dans les parcs et moi je lorgnais déjà la crèmerie la plus proche. Nous profitions donc d'un cornet de crème glacée - la gourmandise, toujours la gourmandise! - assis sur un vieux muret.

Comme nous ne voulions surtout pas venir à Cologne sans poser le pied à l'endroit, précis, où la fameuse Eau de Cologne a été inventée, nous quittions ce lieu de légèreté et de folie printanière pour, à nouveau, nous diriger vers le musée Farina, fragrance museum, musée du parfum. La visite était captivante, les apprentissages innombrables. Nous apprîmes entre autre, à l'aide d'un audio-guide - français, hourra! -, que l'Eau de Cologne, créée par Giovanni Maria Farina au 18e siècle, était le parfum préféré des souverains d'Europe en son temps, dont Louis XV, Napoléon et Élizabeth d'Angleterre. J'étais également surpris d'entendre que l'Eau de Cologne n'était au départ pas translucide : sa transparence est due aux tonneaux en acier inoxydable maintenant utilisés dans sa fabrication, mais autrefois elle était plutôt brunâtre, puisque ces mêmes tonneaux étaient faits de bois. Nous quittions le musée plus intelligent qu'au matin - surtout considérant la faible interaction qu'il y avait entre nos neurones à cinq heures du matin - et un échantillon d'Eau de Cologne - la vraie! - dans nos sacs.

Nous avons ensuite passé les heures qui nous restaient à Cologne à marcher dans les rues et à visiter quelques boutiques, dont une librairie - bah oui, même si je ne comprends strictement rien à la langue allemande, je ne peux jamais passer devant une librairie sans m'y arrêter. Fait surprenant, la présence de chiens reniflant les bouquins et regardant leur maître avec des points d'interrogation dans les yeux : l'importance du chien en Allemagne n'est pas contestable. Jamais au Québec je n'ai vu une librairie ou une bibliothèque acceptant les chiens. Outre la librairie, nous flattions également un lama - ne me posez pas de questions - et nous retournions près du Rhin pour dîner à une terrasse. Je goûte d'ailleurs encore ce plat de rigatonis pugliese - champignons, ail, crème - qui m'a ravivé le palais - comme s'il avait besoin de l'être! Notez que je suis encore en train de parler de nourriture, trois fois plutôt qu'une. Que j'aille dire que je ne suis pas gourmand après ça!

Autre fait important du voyage... oula, je crois presque rêver en écrivant cela... c'est ma rencontre impromptue avec... un "travelling book"! Pour ceux qui ne connaissent pas le concept derrière le "travelling book", où encore le "livre qui voyage", et bien j'explique : il s'agit de livres relâchés dans la nature et dont le but est de passer entre les mains de dizaines de lecteurs qui, chaque fois, laisseront le livre en un nouveau lieu, en indiquant bien que celui-ci n'est pas perdu, mais en voyage, pour que quelqu'un d'autre puisse le trouver! C'est la plus grande bibliothèque du monde quoi! Et oui, je n'en reviens toujours pas, je suis tombé sur  l'un de ces livres, à Cologne, en Europe, alors que ça ne m'était jamais arrivé au Québec! Il s'agit de Lost City, de Clive Cussler, un livre anglais... vous comprenez la chance que j'ai eu, il aurait facilement pu être en allemand! Je ne sais toujours pas si je le relâcherai à Lille où au Québec lorsque je l'aurai lu... lui faire traverser l'Atlantique, ce serait bien non?

Je termine avec un sujet complètement différent. Cette semaine, mon superviseur de stage québécois venait nous rendre une petite visite pour s'assurer que tout allait bien et pour parler avec nos employeurs. C'était vraiment bien de recevoir un Québécois à Lille et de lui faire découvrir un peu la ville et ses habitants. En plus, Jean-Luc, le superviseur en question, était plutôt sympa - il faut dire que, le connaissant peu, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Dans le processus, j'ai pu confirmer que mon travail était apprécié en me faisant dire par ma responsable de stage que j'étais "l'un des meilleurs stagaires parmi ceux qu'elle a eus". Sachant qu'elle en a eus des dizaines, c'est plutôt flatteur!

Voila, c'est tout. Bonne semaine!

Encore des photos

 

En photos

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Dans le texte
(1) Le plus bel endroit que nous ayons vu à Cologne, tout près du Rhin.
(2) À l'intérieur de la cathédrale.
(3) Moi qui s'amuse dans les ruelles colorées.
(4) Et oui, encore en train de manger!
(5) Le printemps est bien arrivé!
(7) La place tout près de la cathédrale.

Section "Encore des photos"
(1) L'Allemagne, c'est aussi la bière (dommage que j'aime pas, haha)!
(2) Le toit de l'une des tours de la cathédrale vu de l'intérieur.
(3) Hey, je t'ai vu, tu bouges!
(4) Une tentative infructueuse de prendre en photo l'ensemble de la cathédrale.
(5) Vue du haut de la tour.
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jeudi 19 mars 2009 Hey biloute! Ch'tun hommage aux ch'tis!

Non, ce n'est pas du joual que vous lisez, mais bien du ch'timi, un accent - ou plutôt une langue en soi - du Nord français! Je rassure les Québécois, à Lille en tout cas, le ch'timi n'est pas courant. Donc pas besoin d'apprendre une autre langue si vous venez dans le Nord, haha. C'est ici un hommage aux ch'tis composé de photos que j'ai prises au Centre historique minier de Lewarde.
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dimanche 15 mars 2009 Le chapeau de Kafka : Maîtriser son art
Livre québécois
Auteur
: Patrice Martin
Note : 8.5/10
Éditeur : XYZ
Parution : 2008
Nombre de pages : 133 pages

Présentation de l'auteur

Né en 1963, en Montérégie, Patrice Martin détient une maîtrise en sciences politiques de l'Université d'Ottawa. Coauteur de l'essai La culture de la dette, en 1994, et lauréat du concours « Tout nouveau tout show » à titre d'auteur-compositeur-interprète, en 1997, il est maintenant conseiller municipal à la ville de Gatineau. Ayant été tour à tour fonctionnaire et politicien, Patrice Martin a souvent croisé Kafka dans  son milieu de travail. Celui-ci lui a inspiré l'étonnante histoire de P., un employé de bureau modèle. Modèle ? Au début du roman, tout au moins. [XYZ Éditeur]

Commentaire

Tout commence par un chapeau. P., qui a du mal à se rappeler le nom de l'illustre propriétaire du dit couvre-chef, se voit proposer par son patron – fortement, disons-le – la mission de le récupérer suite à son achat aux enchères. Voila la chance, selon P., de monter dans les échelons de l'entreprise et d'ainsi réussir sa vie. Qu'y a-t-il, en effet, de plus facile que d'aller quérir un chapeau? En fait, P., s'il était toujours dans la possibilité de vous répondre, vous présenterait probablement une liste d'au moins dix actions qui soient moins périlleuses que cette dernière tâche. Car, pour y arriver, il devra faire une analyse statistique poussée concernant la vitesse de deux ascenseurs  et leur probabilité respective de l'amener à l'étage 19 en un temps minimal. Or, le choix éclairé qu'il croira prendre suite à cette étude le mènera, après être resté coincé dans la boite d'ascenseur pendant de longues minutes, vers une salle haute et large remplie de valises et, éventuellement, vers un cadavre dans un sac de sport - fait plutôt éloigné du but initial qu'était l'obtention du chapeau. Vous êtes surpris? Et bien lui aussi l'a été : ce n'était pourtant pas inscrit dans la procédure d'acquisition du chapeau. Dans les chapitres qui suivront ses péripéties, d'autres personnages entreront en scène, dans des décors autres, mais qui finiront tous par se fondre en un seul : la rencontre de la créature, du créateur et du lecteur.

Aux premiers abords, les premiers mots, les premières phrases : froides. Les premiers paragraphes : ardus. L'impression de lire un manuel de mathématiques ou encore d'assister à un cours sur l'art d'écrire les procédures donne rapidement envie de tout abandonner. Ce serait pourtant une erreur monumentale. Lentement s'insinue un plaisir qu'on ne saurait expliquer. Il nous semble que l'on touche à quelque chose, sans pouvoir le nommer. Puis l'on comprend. Ce non-sens et ce personnage, P., proviennent d'une seule et même source : l'absurde.

Le chapeau de Kafka, littérature de l'absurde, vraiment? Il suffit de lire cet extrait concernant Calvino, un auteur, qui est amené dans le texte avec le plus grand sérieux du monde, pour s'en convaincre : « Si j'avais à évaluer les pertes annuelles en [livres de] Calvino, je m'en remettrais à des méthodes de collecte de données reconnues, non pas à des anecdotes personnelles. Par exemple, il faudrait déterminer, dans un premier temps, combien de Calvino sont en circulation de par le monde. […] Deuxièmement, il serait utile de répartir ces Calvino par pays ou, selon le cas, par composante régionale, et de calculer le taux de croissance de son œuvre. […]  Ces données pourraient ensuite être comparées aux rapports des différents postes de police, ces derniers représentant ni plus ni moins la liste officielle des pertes de Calvino enregistrées annuellement. Une telle étude, selon moi, permettrait non seulement de donner l'heure juste en ce qui a trait aux pertes réelles de Calvino, mais pourrait éventuellement mener à l'adoption de mesures législatives ayant pour but de mettre un terme à une situation devenue inacceptable.» Dès lors que l'on fait la lecture en ayant conscience de la présence de ce type d'écriture dans le roman, notre vision de celui-ci change complètement. Ce n'est plus une histoire sans intérêt, mais une source intarissable d'humour et d'ironie. Surtout lorsque la chose est aussi bien maîtrisée.

Toutefois, le talent de Patrice Martin ne réside pas seulement dans cette capacité qu'il a de flirter avec l'absurde. L'auteur mérite également une mention d'excellence en ce qui a trait à la construction de la trame narrative de son roman. Il faut l'avoir lu pour comprendre comment il arrive à prendre trois histoires qui sembleront totalement bigarrées au lecteur pour les emboîter en une finale des plus spectaculaires.  Impossible d'appréhender une telle fin lorsque l'auteur est un aussi fabuleux virtuose du temps et de l'espace. « Ces trois hommes n'ont jamais voyagé entre New York et Montréal dans une même voiture. […][Ils] sont […] réunis pour semer le doute dans l'esprit du lecteur, qui devra éventuellement décider du sens à donner à la dernière scène de cette histoire de chapeau et d'écrivains fantastiques.»

En somme, vous l'aurez compris, je n'ai rien de négatif à dire à propos de cette recrue. Très peu de romans absurdes sont publiés aujourd'hui au Québec. Le chapeau de Kafka, qui frôle ce pan de la littérature pour parfois s'y jeter, quatrième de couverture première, m'a rappelé le plaisir que pouvait me procurer ce type d'écriture. Pour son talent, à mon avis incontestable, à diriger les mots et leurs sens, de même que les chapitres et leurs mouvements,  Patrice Martin n'aura aucun mal à faire sa place dans les rayons des libraires québécois. Vous ne trouverez donc pas surprenant que je vous invite à découvrir son premier roman et à espérer, comme moi, qu'il en fasse naître un deuxième. Bonne lecture!

Quatrième de couverture

Trois récits principaux, mais aussi plusieurs autres, s'emboîtent à la façon de poupées gigognes et s'interpellent. Dans le premier chapitre du roman, P., un employé chargé de récupérer le chapeau de Kafka, se voit confronté à de nombreuses embûches: un ascenseur déréglé, des fonctionnaires rigides, des écriteaux aux messages ambigus, voire mensongers, un cadavre aussi imprévu qu'encombrant. Dans le deuxième chapitre, un écrivain rêve de croiser Paul Auster dans Brooklyn. Dans le troisième, Kafka, Borges et Calvino se racontent des histoires durant le trajet en auto qui les mène à un colloque portant sur l'écrivain comme personnage. Un roman intelligent et drôle.

Citations et extraits

« Là où les chiffres ne peuvent que représenter des concepts (quantité, hauteur, poids, etc.), les mots peuvent représenter les choses en soi.»

« Mais chez l'humain, la raison et l'intuition servent de contrepoids et empêchent, tour à tour, la domination de l'une ou de l'autre de ces manières de lire le monde. Quand l'intuition suggère une démarche ou une façon d'appréhender une situation quelconque, la raison se lève d'un bond et exige des comptes.»

« Est-ce qu'elle aussi a oublié de remplacer une quelconque lettre tombée à la suite d'une tempête amoureuse ou familiale ? A comme dans ambition ? B comme dans bravoure ? C comme dans courage ? C'est tout un alphabet qui manque à l'appel, se dit-elle alors que des larmes lui montent aux yeux.»

« Si j'avais à évaluer les pertes annuelles en Calvino, je m'en remettrais à des méthodes de collecte de données reconnues, non pas à des anecdotes personnelles. Par exemple, il faudrait déterminer, dans un premier temps, combien de Calvino sont en circulation de par le monde. […] Deuxièmement, il serait utile de répartir ces Calvino par pays ou, selon le cas, par composante régionale, et de calculer le taux de croissance de son œuvre. […]  Ces données pourraient ensuite être comparées aux rapports des différents postes de police, ces derniers représentant ni plus ni moins la liste officielle des pertes de Calvino enregistrées annuellement. Une telle étude, selon moi, permettrait non seulement de donner l'heure juste en ce qui a trait aux pertes réelles de Calvino, mais pourrait éventuellement mener à l'adoption de mesures législatives ayant pour but de mettre un terme à une situation devenue inacceptable.»

« Ces trois hommes n'ont jamais voyagé entre New York et Montréal dans une même voiture. Ils sont là pour nous rappeler que les mots peuvent faire des choses extraordinaires : inventer des mondes où morts et vivants se côtoient ; créer un personnage dont les traits font penser à un auteur, lui-même mi-homme, mi-personnage ; faire en sorte que se côtoient sur la page des écrivains ne s'étant jamais rencontrés dans la réalité. Ces trois hommes sont également réunis pour semer le doute dans l'esprit du lecteur, qui devra éventuellement décider du sens à donner à la dernière scène de cette histoire de chapeau et d'écrivains fantastiques.»

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Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois! Allez y lire les autres critiques de ce livre!

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dimanche 15 mars 2009 Vivre l'Europe, vivre Lille

Cette semaine fût très spéciale et bien remplie. Alors que je souffrais du mal du pays, elle a réussi à guérir cette plaie qui faisait ombre sur mon séjour ici depuis déjà une semaine.  Après deux mois, je voulais revoir mes amis du Québec, ma famille... retourner à mes habitudes et à mon confort québécois. Mais après une telle semaine, tellement vivante et inondée de rencontres et de découvertes, je suis prêt pour un autre deux mois, plus passionné que jamais par mon aventure ici!

Tout commence, mardi, par des crêpes, des Français et des Japonais (tiens, quel bon titre de pièce de théâtre, haha). Mélanie, alias vieille fontaine pourrie - c'est l'équivalent de son nom en japonais, ce n'est pas sa faute -, nous invite à une soirée crêperie au Repaire du Lion. Une soirée fantastique, parmi les plus belles que j'aie passée depuis mon arrivée, sous le signe du multiculturalisme. En effet, Français, Québécois et Japonais sont à la même table, échangeant parfois en anglais, d'autres en japonais ou en français. Le sentiment que j'avais se confirme : je reconnais un peu en eux mes amis québécois, je retrouve de leur générosité et de leur folie. C'est bien, on se sent chez soi.

Le menu incite à revenir plusieurs fois : impossible de faire un choix parmi toutes les succulentes options de crêpes salées et sucrées. Je finis quand même par me décider et choisie une crêpe aux œufs et champignons, suivie d'une crêpe dessert métisse au chocolat blanc et noir. Je rigole bien en voyant l'œuf miroir dans ma crêpe-repas, mais je me régale. Bien que le sirop d'érable me manque, ma crêpe dessert n'a rien à envier à la crêpe typiquement québécoise en débordant. Après le repas, ce n'est pas terminé. Alors que d'un côté de la table l'on tente de faire dire "anticonstitutionnellement" ou encore "Les chemises de l'archiduchesse sont-elles sèches ou archi-sèche?" aux Japonaises, l'autre côté est en pleine tâche de traduction des noms français en japonais. J'apprends ainsi que les Japonaises, après beaucoup de pratique, peuvent réciter des phrases que nous n'arrivons même pas nous-mêmes à prononcer correctement, et que mon nom en japonais signifie "démon magique immortel". Je suis ravi - car je me rappelle la signification du nom de Mélanie -, mais je n'ai pas le plus poétique des surnoms. En effet, Lucie mérite le nom d'une pierre précieuse, le lapis-lazuli, et Sabrina celui de "village vert qui danse dans le sable".

Jeudi, je fais quelque chose que je n'ai pas fait depuis des années : patiner. C'est Étienne, qui travaille également au PC2A, qui m'invite à venir avec lui et ses amis à la patinoire de Lille. Les attentes sont grandes envers les Québécois, j'ai l'impression que, selon les Français, nous devrions normalement pouvoir faire du patin artistique sans problème. Or, nous savons, nous, que ce n'est pas le cas. La première tentative est plutôt désastreuse : mes jambes sont comme des flageolets dans la poêle et je peine à avancer. Mes patins sont beaucoup trop grands, alors je vais les échanger. Les autres tentatives sont beaucoup plus efficaces, mais je tomberai quand même deux fois pendant la soirée, dont l'une plutôt douloureuse. Reste que je me suis amusé tel un enfant et que j'ai pris conscience que j'étais en train de réaliser mon rêve de vivre en Europe pendant plusieurs mois. Aller à la patinoire, tu ne fais pas ça en voyage, tu le fais lorsque tu habites en un lieu pour un très bon moment. De là mon titre : je vivais Lille, je vivais À Lille. Cette soirée est très significative à mes yeux et elle marque une nouvelle étape de mon séjour ici, celle du citoyen Lillois (peut-être pas légalement, mais dans ma tête c'est le cas).

La journée de samedi, prévue déjà depuis belle lurette, s'est passée en deux temps. D'abord, Vimy. Vous savez ce lieu de grande bataille où les soldats canadiens ont, lors de la Première Guerre Mondiale, aidé les Français à récupérer du terrain? Et bien nous avons visité cet espace géographique appartenant maintenant au Canada - la France le leur ayant donné pour les remercier de leur aide. La visite - tranchés, souterrains et mémorial canadien - fût très intéressante et marrante, considérant notre situation en ce lieu... nous étions... chez nous?

Ensuite, nous nous sommes rendus au Centre historique minier de Lewarde. Nous ne pensions pas trouver un intérêt à cette partie de la sortie culturelle, mais nos guides connaissaient tellement bien leur sujet que c'en était finalement captivant. L'un de nos deux guides était un Ch'ti - je crois déjà vous avoir parlé des Ch'tis, ce serait l'équivalent des Acadiens en France - et parlait, évidemment, Ch'timi. Il avait été mineur dans la mine transformée en musée et savait donc de quoi il parlait. Nous en avons donc beaucoup appris sur cette activité économique qui fût si importante dans la région du Nord-Pas de Calais.

Finalement, comme la cerise sur le sundae, - c'est une expression québécoise ça? - est venue en soirée, un peu par surprise, la grande parade d'ouverture de Lille 3000 Europe XXL, une fête monumentale qui durera quatre mois à Lille. Je dis "par surprise", car nous n'avons su qu'au milieu de la semaine que cette grande fête allait avoir lieu. Tout Lille devait certainement y être -  il faut prendre en compte le demi-mètre cube que nous avions pour respirer -, et l'organisation était phénoménale. Sur la rue Faidherbe, avenue reliant la gare Lille Flandres à la Grand' Place, des statues ébène avaient été installées. La parade se préparait, les gens attendaient depuis des heures, fébriles. Puis la parade a commencé. Entourés de deux géantes marionnettes de lumière, les acrobates, danseurs et musiciens se sont mis en branle. Presqu'en même temps, le bal aérien prenait de la hauteur, nous dévoilant des lutins-joueurs-de-tambour multicolores et des filets humains surprenants d'immensité.

La parade passée, nous nous sommes débattus pour nous déplacer vers la Grand' Place. Mais comme cela en valait la peine! La façade d'un grand bâtiment de la place avait été transformée en véritable scène où nous émerveillaient de leur voix des choristes, installés deux à deux à chaque fenêtre. De l'autre côté, un autre bal aérien avait lieu. La combinaison des deux œuvres était si belle, si harmonique et emmêlée, que l'on pouvait presque sentir nos pieds se suspendre dans les airs pour rejoindre le bal masqué se déroulant au dessus de nos têtes. Ce fût pour moi le moment le plus fort de la soirée et j'ai encore l'impression de vibrer telle la corde d'un violon en écoutant les vidéos que j'en ai pris - et auxquels, bien entendu, vous aurez droit plus loin dans ce billet.

À ce moment, suite à notre déplacement aux prochaines étapes de la fête d'ouverture, Sabrina me laissa pour aller dormir, un mal de tête la terrassant. Je profitai donc seul de la chorale dont faisait partie Pierrick, l'un des Français accueillant les Japonais. Puis, entendant les premiers feux d'artifice avertissant  l'imminence du commencement  du bal aérien, de lumière celui-là, je me déplaçais vers l'immense feu de joie qui attendait la foule au square Dutilleul. Une dizaine de feux encore, de plus en plus rapprochés, puis les vrais feux d'artifices commençaient. Le spectacle était étonnant, d'autant plus qu'il se produisait à quelques mètres seulement des bâtiments entourant le square. Je ne fus pas déçu. Après avoir fait un détour par l'Opéra pour voir l'immense boule disco éclairant la place, je m'arrachais à cette vision de rêve pour prendre le métro avant qu'il ne soit plein à craquer de Lillois voulant rentrer chez eux. Et comme tout Lille était venu, cela risquait d'être plutôt pénible. Pourtant, aucune file à la station de métro, seulement des trains remplis à ras bord. Cela aurait pu être pire.

Je vous raconte tout cela et j'ai du mal à croire que je suis bien cette personne de qui je parle. Pourtant, c'est bien moi, moi qui suis tombé sur le derrière à la patinoire, moi qui me suis régalé de crêpes, de musiques, de voix et de feux d'artifice. Je le trouve tellement chanceux ce Québécois, je me trouve si gâté. Je vis les plus beaux moments de ma vie, et je ne veux en laisser filer aucun.

Je vous laisse sur d'autres photos et sur un petit montage vidéo rapide de Lille 3000. Comme prévu, le weekend prochain, c'est Cologne qui nous verra marcher dans ses rues.

P.S. : J'aimerais remercier Mélanie et Étienne pour leur invitation. Et aussi l'AMEL (Association Marocaine Étudiante de Lille) pour avoir organisé la sortie culturelle Vimy-Lewarde. Je me suis bien amusé cette semaine grâce à vous!

P.S.2 : Puisque je suis totalement naze, je n'ai pas de photos de la soirée à la crêperie ou de celle à la patinoire, pour cause d'oublie de l'appareil photographique. Vous avez le droit de me lancer des pierres, je me lapide déjà moi-même.

P.S.3 : Merci aussi à JimmyBoy et à Liza pour leur cadeau envoyé par la poste! Ça ne paraît peut-être pas comme ça, mais ça fait chaud au coeur. JobinBoy est heureux ici, il vous dit bonjour. :P

Encore des photos








En photos

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Dans le texte
(1) La Grand' Place de Lille quelques minutes avant la grande parade d'ouverture de Lille 3000... divin!
(2) Photo (pas prise par moi) de la crêperie.
(3) Photo (pas prise par moi) de l'intérieur de la crêperie.
(4) Les tranchés canadiennes de Vimy.
(5) Centre historique minier Lewarde.
(6) Un géant de lumière! Mais vraiment géant, une marionnette en plus!
(7) La façade du bâtiment de la Voix du Nord transformée en chorale grandiose. La plus belle façon de rendre magique la Grand' Place!
(8) L'opéra illuminé par une boule disco géante... j'aurais voulu rester là toute la nuit tellement j'étais bouche-bée...

Section "Encore des photos"
(1) Les ravages des tirs d'obus et des mines lors de la bataille de Vimy s'étant passée du 9 au 12 avril 1917.
(2) La seule fois où je photographierai le drapeau canadien sans avoir mal au cœur... C'est quand même bizarre de le voir en France.
(3) Le mémorial canadien, monument en mémoire des 3598 canadiens tombés lors de la bataille de Vimy.
(4) La salle des pendus, où les mineurs pendaient leurs vêtements après une dure journée de travail.
(5) Daniel, notre guide ch'ti qui parlait, évidemment, le ch'timi et dont on comprenait que la moitié de ce qu'il disait.
(6) De retour de notre petite sortie en bus, nous découvrons une Lille transformée pour la grande fête de Lille 3000, Europe XXL!
(7) Un filet de corps humains suspendu au dessus de la Grand' Place.
(8) Comme si de transformer cette façade en chorale n'était pas suffisant, voilà qu'elle devient une œuvre d'art!

En vidéos
(5)
vendredi 13 mars 2009 Coudonc, vous êtes durs de comprenure, on ne dit pas... on dit...
Comme il semble que cette rubrique soient plutôt populaire - autant auprès des Québécois qu'auprès des Français -, voici la suite du lexique franco-québécois! Déjà le titre est composé d'une expression typiquement québécoise : être dur de comprenure, qui signifie (pour mes lecteurs français) "être quelqu'un qui ne comprends pas rapidement".

Alors, en France :

On ne dit pas... On dit (toujours ou parfois) ...
Faire la fête, le party Faire la teuf
Rire un bon coup
Se marrer
Chips
Tuiles
Consommé de boeuf
Réaction... quoi? On ne le dit tout simplement pas, car sinon on se fait regarder comme un extra-terrestre, juste avant de se faire dire : "Vous êtes québécois?"
Femme
Meuf
C'est fou!
C'est ouf!
Bizarre, étrange... quelqu'un qui est drôlement attriqué (vêtu), etc.
Quéqué (merci à Pierrick pour la démonstration :P)
Niaseries / Niaiser
Conneries / Dire des conneries
Avoir honte de quelqu'un
Se taper la honte
Chum de gars Copain/Ami
Fait frette en criss
Ça caille
Sac d'épicerie Sachet
Je te dirai ce qui en est plus tard Je te dis quoi. Expression ch'timi qui nous fait dire... quoi quoi? Et qui fait répondre au Français ch'ti : quoi? Et ainsi de suite... vous vous imaginez la scène. :P

À noter également que NON, les Québécois ne disent pas chien-chaud plutôt que hot dog.

Et tant qu'à y être, pourquoi pas un petit lexique japonais!

Français Japonais
Bon appétit Hitadakimas
Bonjour Conichoua
Au revoir Sayonara
Merci Arigato
De rien Dou itashimashite
Régale toi Omeishi agare
Remerciement pour la nourriture que l'on va manger Itadakimasu

Vous pouvez également lire les billets lexicaux précédents :
- Première partie : On ne dit pas... on dit...
- Deuxième partie : Non mais vraiment, on ne dit pas... on dit...
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mercredi 11 mars 2009 World Builder - Le bâtisseur de monde
 
Une vidéo qui fait rêver sur les possibilités que nous offriront peut-être un jour les nouvelles technologies! Un bijou de court-métrage que j'ai découvert sur le blogue de Bernard Werber.
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dimanche 08 mars 2009 Tourcoing, Japon et manifestation

Je vous vois déjà vous demander, derrière votre écran, quel est le lien entre ces trois mots : Tourcoing, Japon et manifestation. Et bien c'est qu'il s'est passé beaucoup de choses cette semaine, et pas question d'en oublier une sur mon blogue! C'est donc un petit melting-pot de la semaine que je vous propose.

D'abord, la semaine a été marquée par l'arrivée du Japon à Lille! Et oui, un groupe de Japonais arrivait ici, dont Arisa, une nouvelle stagiaire de Valérie, ma responsable, qui travaillera donc avec nous! Malgré la barrière de la langue, ma rencontre avec elle fut très intéressante - et se fit en anglais, qui était bien loin dans ma boîte cranienne, avec son thé et un confort bien ancré. Déjà, grâce à Arisa, je connais deux mots japonais : Conichoua qui veut dire bonjour et sayonara qui signifie au revoir. En même temps, j'ai fait la connaissance des Français qui les ont accueillis ici et qui, heureusement, parlent un peu le japonais (un peu? mais que dis-je, ils le parlent vraiment très bien, surtout si on les compare à moi et mes deux mots, haha). Ils sont tout aussi sympathiques qu'Arisa et ont été très accueillants avec moi en m'invitant à les rejoindre pour déjeuner. Je m'entends plutôt bien avec eux, alors j'espère les recroiser!

Ensuite, j'ai eu l'occasion de participer à une manifestation française! Vous savez comme les français aiment manifester, c'est dans leur culture, comme ils disent. C'était donc un incontournable que de les suivre à l'une d'entre elles, et j'ai pu le faire grâce à Valérie qui m'a très gentiment proposé de venir avec eux manifester pour la survie de la recherche et du système éducatif en France (de ce que j'en ai compris et de ce qu'Étienne m'en a expliqué). J'ai un peu vu la chose comme une sortie culturelle et j'ai franchement apprécié. On crie, on chante et on fait la vague! À droite, la pancarte que je m'étais faite et qui a bien fait rire Valérie et Louise.

Finalement, nous avons terminé la semaine en beauté en assistant au Défilé de géants de Tourcoing, une petite ville tout près de Lille accessible en métro. J'avais déjà entendu parler des géants des festivals français, mais j'étais loin de m'imaginer leur folie et leurs danses! Rigodons, rock ou trash, ils dansent sur toutes les musiques et feraient rigoler n'importe quel dépressif.

Mais la journée des géants à Tourcoing n'est pas seulement un défilé de géants. Après s'être restauré dans un magnifique restaurant asiatique - où j'ai réussi pour la première fois à manger avec des baguettes durant tout le repas -, nous avons été captivés comme des enfants de trois ans par la Parade Nocturne. Vraiment, je n'ai jamais rien vu de tel au Québec. Des musiciens, des acrobates, des cracheurs de feu et des acteurs qui se poursuivent et s'interpellent dans un synchronisme parfait. Une beauté sonore à en couper le souffle, de superbes costumes extravagants et colorés. Le plus surprenant pour nous, Québécois, ce fut de voir que ce n'était pas que la parade qui se déplaçait à travers la foule, mais aussi et surtout la foule qui courait pour suivre la parade, les feux et la musique! Cela donnait une fête beaucoup plus dynamique et permettait d'être à seulement deux pas de la prestation - assez pour recevoir des braises dans les yeux! En somme, il est très difficile d'expliquer l'ambiance de cette fête. C'est totalement indescriptible, il faut vivre l'expérience pour bien saisir la joie et la frénésie qui y a lieu. Cela surpasse à mes yeux Dunkerque et vaut grandement la peine d'être vécu à nouveau, avec quelqu'un avec qui le partager!

Je vous laisse avec des photos et des vidéos de cette soirée à Tourcoing, question de vous donner quelques frissons et une envie irrésistible  de me rejoindre à Lille, haha.

Bonne semaine!

Encore des photos


 

En photos

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Dans le texte
(1) La finale de la Parade Nocturne du festival des géants de Tourcoing.
(2) Arisa, la stagiaire japonaise!
(3) Ma pancarte purement québécoise lors de la manifestation.
(4) Le défilé des géants et ses rigodons!
(5) Musiciens de la Parade Nocturne.
(6) La Parade Nocturne et ses feux!

Section "Encore des photos"
(1) Ok... ELLE est assez traumatisante en vrai avec ses mains molles et sa tronche de démone!
(2) D'autres géants, plus rock n'roll!
(3) Juste pour vous donner une idée de la distance qui nous séparait des musiciens!
(4) Les sauteurs de lune, de drôles de petits bonhommes et petites bonnefemmes sautillants et parlant une langue lunaire. Ici ils nous donnent l'impression d'avoir basculé dans un autre monde!
(5) Une géant squelette enflammé! C'est quelque chose à deux mètres de soi!

En vidéos




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mardi 03 mars 2009 Weekend à Bruges

Deuxième traversée de la frontière franco-belge ce weekend pour aller à Bruges, petite ville médiévale que l'on s'amuse aussi à appeler « la petite Venise du nord », pour ses canaux et son ambiance - mais surement pas pour sa température! Malgré une vilaine grippe que moi et Sabrina traînons depuis jeudi, nous décidons de ne pas annuler notre voyage, tout étant déjà payé. Ce fut une bonne décision car, depuis mon retour de Brugge, le virus semble s'être calmé... se serait-il fait éblouir par la beauté de la ville? Si ça se trouve, cela aura été un remède!

Samedi, après s'être installés dans notre auberge de jeunesse, nous sortons pour découvrir une première fois la ville et ses ruelles coupées par de longs canaux. Nous sommes vite conquis par son aspect médiéval, nous qui sommes deux fervents moyenâgeux. Nous découvrons entre autre le Béguinage, un petit village de sœurs bénédictines au cœur de Bruges, lieu classé au patrimoine mondial de l'UNESCO! Ça donne une idée de la beauté de l'endroit. On se croirait en milieu sacré, l'ambiance est mythique et incite au silence. À deux pas, nous entrons dans une chocolaterie... comment y résister? En Belgique... impossible de faire autrement! Y avait-il une issue? (Est-ce que ça paraît que je me cherche une excuse?) Après mûre réflexion, nous ressortons avec un œuf de pâques! Un peu à l'avance, me direz-vous, mais il ne fallait  pas manquer la chance de déguster un coco de pâques belge!

Et juste avant d'avoir le tour de l a bouche particulièrement plein de chocolat, nous tombons sur deux Québécois en visite, comme nous! Quel hasard de rencontrer trois Québécois au total en une semaine alors que nous n'en avions pas rencontré un seul depuis notre arrivée! Malheureusement, ils étaient avec un groupe qu'ils devaient suivre, donc nous nous sommes rapidement séparés. Mais ce fût bien agréable d'entendre d'autres voix québécoises dans cet univers français!

Pour cause de maladie, no us sommes rentrés tôt le soir après avoir mangé une assiette de pâtes et une bonne crème glacée au chocolat-noisette. Le lendemain, nous nous levions tôt afin de profiter du petit-déjeuner compris et nous partions à nouveau faire un tour de la cité. Notre plan de la journée était clair : musée du chocolat, suivi d'une promenade sur les canaux.

Le musée du chocolat Chocostory m'a personnellement beaucoup impressionné. Je ne pensais en effet pas en apprendre autant sur le sujet. Saviez-vous que les fèves du cacaoyer, qui servent à faire le délicieux chocolat que l'on connait aujourd'hui, étaient utilisées par les Aztèques et les Mayas comme monnaie? Un lièvre coûtait diz fèves, un lot de piments quatre. Ils utilisaient aussi ces fèves pour faire des boissons chocolatées réservées aux plus riches et  les mélangeait au sang des victimes de leurs sacrifices pour rendre hommage à leurs dieux. Ce sont les Espagnols qui, après avoir annihilé ces deux grands peuples, ramenèrent en Europe la recette de la fameuse boisson au chocolat. Personnellement, j'aurais encore préféré apprendre la recette de la bouche de ces peuples encore vivants plutôt que d'avoir à les mener à l'extinction pour finalement la leur soutirer, mais ils voyaient la chose autrement à l'époque... Outre l'histoire, différents thèmes étaient aussi abordés, comme la conception du ch ocolat, la provenance de la réputation du chocolat belge, grandement due à l'invention du praliné, ou encore la composition des différents chocolats (noir, blanc, au lait). Mais le plus intéressant fut certainement la démonstration de la confection de pralinés! Il faut dire que nous avions droit à une petite dégustation par la suite...

Nous avons terminé notre visite de la petite ville par un tour en bateau sur les canaux. L'originalité de la chose la rendait fort agréable et nous avons pu voir Bruges sous un autre angle. Puisqu'il était très tôt lorsque nous avons terminé la promenade sur les eaux, que nous avions vu tout ce que nous voulions voir de la ville et, surtout, que nous étions toujours malades, nous avons pris la décision de revenir plus tôt à Lille.

J'ai donc aimé Bruges, mais je sens que j'aurais pu l'aimer encore davantage sans cette grippe pernicieuse. Je ne regrette toutefois pas de l'avoir combattue pour ce voyage, cela en valait entièrement la peine!

Samedi prochain, le défilé de géants de Tourcoing est à l'agenda!

Bonne semaine!

En photos
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Dans le texte
(1) Paysage typique de Bruges.
(2) La beauté mythique du Béguinage.
(3) La place Markt.
(4) On arrive à la place Markt!
(5) Démonstration de la confection de pralinés!
(6) Promenade en bateau sur le canal.

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