dimanche 31 mai 2009 Chimère 09
Je n'ai pas pû vous en parler à temps, car je n'étais même pas revenu de mon rêve européen lorsqu'elle est sortie, mais je vous le dis quand même : la revue d'arts et lettres du Cégep de Sherbrooke 2009, Chimère, s'est pointé le bout... des pages il y a quelques semaines! Cette année, je n'avais pas laissé passer l'occasion, alors vous pourrez retrouver un de mes textes à l'intérieur. C'est La File, mais version améliorée, question de vous obliger à acheter la revue! Par contre, je ne sais pas trop si elle est toujours disponible à la librairie GGC du cégep, et encore moins si celle-ci est toujours ouverte... mouin, pas fort mon affaire!
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lundi 18 mai 2009 On ne dit pas... on dit... dernière partie
Dernier lexique franco-québécois! Cette fois j'ai décidé de présenter la chose différemment, en donnant un contexte aux expressions. Bonne rigolade!

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Sherbrooke, 8h00 du matin.

Herméningilde est dans la voiture et attend Gervaise pour aller à Montréal.

On note que les personnages ont tous deux des noms plutôt québécois!

Comme elle n'en finit plus de se pomponner, il lui dit, pour qu'elle se presse un peu :

Allez, moi je m'en vais.

Allez, moi je me casse.

ou encore

Allez, moi je me tire.

Et là tu as envie de dire : mais non, pas besoin de te tirer une balle dans la tête pour ça, ça vaut pas la peine!!!!!

On remarque aussi que les deux expressions suggèrent une certaine mutilation du corps (casser, tirer)... les Français seraient-ils masochistes? :P

Gervaise, outrée, termine quand même de se maquiller (en vitesse!) et saute dans

le char.

la voiture.

Un peu plus tard, Herméningilde demande à Gisèle :

Pourrais-tu s'te-plaît spotter Montréal sur la carte pis me dire comment on s'y rend?

Pourrais-tu s'il-te-plaît trouver Montréal sur la carte et me dire comment s'y rendre?

Spotter signifie "trouver un truc en particulier à travers une multitude d'autres trucs". C'est un anglicisme provenant du verbe anglais "to spot", soit "repérer" en français.

Gisèle s'exécute. Malgré tout, le couple n'arrive à Montréal qu'en soirée : le sens de l'orientation exceptionnel de Gisèle a à nouveau frappé.

Une fois

à l'épicerie

au supermarché

(oui, Herméningilde et Gervaise vont faire leurs courses à Montréal alors qu'ils habitent à Sherbrooke, à 160 km, il ne faut pas poser de questions), Gervaise voit une de leurs amies au loin. Elle dit à son mari :

Heille checke, c'est Jacynthe!

Regarde, c'est Jacynthe!

Herméningilde en doute, alors il dit à Gervaise :

Attends un peu. Es-tu sûr? M'a checker si c'est vraiment elle.

Attends un peu. Es-tu sûr? Je vais vérifier si c'est vraiment elle.

Checker est aussi un anglicisme (décidement!) provenant du verbe anglais "to check", soit "vérifier" en français.

Lorsqu'il s'approche d'elle, Jacynthe le reconnait tout de suite et lui saute dans les bras (Gervaise les regarde, perplexe). Après quelques minutes de discussion enflammée (Gervaise commence à se poser des questions), Jacynthe leur dit :

Je fais un pot d'anniversaire jeudi, vous venez?

Il n'y a à ma connaissance pas d'équivalent au Québec. Un pot est une petite réunion/fête où l'on boit, d'où le terme de pot. La particularité est que c'est le fêté ou la personne principalement concernée par le pot qui amène la nourriture et la boisson, et qui sert ensuite les invités. Un peu comme si on organisait sa propre fête d'anniversaire!

Et elle ajoute :

Si vous refusez, vous êtes vraiment plates!

Si vous refusez, vous êtes vachement pas amusants!

ou encore

Si vous refusez, vous êtes vachement pas tops!

Herméningilde et Gervaise acceptent, malgré les soudaines réticences de Gervaise, et disent au revoir à leur amie. (Ils se demandent aussi pourquoi celle-ci utilise tout à coup des expressions françaises.)

Entre ses dents, Gervaise murmure :

Quelle idiote!

Non mais quelle babache!
"Babache" est Ch'timi, un dialecte du nord de la France.

Herméningilde, qui a tout entendu, lui rétorque :

M'excuse, mais Jacynthe a l'avait des 99 et 100% dans tous ses cours à l'école, alors est loin d'être stupide.

Je m'excuse, mais Jacynthe avait des 19 et 20 sur 20 dans tous ses cours à l'école, alors elle est loin d'être stupide.

En France, le concept de note en pourcentage n'existe pas. Il s'agit le plus souvent de notes sur 20 ou sur 10, et non sur 100.

Gervaise, la larme à l'oeil, lui lance alors : "C'est ça, dit qu'elle est plus intelligente que moi! Moi aussi je sais que 1 et 1 font 11!".

Herméningilde, qui n'en croit pas ses oreilles, lui répond :

Hum... ma chérie, tu dois être un peu rouillée, parce que 1 et 1, ça fait 2, pas 11...

Merde, c'est que ça fait longtemps que tu n'as pas fait de calculs mathématiques, car 1 et 1 ne font pas 11, mais bien 2...

"Être rouillé" signifie que cela fait longtemps que nous n'avons pas exécuté une tâche, et que, par conséquent, nous avons du mal à nous souvenir comment faire ou encore à bien le faire.

Honteuse, Gervaise tente de se reprendre en disant :

C'est plate... j'étais pourtant si bonne en mathématiques à l'époque!

C'est dommage.. j'étais pourtant si bonne en mathématiques à l'époque!

Et, rouge comme une tomate, elle se dirige vers un kiosque de vente pour changer de sujet. Le vendeur lui crie :

Madame! Ici, en primeur, voici les tout nouveaux gâteaux Sugar and Cream!

Madame! Voici, avant leur sortie dans les autres supermarchés, les tout nouveaux gâteaux Sugar and Cream!

Gervaise, des étoiles dans les yeux (parce que les gâteaux sont roses, et qu'elle adore le rose), regarde son mari et lui dit tout de suite :

Wow! Y'ont l'air écoeurants! On en prend!?

Sensas! Ils ont l'air super! Allez, on en prend!?

"Écoeurant" en France est plutôt utilisé dans le premier sens du mot, c'est-à-dire "dégoûtant", alors qu'au Québec il peut parfois, selon le contexte, signifier totalement le contraire.

Herméningilde refuse, sous prétexte que le rose-bonbon des gâteaux suggère fortement l'utilisation de produits chimiques dangereux lors de la confection de ces-derniers. Gervaise, boudeuse, chiale :

"Chialer" signifie "pleurer" en France et "se plaindre" au Québec.
T'es dont ben plate!

Tu es chiant, tu me saoules vachement.

Pour se faire pardonner, Herméningilde lui offre d'acheter du

sirop de maïs

Je n'ai jamais réussi à trouver du sirop de maïs en France, personne ne savait de quoi il s'agissait. En fait, c'est un sirop essentiellement composé de glucose extrait d'amidon de maïs souvent utilisé dans la confection de desserts et de confiseries.
 
afin de concocter un dessert de son choix. Gervaise accepte, mais quitte le kiosque en fixant les gâteaux roses, la boule à la gorge (c'était vraiment TRÈS important pour elle).

Les courses terminées, le couple retourne à Sherbrooke. Sur l'autoroute, une

brève période de grêle violente qui tombe sans avertir

giboulée de mars

les surprend, mais ils arrivent tout de même chez eux sains et saufs. Néanmoins, à cause de la température, Herméningilde attrape

une bonne grippe d'homme.

la crève.

Gervaise s'occupe donc de lui en lui servant un bon bouillon de poulet. Réconciliation. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Et cessèrent d'aller à Montréal pour faire leurs courses.

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Vous pouvez également lire les billets lexicaux précédents :
- Première partie : On ne dit pas... on dit...
- Deuxième partie : Non mais vraiment, on ne dit pas... on dit...
- Troixième partie : Coudonc, vous êtes durs de comprenure, on ne dit pas... on dit...
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vendredi 15 mai 2009 La bar-mitsva de Samuel - Quand roman est synonyme de tordant
Livre québécois
Auteur
: David Fitoussi
Note : 8.4/10
Éditeur : Marchand de Feuilles
Parution : 2008
Nombre de pages : 303 pages

Présentation de l'auteur

David Fitoussi est né en France et a grandi dans le quartier Snowdon de Montréal. Il a travaillé en Kibboutz, obtenu un baccalauréat en sciences de l'Université de Montréal, travaillé comme chauffeur de taxi de nuit et comme agent immobilier. Il vit depuis peu en Israël, dans une petite ville aux abords de la Méditerranée où il élève ses quatre enfants.

Commentaire

De la France, pays plutôt fade, au Québec, petite province futile et encore plus inintéressante : voici la vision qu'a Samuel, un juif en pleine adolescence, de son émigration au Canada. Dans La bar-mitsva de Samuel, il nous raconte, à la première personne, le choc culturel provoqué par l'accent des gens d'ici  - « Une chose était certaine : l'accent québécois étant déjà sexuellement inhibant, j'imaginais son effet sur la littérature française...» et décrit son premier hiver québécois, puis sa découverte, « un beau matin »,  d'un climat qui « n'était plus synonyme d'amputation des orteils.» Mais l'histoire de Samuel n'est pas qu'anecdotes sur les aléas de l'émigration. Elle tourne surtout autour  de sa vie pénible avec sa mère, son bon à rien de beau-père, sa sœur et son frère et autour de la découverte de son corps et de sa sexualité. On devine rapidement un jeune vide d'espoir, complètement blasé. Sa réalité, dur, violente, est tissée par l'absence d'amour maternel, mais aussi par un important désir de retrouver son père, toujours en France.  Commencera le décompte des jours et des heures restants avant sa bar-mitsva, puis, à travers ses cours d'hébreu et des périodes intensives de masturbation, il devra déjouer les mensonges et l'hypocrisie de sa mère afin d'obtenir l'adresse de son père. Une adresse qui lui permettrait de contacter celui qu'il n'a pas vu depuis des années, et qui, sait-on jamais, pourrait réaliser son seul désir : être présent à sa fête de 13 ans.

« Ce que je savais […] c'était que mes parents avaient chacun l'intime conviction de s'être marié avec la pire personne qui puisse exister sur la planète. C'est une incroyable coïncidence, quand on y pense.» Voici les premières phrases qui donnent le ton au roman, suite sans fin de réflexions du genre, ironiques et drôles à souhait. Et, devant l'humeur et la vision pessimiste de Samuel, cet ingrédient était essentiel à la survie du texte. Râleur,  égoïste, pervers, le personnage principal est loin de l'enfant modèle. Il martyrise sa sœur à l'aide de son père et juge que tous ceux qui l'entourent sont des idiots. Certains chapitres font réagir, en particulier celui où il raconte un des rares voyages qu'il a fait avec son père et lors duquel  « rien n'y faisait, même les coups sur [le] crâne [de sa sœur] pour l'assommer étaient sans effet». Mais, à l'avant, toujours cet humour, qui vous saisit et vous fait oublier le récit révolté et révoltant que vous lisez. Si j'ai enchâssé autant d'extraits et de citations de l'œuvre dans ma critique, ce n'est pas le fruit de hasard : même en les retranscrivant je pouffais de rire.

Un autre bon point pour celui qui a mit au monde La bar-mitsva de Samuel  est qu'il  réussit à narrer une histoire plutôt banale en donnant l'impression au lecteur de lire une aventure. Voila qui me fait penser au roman d'un auteur expérimenté plutôt qu'à une première publication. Autre chose : le narrateur  étant un enfant, on aurait pu croire que cela se serait répercuté sur le style et les mots choisis. Je m'attendais en fait à lire un deuxième La vie devant soi, avec son style propre, mais, malgré une trame de fond analogue à celle du roman de Romain Gary, j'ai trouvé autre chose dans celui de David Fitoussi.  Le style  utilisé, cinglant et hautain,  sied plutôt bien à Samuel, qui se dit adulte avant l'heure et qui regarde de haut ses amis et sa famille. D'ailleurs, le fait de mettre à l'avant-scène un enfant légèrement prétentieux  m'a semblé donner beaucoup de pouvoir à l'auteur, en créant des ouvertures pour lancer des réflexions humoristiques qui n'auraient jamais pu être écrites dans le cas contraire. C'était là une autre idée brillante de M. Fitoussi.

Vous comprenez donc que je vous conseille ardemment la lecture de ce roman québécois. À la fois loin des courants actuels par son contenu, et près par son style, La bar-mitsva de Samuel  vous fera rire aux larmes… et si ce n'est pas le cas, j'en mange mon chapeau! (Si seulement j'en avais un…)

Quatrième de couverture

Récit déconstruisant le mythe de la mère juive sur fond d'un Montréal cosmopolite, d'intégration grinçante, d'hivers funestes, de quête identitaire, La bar-mitsva de Samuel évoque avec humour la quête d'un père absent. Samuel, jeune juif français de la banlieue nord de Paris, émigre au Québec à l'orée de son adolescence à la fin des années 1970. Sous l'apparence d'un enfant passif, dépassé, dépossédé d'un destin qu'il ne maîtrise pas, il prend patiemment conscience de sa propre existence, de la brutalité de la vie et de la bêtise humaine. L'histoire de Samuel s'enracine dans l'univers familier de son école secondaire, des repas hasardeux en famille, de la préparation de sa bar-mitsva, de ses courtes vacances à la campagne et du choc des cultures.

 

Citations et extraits

« Mes parents avaient une vie plus colorée, plus captivante. Ils […] s'envoyaient des lettres d'injures en découpant les lettres de l'alphabet dans les journaux pour en accentuer l'effet, et personne ne pouvait le leur reprocher, un divorce doit toujours être justifié. Ils observaient cependant une trêve à la fête de Kippour. Ils priaient pour gagner leur procès ou pour le décès prématuré de l'autre.»

« Elle me regarda avec l'expression d'une mère qui désire abandonner ses enfants. J'étais trop grand, trop difficile pour qu'elle envisage de me noyer dans la baignoire.»

« Ma mère n'avait pas le sens de l'orientation. Dans son esprit, si le Québec n'était pas à côté de la mer, c'était forcément pas très loin de Paris. Ce n'était déjà pas si mal pour quelqu'un qui croyait que la vitesse de la lumière est le temps qui sépare le jour de la nuit.»

« Ce projet allait devenir la loi 101. Pour nous, petite famille française, c'était plutôt encourageant; nous pensions qu'avec une telle loi, les Québécois parleraient finalement le français.»

« Les Italiens mangeaient fièrement de la pizza, les Français des cuisses de grenouille, les Japonais du poisson cru, les vieilles de la purée, les Chinois des ragoûts de chow-chow, les Américains mangeaient beaucoup, les Éthiopiens ne mangeaient rien, chacun n'avait rien à y redire.»

« Les gens heureux sont généralement idiots. Ils passent leur temps à s'extasier de bonheur sans recourir aux drogues et à l'alcool, c'est forcément anormal.»

« Pour un juif, faire sa bar-mitsva, c'est un peu comme être prêtre et tripoter des petits garçons : l'un ne peut aller sans l'autre.»

« Mon père évitait de sortir du véhicule, car ma grand-mère lui avait déjà lancé une marmite remplie d'eau de vaisselle et d'épluchures de carottes. Cela avait été pour elle un rare moment de bonheur […] Je pense même que c'est à ce moment-là que ma grand-mère a appris à ma mère à danser le twist.»

« Pour la première fois de ma vie, j'étais heureux de me faire insulter. Il valait mieux s'y habituer jeune, me disais-je, puisque j'allais sans doute me marier un de ces quatre.»

« Au-delà [des six degrés sous le point de congélation], il devenait physiquement très difficile de réfléchir, sinon peut-être au suicide ou à des vacances en Floride […]. Cependant, au prix que coûtaient des vacances en Floride, je comprenais pourquoi  le Québec avait le taux de suicide chez les jeunes le plus élevé de la planète.»

______________________
Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois! Allez y lire les autres critiques de ce livre!

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vendredi 15 mai 2009 Passer des pâtisseries à la poutine
Vendredi, dans la même journée, j'ai mangé du pain français et je me suis régalé d'une poutine (miam!!!!)­. C'est que je quittais l'Europe pour retourner au Québec. Et je dois dire que ça me fait encore, cette semaine, un peu étrange d'entendre parler québécois partout autour de moi, je distingue des expressions purement québécoises que je n'aurais jamais discernées avant dans les conversations autour de moi. Ça, les montagnes et les grosses voitures...

Suis-je content d'être de retour (question gagnant le prix de popularité haut la main depuis vendredi)? Dur à dire. Je me rends compte que j'aime bien ce petit coin de pays finalement, même si ça n'a rien à voir avec Lille. Rien à voir. Je suis content, aussi, de revoir ma famille et mes amis, ça c'est clair. Mais plusieurs choses me manquent, à commencer par les pâtisseries (vous êtes surpris je suis sûr), puis le métro, la Grand' Place, l'accent (oui, même l'accent!), les gens là-bas... Il me faudra un temps pour redevenir québécois à part entière, et je me demande si je l'aurai ce temps, comme je repars en Angleterre le 3 juillet...

M'enfin, pour l'instant, ça va, le décalage horaire ne m'a pas trop affecté, sauf pour une légère fatigue en après-midi (normal c'est la nuit), et un réveil vers 6h00 du matin (normal il est déjà midi). C'est une trace de là-bas qui persiste et que je ne rechigne pas à avoir...

Pour finir, voici quelques photos de nos derniers jours à Paris où nous avons visité le château de Vincennes et pénétré dans les catacombes de Paris :








En photos

Pour voir une photo en plus grand format, cliquer dessus.

(1) Paris, Paris, Paris!
(2) L'entrée du château de Vincennes.
(3) Le donjon du château de Vincennes.
(4) Vue du donjon du château de Vincennes.
(5) La cour du château de Vincennes.
(6) Dans les catacombes de Paris... de vrais os empilés. On discerne même un motif et un certain sens artistique dans la disposition de ces os...
(7) Mouhaha, avez-vous peur?
(8) La mort nous attend dans les catacombes de Paris!
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jeudi 14 mai 2009 Venise


Dans l'avion, au dessus des Alpes dont on peut voir les pics enneigés, nous sommes impatients d'enfin poser pied à Venise. Le voyage est planifié depuis déjà quelques mois, c'est l'aboutissement de notre séjour en Europe. J'ai quitté Lille avec une boule à la gorge, mais au moins l'air salé de Venise est là pour m'accueillir. Nous arrivons tard le soir, exténués, mais nous apprécions tout de même le vaporetto - bateaux de Venise qui font office de système d'autobus et qu'on nomme vaporetto par habitude, puisqu'ils fonctionnaient autrefois à la vapeur - qui nous amène à notre auberge de jeunesse. Et l'air marin, froid mais réconfortant, qui glisse sur nos vêtements et sur notre peau et qui se fait déjà une place dans nos souvenirs.

Le lendemain matin, une vue splendide, presque irréaliste, nous attend devant l'auberge. C'est l'immense canal séparant l'île de Giudecca et le quartier Saint-Marc qui nous dévoile sa beauté, avec tout l'éclat et la grandeur que je lui connais maintenant. Nous ne pouvions nous attendre à cela le soir précédent, nous sommes émerveillés. Après un petit-déjeuner sommaire de pain et de... pain, nous fonçons à vive allure à travers ce spectacle vivant de lumière et de couleurs pour nous rendre, par vaporetto, bien sûr, à la place Saint-Marc, tout près.
 
Je pense à Venise et à Marc, deux amis, quand je découvre cette plazza faisant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est que l'ironie est à son paroxysme quand on y pense : Marc qui est le mari de Venise, la femme, et Saint-Marc le patron de Venise, la ville. La Basilique et le Palais des Doges nous surplombent, mais nous décidons d'admirer les détails de leur architecture le lendemain devant la longueur des files pour s'y introduire. Le musée Correr nous tente davantage, pour ses peintures et ses salles sur l'histoire de la ville, et nous arrivons même à prendre une photo magnifique de la place par la fenêtre du musée - c'est pourtant interdit!

En sortant du musée, nous nous dirigeons vers l'Arsenal, le chantier naval qui a vu naître l'empire vénitien, puis nous nous promenons un peu à travers les ruelles et les canaux. On comprend rapidement la réputation de labyrinthe de Venise, avec ses culs de sacs et l'impossibilité de traverser les canaux sauf à l'aide de ponts qui ne sont pas si fréquents qu'on pourrait s'y attendre. Notre but est de rejoindre la Ca'Macana, une maison-boutique de masques vénitiens que Sabrina a trouvée sur le net. Il faut dire que les masques à Venise, c'est quelque chose, une véritable tradition : comme j'aurais aimé voir le carnaval de Venise avec tous ses gens costumés! On finit par trouver l'endroit, puis, après quelques promenades supplémentaires et un souper de pizza et de pâtes - évidemment! - , nous retournons à l'auberge pour ne retrouver la place Saint-Marc que de nuit, illuminée, mais pas autant que la Grand' Place de Lille...

Pour pouvoir se promener à travers les étales des marchés de Venise près du Pont du Rialto, nous nous levons tôt le matin suivant. Le trajet en bateau est plutôt long vers Rialto, mais nous aimons nous faire bercer par les flots. Malheureusement, peu de kiosques sont ouverts au marché et seuls des fruits et légumes sont offerts. Nous sommes déçus, mais tout de même content d'avoir visité ce quartier et vu le pont le plus connu de Venise. Le reste de notre avant-midi se passe dans le ghetto juif. Nous nous informons aussi pour le prix d'une promenade en gondole, mais ce dernier nous fait peur : 80 euros. On repassera.

C'est en après-midi que nous retournons à la place Saint-Marc pour visiter la basilique et le Palais des Doges. Ce dernier nous impressionne grandement, tant par son architecture qui en impose que par son histoire en tant que résidence des doges, les dirigeants de la feu république de Venise. L'or, le bois brillant, les plafonds peints et la pierre me rappellent un peu le château de Versailles, mais en encore plus émerveillant et diversifié. En même temps, les toits du palais nous protègent des quelques minutes de pluie seulement qui ont fait partie de notre voyage sans que nous ne nous en rendions vraiment compte. Lorsque nous sortons des voûtes et des arcs du palais, le beau temps revient rapidement et nous permet de faire une dernière promenade sur les rives de Venise, avant le souper puis le retour.

Même si je ne suis pas trop "souvenir matériel", je me suis quand même acheté un masque qui m'obsédait depuis la première journée. Il était trop beau et intrinsèquement lié à l'endroit pour que je le laisse là-bas. Je ne regrette pas du tout d'avoir choisi Venise comme destination finale de notre séjour en Europe. Un autre monde que cette ville sur l'eau.


Encore des photos




En photos

Pour voir une photo en plus grand format, cliquer dessus.

Dans le texte
(1) Vue de Venise depuis le pont du Rialto.
(2) Venise vue de ma chambre.
(3) Place Saint-Marc.
(4) Les canaux, ruelles et gondoles de Venise.
(5) Oh sole mio!
(6) Le Palais des Doges.

Section "Encore des photos"
(1) Venise, tout simplement.
(2) Venise et ses campaniles (clochers).
(3) Tout près de notre auberge.
(4) Les masques vénitiens.
(5) Rive côté place Saint-Marc du canal séparant l'île de Giudecca et le quartier Saint-Marc.
(6) Typiquement italien!

En video

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