Il y a plus d'un mois
Venise a écrit "Je devrais venir te voir même quand tu n'y es pas, il est si joli ton blogue ! Je m'y sens bien. Bien sûr que l'on va patienter et en Snoopy Joe à part ça !" à propos du billet Zzzzzz....


À voir aussi
Le Passe-Mot
Détails et dédales Le Pigeonographe
jeudi 31 décembre 2009 Be original
 
You have two choices in life;
You can dissolve into the mainstream, or you can be distinct.
To be distinct, you must be different.
To be different, you must strive to be
What no one else but you can be.
 
 
Il y a deux choix dans la vie;
Se dissoudre dans le courant dominant, ou être distinct.
Pour être distinct, il faut être différent.
Pour être différent, il faut s'efforcer d'être
Ce que personne d'autre sauf nous-même a le pouvoir d'être.
 
[Alan Ashley-Pitt]
 
 
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jeudi 31 décembre 2009 The Sound of Music
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jeudi 24 décembre 2009 Joyeux Naël!
 
Je vous souhaite à tous et à toutes un merveilleux temps des fêtes avec ceux que vous aimez. :-)
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mardi 22 décembre 2009 Canción del peregrino – L’hymne du pèlerin
L'hymne du pèlerin, normalement chanté en espagnol, mais ici traduite en français pour vous. Il ne s'agit pas d'une chanson officielle, seulement d'un hymne inventé par deux pèlerins lors de notre pèlerinage. Je me demande, même si j'en doute, si elle a survécu et si on la chante toujours...
 
Aussi, plus bas, un extrait - à notre arrivée à Compostelle - pour vous donner une idée! C'est sur l'air de La Bamba.
 
Para ser peregrino
Para ser peregrino
Se necesita unos buenos zapatos
Unos buenos zapatos y andar y andar
Hasta el fin del camino
Hasta el fin del camino
Por sendas y desvíos
Hasta el fin del camino
Caminaré, caminaré, caminaré

Coro
Peregrinos (x4)

Los pies me están matando
Los pies me están matando
Y tengo una ampolla
Que me voy curando
Que me voy curando con betadine
Y que me va de cine el alcohol de romero
Y el ibuprofeno
Y el ibuprofeno
Me curaré, me curaré, me curaré

(Coro)

Si no das donativo
Si no das donativo
Tendrás que dormir debajo de un pino
Debajo de un pino
Tendrás que pagar el menú peregrino
El menú peregrino
Va ya sablazo para el bolsillo
Para el bolsillo
Yo donaré, yo donaré, yo donaré

(Coro)

A las diez de la noche
A las diez de la noche
Se apagan las luces y sufren mis oídos
Sufren mis oídos
Y ni los tapones paran los sonidos
Son los ronquidos de los peregrinos
Cansaos del camino
Cansaos del camino
No dormiré, no dormiré, no dormiré

(Coro)

Llegando a Compostella
Llegando a Compostella
Recordaras todo lo que has vivido
Todo lo que has vivido
Junto con otros muchos peregrinos
¡Buen camino, buen camino, buen camino!

Pour être pèlerin
Pour être pèlerin
Il faut de bons souliers
Il faut de bons souliers et marcher et marcher
Jusqu'à la fin du chemin
Jusqu'à la fin du chemin
Par les sentiers et détours
Jusqu'à la fin du chemin
Je marcherai, je marcherai, je marcherai

Refrain
Pèlerins (x4)

Mes pieds sont en train de me tuer
Mes pieds sont en train de me tuer
Et j'ai une ampoule
Que je suis en train de soigner
Que je suis en train de soigner avec du betadine
Et qui me va de ciné, l'alcool de romero
Et l'ibuprofène
Et l'ibuprofène
Je me soignerai, je me soignerai, je me soignerai

(Refrain)

Si tu ne donnes pas de donativo
Si tu ne donnes pas de donativo
Tu devras dormir sous un pin
Sous un pin
Tu devras payer le menu du pèlerin
Le menu du pèlerin
Te donne un gros coup dans le portefeuille
Dans le portefeuille
Je donnerai, je donnerai, je donnerai

(Refrain)

À dix heures de la nuit
À dix heures de la nuit
Les lumières se ferment et mes oreilles souffrent
Mes oreilles souffrent
Et pas même les bouchons n'arrêtent les sons
Ce sont les ronflements des pèlerins
Fatigués du chemin
Fatigués du chemin
Je ne dormirai pas, je ne dormirai pas, je ne dormirai pas

(Refrain)

En arrivant à Compostelle
En arrivant à Compostelle
Tu te souviens de tout ce que tu as vécu
De tout ce que tu as vécu
Avec beaucoup d'autres pèlerins
Bon chemin, bon chemin, bon chemin!

 
Un aperçu
 
 
À noter, je ne garantis pas l'impécabilité de l'espagnol, ni de la traduction française! Aussi, c'est une des versions de la chanson, je sais qu'il peut exister des variantes!
(2)
dimanche 20 décembre 2009 Compostelle, jusqu’au bout du monde : troisième partie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vers Santiago en Galice, l'atteinte du but

À partir de Léon, nous nous approchions lentement de la Galice, mais, surtout, nous sortions de la Mesa. Le jaune n'était plus infini, doucement il se faisait envahir par les autres couleurs. Nous retrouvions notre cher vert, vert végétaux, vert montagnard, vert sentiers forestiers. Puis le bleu rivière, le violet floral... même le gris brouillard nous l'accueillions avec une immense joie. Difficile en fait d'exprimer ces retrouvailles avec les paysages plus colorés, un mélange de pétillement, d'effervescence et de motivation renouvelée. Disons seulement qu'après plusieurs jours en teintes jaunâtres, ces toiles vivantes étaient plus que bienvenues. Et nous savions que nous entamions la dernière partie de notre pèlerinage vers Santiago, ce qui ne pouvait que participer à l'euphorie du moment.

En marchant vers la Galice, nous savions aussi que les risques de pluies abondantes augmentaient en flèche. Si la Meseta est un territoire sec et aride, la Galice est son contraire : végétation luxuriante, rigoles, montagnes et forêts. C'était le prix à payer pour récupérer les couleurs et les panoramas à couper le souffle. Nous étions conscient de tout cela, mais - peut-être vraiment cette étoile reçue à Carrión de los Condes nous protégeait-elle sur notre chemin - jamais nous ne recevrions une seule goutte de pluie sur la tête. Nous en sommes en fait venus à croire qu'il s'agissait d'une légende, et que jamais il ne pleuvait sur le chemin. Parce que ni l'un ni l'autre n'avions vu de pluie lors de nos deux pérégrinations.

À Hospital de Orbigo, l'intérieur se joignait à la beauté de l'extérieur. Dominique tenait particulièrement à s'y arrêter, pour que nous logions dans une petite auberge dont elle avait souvenir. Elle me fit donc entrer dans ce refuge magnifique, et je compris rapidement son désir d'y poser à nouveau son sac. Une cour intérieure présentant ses façades de chaux et de bois peint en bleu et une muraille magnifique exposant un pèlerin en pleine ascension donnait accès aux diverses salles communes et chambres. Un puit trônait au centre de cette cour, et on pouvait y trouver des fleurs et des fruits à partager entre pèlerins. Pour plus de soleil encore, nous pouvions nous rendre à la cour extérieure, assez vaste pour que des dizaines de pèlerins s'y étendent. C'était tout simplement magnifique.

À Astorga, alors que nous étions impatients de voir arriver Michèle, Patrick, Maurice et Carmen - nous leur avions laissé un mot sur un énorme carton sur le chemin, et nous avions hâte de voir s'ils l'avaient trouvé! - nous apprenions une très mauvaise nouvelle. Carmen n'était pas avec eux, car elle avait reçu un appel concernant son père qui l'avait obligé à renoncer au chemin pour retourner chez elle. Elle qui était partie de si loin, beaucoup plus loin que nous tous, avait du quitter à quelques jours seulement du but. Nous étions atterrés, tous les cinq, mais Maurice plus particulièrement, car il l'avait rencontrée en France et marchait avec elle depuis. Le chemin serait différent sans elle, mais nous décidions de continuer en son nom.

Après s'être arrêtés à Rabanal del Camino à l'Albergue El Pilar, nous traversions la noirceur puis la brume matinale pour tomber sur la Cruz de ferro, la croix de fer mythique du chemin. Selon la coutume, le pèlerin s'y arrête pour y laisser des pierres - ou tout autre objet symbolique qu'il porte sur son dos depuis le début de son pèlerinage - qui représente ses soucis et ses problèmes. En les laissant là, il recommence à neuf sa vie et laisse ses tourments derrière lui. La présence de cette croix ce jour là tombait bien, car j'étais dans un drôle d'humeur, me détestant pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici. Mais de la voir devant moi m'apaisait et me redonnait un peu de bon sens et d'espoir. Moi et Dominique nous étions préparé chacun quelque chose à y laisser, suivant la tradition. Comme je ne me sentais pas capable de me débarrasser d'un objet symbolique, j'avais écrit une lettre que je laissais entre deux pierres. Cette lettre parlait de ma quête, mais surtout me souhaitait courage et réponses. Dominique, elle, clouait la sienne sur la croix. Non sans un dernier regard à ce qui marquait une étape importante de notre camino, nous redescendions de la petite butte de cailloux et poursuivions notre chemin.

Vint la ronde des soupers communs. À Molinaseca, nous déposions nos sacs à l'auberge paroissiale où nous étions accueillis par un drôle de bonhomme qui ne nous fit payer que pour une seule personne, car, disait-il, il aimait bien les Québécois. Comme cet hôte avait quitté son poste dès lors que nous nous étions installés, nous nous retrouvions à convaincre les pèlerins passants devant l'auberge de s'y arrêter, tout le monde croyant que c'était fermé. À la fin de la journée, nous étions toujours très peu, et nous convenions tous de se préparer un bon souper à déguster ensemble. À la table, la Russie (Vicka) qui nous préparait de fabuleuses « Blim Chickies » - l'équivalent russe des crêpes -, la Hongrie (Sylard), l'Italie (Élisa), quatre cyclistes espagnols (Pablo, Guillermo, Carlos et Tony), deux Belges et leur bébé de dix mois - une histoire merveilleuse que la leur - , un Suédois (Pear) et le Québec, bien entendu. Comme tout le monde fêtait ensemble, chantant chacun à tour de rôle son hymne nationale, l'hôte nous offrit de fermer nous même l'auberge lorsque la fête serait terminée. Nous passâmes une mémorable soirée. À Vega de Valcarce, nous répétions l'expérience en préparant une pizza maison pour nous deux, Michèle, Patrick et Vicka. Nous profitions des dernières journées pour se retrouver entre amis, car tous le sentaient, cela tirait à sa fin, et personne au fond n'avait vraiment envie que cela se termine.

Le lendemain, nous montions O'Cebreiro, la deuxième plus importante dénivellation du chemin après les Pyrénées et entrions enfin en Galice. Malgré les difficultés physiques évidentes de cette journée, celle-ci aura toujours une place spéciale dans mon cœur. Suite à la vue de paysages d'une beauté et d'une grandeur inouïe, nous retrouvions avec surprise nos amis cyclistes au sommet, et, malgré le froid, déjeunions avec eux. Nous n'aurions pas dû les revoir, en tant normal, car les cyclistes sur le chemin sont beaucoup plus rapides que les randonneurs, mais les choses avaient ainsi été faites. Je me sentais touché par les dieux, au sommet de l'Olympe, et si j'avais été un peu morose les derniers jours, je regardais maintenant l'horizon avec le sourire et les yeux étincelants. Cette journée là, nous faisions plus de kilomètres que jamais - trente-quatre pour être exacte - tellement nous étions motivés et enchantés.

Rapidement, il ne restait plus que les derniers cent kilomètres à parcourir. Ces derniers efforts se déroulaient dans une ambiance tout autre que celle dans laquelle nous baignions précédemment. Les petits groupes de pèlerins s'étaient transformés en troupeau, car ces derniers kilomètres étaient fréquentés en masse par les touristes espagnols. Pour en rajouter, comme seuls les derniers cent bornes sont nécessaires pour obtenir la Compostella - le certificat du pèlerin -, s'ajoutait à cela des centaines de marcheurs - je n'oserais pas les appeler pèlerins - venu pour mettre un plus à leur curriculum vitae. L'achalandage était tel que nous devions partir encore plus tôt qu'à notre habitude pour s'assurer d'avoir une place à la prochaine auberge devant ce qu'on appelait les tourigrinos qui étaient arrivés en taxi ou en autobus et pour éviter d'avoir l'impression de faire partie d'une excursion scolaire. Heureusement, il y avait aussi sur ces dernières étapes la mascotte des auberges municipales à trois euros qui nous donnait l'opportunité de rire un peu. Semblant avoir été conçu par un enfant de quatre ans, ce bonhomme, que nous avions baptisé Jacobeo, était imprimé sur des pancartes tout au long du sentier. Chaque fois que nous le voyions, nous lui faisions dire des âneries enfantines... vraiment nous devions avoir l'air de deux fous, mais cela nous amusait beaucoup.

Finalement, les derniers jours de marche arrivèrent. Inconsciemment, nous les comptions, et le décompte à l'envers nous faisait peur. Nous finîmes quand même par atteindre Santiago. Santiago de Compostella, ou Saint-Jacques-de-Compostelle en français. J'aurais beaucoup de mal à vous décrire ce que j'ai pu ressentir lorsque j'ai franchi la frontière de la ville. Je crois que seuls ceux qui l'ont fait pourraient réellement comprendre. Une joie énorme, de se retrouver tous là ensemble, après tant d'efforts et après avoir imaginé ce moment des milliers de fois. Mais aussi une peine certaine que cela se termine. Devant la cathédrale, point final du pèlerinage, nous retrouvions nos amis, et, pour une dernière fois, entamions la chanson du pèlerin (que je publierai dans un billet à venir). J'étais ému, triste, béat, confus, désorienté... et la messe du pèlerin n'aiderait en rien, car elle signifiait vraiment la fin, apposait un sceau à notre histoire. Nous allions chercher notre Compostella au Bureau des pèlerins et profitions du reste de la journée pour nous balader dans la ville avec Patrick et Michèle. Car, certes, nous étions épuisés, comme à la fin de chaque jour de marche, mais l'adrénaline du moment nous poussait à vivre pleinement cette journée magique. Nous nous couchions tout de même tôt, car le lendemain matin, nous poursuivions notre marche. Ce n'était pas vraiment terminé, non. Un autre chemin bien spécial nous attendait...


À suivre...

En images

(1) La Cathédrale de Santiago de Compostella!
(2) On part t'y tôt, ou on part t'y pas tôt? Mais c'est merveilleux...
(3) Juste avant Vega de Valcarce, les couleurs font rêver...
(4) Au pied de la Crux de ferro.
(5) Plus que 195 km! Du moins selon cette pancarte là...
(6) Le vert commence à reprendre sa place.
(7) La cour intérieure du refuge paroissial d'Hospital de Orbigo.
(8) La Cruz de ferro, j'y étais!
(9) Souper entre amis à Vega de Valcarce. On voit en ordre Patrick, Michèle, Vicka et Dominique.
(10) La montée d'O'Cebreiro.
(11) Quelques indications pour ceux qui passent par Chibougamau pour se rendre à Rome ou autre lieu de pèlerinage.
(12) On arrive à Molinaseca.
(13) Santiago, youhou!!!!!!!!
 
En vidéo
 
Le fumero, lors de la messe des pèlerins : un énorme encensoir qui était utilisé à l'époque pour purifier les pèlerins... et cacher leurs mauvaises odeurs! Et oui, imaginez l'odeur de centaines de pèlerins du Moyen-Âge qui ne se sont pas lavés depuis des semaines! Nous avons eu la chance de le voir en action!
 
 
Voir aussi

- Compostelle, jusqu'au bout du monde : première partie
- Compostelle, jusqu'au bout du monde : deuxième partie
(1)
vendredi 18 décembre 2009 Harper à Copenhague
Maudit que des fois je suis écoeuré d'être Canadien... comme présentement. Non mais c'est ridicule, alors que les États-Unis, qui ont toujours été loin de se préoccuper des changements climatiques, proposent des milliards et participent activement aux négociations à la Conférence de Copenhague, nos représentants essaient de tout bloquer. Comble de l'ironie, M. Harper ne se donne même pas la peine de prendre la parole aux plénières, préférant participer aux banquets de Madame Chose. Si ça ne prouve pas qu'il s'en fout éperdument de l'environnement... il n'a clairement pas l'intention d'agir.
 
Ça suffit.
 
Signez la pétition HARPER: TROP C'EST TROP proposée par Équiterre.
 
C'est par ici.
(3)
jeudi 17 décembre 2009 Mademoiselle Personne - Étincelle de mer
Littérature québécoise
Auteure Marie Christine Bernard
Éditeur Hurtubise HMH
Parution 2008
Nombre de pages 319
Note  9 / 10








Présentation de l'auteure

Professeure de lettres au Collège d'Alma, Marie Christine Bernard a grandi au bord de la Baie des Chaleurs, en Gaspésie. Son premier roman, Monsieur Julot, a été couronné Prix Découverte du Salon du Saguenay 2006. Elle vit aux abords de la belle forêt boréale où l'appelle souvent son besoin de silence, avec son amoureux, leur grand garçon, leurs deux chats et leur chien, sans compter les mouffettes, porc-épics, ours et autres orignaux qui peuplent les lieux.

Commentaire

À Sable-Rouge, un petit village gaspésien, Céleste Dugas, amoureuse des mots et de la mer, vivait avec son père, pêcheur l'été et menuisier l'hiver, sa mère, et Marie l'Indienne, servante de la famille, mais aussi amie. Elle aimait tant la mer qu'elle descendait chaque matin sur la plage pour s'y baigner. Or la mer, un jour, lui prit son amour, et du même coup son nom. Plus question de se faire appeler Céleste, dorénavant elle serait personne, Mademoiselle Personne. Depuis, elle s'assoit chaque jour devant la grande muraille d'eau dans l'attente du retour de l'homme qu'elle aime. Un retour où l'espoir n'a pourtant pas sa place.

Mais il y a plus qu'un banc devant la mer dans son histoire, plus qu'une féerie amenée par cette petite silhouette blanche et légère au bout d'un cap. Le drame et les fantômes qui pèsent sur son âme nous sont dévoilés par ceux qui ont partagé sa vie - Justin, un chambreur qui deviendra amant, Will, qu'elle aimera et perdra en mer, et Émile, un ami d'enfance qui fera tout pour la marier -, puis, au final, par elle-même. Quatre voix qui se suivent pour raconter une histoire tragique mais néanmoins merveilleuse.

Je comprends maintenant l'enthousiasme de Venise, cette étincelle dans ses yeux, lorsqu'elle m'a parlé pour la première fois du roman de Marie Christine Bernard. Elle retardait le moment de sa critique, parce qu'elle n'avait pas de mots pour décrire ce que tout son être m'a dit ce soir là, le livre dans les mains. Elle ne m'aurait rien dit du tout, et je crois qu'elle m'aurait quand même donné envie de lire Mademoiselle Personne. J'avais donc beaucoup d'attentes, mais je n'ai pas été déçu, loin de là. En fait, cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un récit avec autant de bonheur et de ferveur, complètement captivé par l'histoire, les cris et les images qui surgissaient d'entre les pages.

Ce qui fait la force de ce roman à mes yeux est d'abord sa crédibilité. Tout y paraît réel, vrai. Les personnages, chacun avec leur voix et leur personnalité singulière, ne sont pas des narrateurs, mais des orateurs qui, debout devant moi, cherchent à répondre à mes questions, des conteurs très habiles créés par une auteure tout aussi habile. Leurs dialogues sont le reflet parfait de leur situation sociale, de leur milieu de vie et de leurs énergies, passions et idéologies. Les détails et l'ambiance historique peints par l'auteure me semblent pleins d'exactitude : on s'imagine sans mal à la Pointe-à-Caillou, pendant la Deuxième Guerre mondiale. Vraiment, tout, mais tout est positionné pour que le lecteur y croit. Et ça marche, diable que ça marche!

Face à tout ce vraisemblable, il y aussi du mythe dans ce livre. Parce que ce lutin vêtu de blanc, une femme sans nom, qui fixe l'infinie ligne bleue du large dans l'espoir de voir apparaître au loin le bateau de son amant, bien sûr, fait penser de prime abord à une fable de village. Et c'est là ce qui est presque dérangeant, parce qu'on en vient à se demander comment l'auteure a pu faire pour rendre de façon aussi sentie, vigoureuse et tangible ce qui aurait pu sonner comme une légende autrement. Parce que s'il y a aussi du mythe, de l'imaginaire et de l'extravagant dans Mademoiselle Personne, cela est toujours aussi convaincant.

Et puis il a l'écriture de l'auteure. Un style très imagé qui participe largement à rendre l'ensemble vivant. De ces images, celle que je vois aujourd'hui encore en regardant la pochette du livre, c'est bien sûr l'image de cette relation hommes-mer omniprésente, véritable souffle qui semble entraîner ensembles tous les morceaux de l'intrigue. La mer comme je ne l'avais jamais vue avant, nourricière, bienfaisante, mais aussi hasardeuse et menaçante. De la plume de Marie Christine Bernard, je me souviendrai aussi de l'incroyable talent à faire vivre quatre voix qui s'harmonisent parfaitement, sans répétitions, l'une accompagnant l'autre, un entremêlement impeccable des fils qui font le suspense. Rebondissements aux détours garantis.

Venise m'a prêté son exemplaire, je crois que je vais m'en acheter un à moi. Par peur d'oublier cette œuvre magnifique si elle n'est pas dans ma bibliothèque. Ou alors je refuserai de la lui rendre... qu'en dis-tu Venise? Plus sérieusement, si vous cherchez un bouquin à donner en cadeau, mon choix cette année s'arrêterait sur celui là. Mademoiselle Personne de Marie Christine Bernard.

Quatrième de couverture

À Sable-Rouge, en Gaspésie, pendant la dernière guerre, une femme s'assoit chaque jour sur un banc, face à l'océan, dans l'attente d'un improbable retour. Vingt ans plus tôt, une goélette, construite par son père et baptisée en son honneur la Lady Céleste, a pris la mer en emportant l'homme qu'elle aime. Mais la goélette n'est jamais revenue et la femme attend toujours. Elle dit que seul le retour de la Lady Céleste lui rendra son nom; d'ici à ce jour, elle est mademoiselle Personne.

Autour de cette petite boiteuse à tête de lutin, fantasque et irraisonnée, gravite une galerie de personnages: Marie l'Indienne, qui veille jalousement sur elle; Émile Bourgeois, ami d'enfance et éternel soupirant; Jack, le gardien de phare; Justin, le jeune journaliste venu de la ville. Et bien sûr Will, le capitaine qu'elle a trop brièvement connu, l'homme qui, en achetant la Lady Céleste, s'est aussi emparé de son âme.

Quatre protagonistes - Justin, Will, Émile et Céleste elle-même - racontent à tour de rôle un bout de l'histoire, permettant au lecteur de reconstituer un drame tissé par ce que le genre humain a de pire et de meilleur en lui.

Citations et extraits

Et pour une rare fois, je n'ai qu'une seule citation pour un roman que j'ai adoré, parce que, trop pris par les mots, j'ai oublié de noter les phrases :

"Que sait-on en vérité de ce que désirent les secrets?"

D'autres ont aimé...

- Le commentaire de Venise
- Critique de Jean-François Caron sur Voir.ca
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jeudi 17 décembre 2009 Slumdog Millionnaire - Jai Ho
Tant qu'à être parti sur les vidéos, regardez celui-là, tiré de la fin de ce bijou de film qu'est Slumdog Millionnaire.
 
(0)
mercredi 16 décembre 2009 Lip dub
J'avais l'intention de vous parler de ce lip dub (c'est quoi un lip dub?) tourné aux urgences d'un hôpital du Saguenay qui a tant fait parler hier aux nouvelles (voir ici). Pour pas grand chose finalement, franchement, qu'ils s'amusent eux aussi, plus eux que d'autres d'ailleurs, avec toutes les heures supplémentaires qu'ils doivent faire et le stress relié à leur travail, ils le méritent amplement!
 
Mais comme ils ont supprimé leur vidéo de Youtube - et c'est dommage -, je vous présente un autre lib dub, tourné celui là par des étudiants en communication de l'UQAM. Je trouve l'exercice plutôt amusant! Dans le cadre d'une initiation, c'est une activité qui aide vraiment les nouveaux à s'intégrer et surtout qui ne vise pas l'humiliation!
 
(3)
mardi 15 décembre 2009 La femme fragment - Quête identitaire
Littérature québécoise
Auteure Danielle Dumais
Éditeur Québec Amérique
Parution 2009
Nombre de pages 416
Note  8 / 10
Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois! Allez y lire les autres critiques de ce livre!








Présentation de l'auteure

Même si Danielle Dumais a toujours aimé les mots, elle n'a fait le grand saut dans l'écriture qu'au tournant des années 2000 après une longue carrière de gestionnaire. Épicurienne, poète, voyageuse, amoureuse des arts et des êtres, elle se laisse maintenant guider par la plus exigeante des compagnes : l'imagination. La Femme fragment est son premier roman.

Commentaire

Caroline, abandonnée par sa mère à sa naissance et élevée par un père vivant dans la réclusion, avance pourtant dans la vie d'un pas léger et dansant, avec comme seule dépendance un amour indomptable pour les contes et les histoires, légué par son père. Après la mort de ce dernier, alors que sa mère n'est pour elle qu'un prénom, elle découvre un carnet écrit des mains de cette femme qu'elle n'a jamais connue, un cahier qui lui dévoile les secrets du passé et les circonstances qui ont poussé sa mère à l'abandonner. "Mon destin gisait dans un cahier noir couvert d'une écriture charriant la folie à grands traits funestes."

Se déclenche alors en elle une véritable quête identitaire. Prenant conscience des fragments qui la composent, elle cherche d'abord à s'y dérober, puis à les comprendre. Au Québec, elle fouille son passé, remonte son arbre généalogique pour trouver des réponses aux questions qui l'obsèdent. Mais cela ne suffit pas. Est-elle uniquement la somme de ce que ses parents étaient? Qui est-elle? Elle choisit l'exil et, à l'étranger, sur les flots ou sur la terre de ses ancêtres, elle tente de se reconstruire.

Le roman de Danielle Dumais m'a touché personnellement sur plusieurs points. Les personnages, d'abord. Je me suis reconnu dans plusieurs d'entre eux, en particulier chez le père et sa fille. J'ai compris la solitude du père et son besoin de s'évader par les mots. En dehors du reste, à part, vibrant de sa propre énergie, Caroline, qui préférait le rêve et l'imaginaire au réel, m'a aussi beaucoup affecté. Tous vrais, tous si bien tracés et vivants, les personnages m'ont parlé, autant que leur histoire. Outre cela, la quête de Caroline à l'étranger et les lieux qu'elle visite m'ont ramené à ma propre quête intérieure que j'ai, drôle de coïncidence quand même, moi aussi terminée à Lyon. J'ai donc avec plaisir redécouvert la France avec elle et profité de ses promenades dans les petites ruelles et vastes sentiers pour me rappeler les odeurs et les couleurs de là-bas. Petit velours au cœur. Mais ce qui m'a le plus touché dans La femme fragment, c'est la poésie présente partout dans le style de l'auteure. "Je me souviens qu'il a dessiné dans l'espace le visage d'une femme et que j'ai posé ma tête sur son épaule. C'était doux." Enivrante, son écriture m'a fait du bien, me donnant un peu l'impression d'être comme une feuille d'automne qui, lentement, se dirige vers le sol pour, tout en douceur, s'y allonger.

Une autre chose qui m'a plu se trouve dans la structure du roman : Danielle Dumais alterne avec brio les voix de ses personnages. Si un chapitre fait résonner celle du personnage principal, un autre nous donne le point de vue d'un amant, d'un ami ou d'un membre de sa famille. L'histoire nous est donc racontée non seulement par celle qui la vit, mais aussi par ceux et celles qui partagent cette histoire avec elle. Cela nous donne une vue d'ensemble très détaillée et intéressante et supporte l'histoire à merveille. Chapeau à l'auteure pour avoir réussi à éviter les répétitions et pour les particularités dont chacune des voix sont dotées.

Au final, j'ai peu de mal à dire de ce roman. La grande place que laisse l'auteure à l'imaginaire m'a fasciné, de même que les questions que pose son roman. Car que doit-on, finalement, à ses origines? Je n'ai peut-être pas répondu à cette question en lisant La femme fragment, mais j'ai définitivement passé de bons moments de lecture. Et je vous invite à faire de même.

Quatrième de couverture

Que doit-on à ses origines? Élevée par un père aussi misanthrope que poète, Caroline voit sa vie basculer lorsqu'elle découvre la vérité sur sa mère et les raisons qui l'ont poussée à l'abandonner à sa naissance. Celle qui composait jusque là avec une absence qui allait de soi, est amenée à se poser des questions fondamentales sur sa façon d'être.

Quête identitaire au premier chef, cette histoire conjugue bellement les voix et les voies pour permettre à l'héroïne de se définir. À travers sa vie amoureuse, elle cherche à recoller les fragments d'un tout morcelé par la pression de l'éducation et de l'hérédité.

Citations et extraits

« Je ne suis rien d'autre qu'un prénom. »

« L'abandon refuse les excuses. »

« Quand un château de cartes s'écroule, les enfants ne s'empressent-ils pas d'en construire un autre? »

« Comment apprendre à débusquer l'illusion lorsqu'elle prend toutes les apparences de la réalité? On croit façonner du bonheur et c'est le malheur qui s'érige. »

« Pourquoi la vie s'acharne-t-elle à me courtiser? »

« Tout fondait, comme si l'hiver avait changé d'idée. »

« Mais aussi, un sourire timide comme s'il ne savait pas s'étirer vers l'avenir. »

« Qu'est-ce que la mort pour un cœur qui ne bat pour personne? »

« Le passé m'apparaissait comme un gouffre d'ignorance et moi, comme une marionnette ignorante de ses ficelles. »

« Mon destin gisait dans un cahier noir couvert d'une écriture charriant la folie à grands traits funestes. »

« C'est comme ça que la vie fonctionne. Elle nous donne des gifles, elle nous matraque. On pense qu'on ne se relèvera jamais. Et puis un jour, un chant d'oiseau vient nous rappeler qu'il faut bien continuer à garnir notre nid. »

« Ceux que j'avais cru aimer, je les avais aimés dans l'ignorance de ce que j'étais. L'amour perd-il alors son nom? »

« Je suis l'automne déserté par l'été. Je suis la terre assoiffée qui ne recevra pas d'ondée. »

« L'amour est un oiseau qui se nourrit d'espace. »

« J'ai un goût de prudence qui fout le camp dès que je pose les yeux sur lui. »

"Je restai enfermée avec une pile de livres. J'oubliai de manger, de boire, m'endormant sur mes pages, les yeux rouges d'avoir trop lu, obstinée à dresser autour de moi une muraille de mots. »

« Je me souviens qu'il a dessiné dans l'espace le visage d'une femme et que j'ai posé ma tête sur son épaule. C'était doux. »

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dimanche 13 décembre 2009 Sept confidences dont un mensonge
Je me suis fait taguer par Blue. Mon premier tague! "Oui mais Maxime, c'est quoi ça un tague??" Certains se le demandent j'en suis sûr. Et bien c'est simple : un sujet, un tagueur et des tagués. Le tagueur tague ses victimes (mouhahahaha!) - les tagués - sur un sujet. Par exemple "Dix choses que je ne ferais jamais". Les tagués doivent donc répondre d'un billet sur leur blogue, et taguer un nombre prédéterminé ou libre d'amis blogueurs. Ceux-ci publient un billet sur leur blogue... vous voyez?
 
Le thème du tague de Blue, elle-même taguée par Anne : Sept confidences sur moi dont un mensonge à découvrir. Je me lance, je dévoile quelques une de mes couleurs!
 
 
Rouge
Je suis un être passionné. Je le dis souvent d'ailleurs. C'est ma motivation quotidienne, j'aime toucher un peu à tout, lecture, écriture, politique, sciences, voyages... je ne suis pas du genre à être de ceux qui s'ennuient durant les vacances d'été par manque de projets. Et quand j'aime, j'aime. Je m'époustoufle, je m'extasie, je m'émeu. Le lien entre toutes mes passions, c'est souvent le créatif ou la découverte.
 
Blanc
J'ai la dent sucrée. Oh que oui! Apportez-moi en des petits pains au chocolat, des éclairs, des mille-feuilles, des petits gâteaux, des GROS gâteaux, des biscuits, tendres, ou croustillants, des anglaises aux pommes, aux poires, aux abricots... ma place est dans une pâtisserie! Surtout que - et là je vais en énerver plusieurs - je suis physiologiquement incapable de grossir. ^^
 
Gris
Je suis logique, très logique, trop logique peut-être parfois. Ce n'est pas pour rien que je me suis dirigé vers l'informatique, de la logique pure. Et pourtant, je suis assez intuitif aussi. Ce qui provoque parfois quelques combats intérieurs entre le droit, le gris, le carré et le mystérieux, le pressentiment, l'instinct. Confus comme dirait un ami. Je suis un être de contradictions.
 
Vert
Je suis un optimiste. Ça aussi peut-être trop parfois. La vie est si belle vous savez, mais je tombe de plus haut, par excès de vision positive. Sauf que je ne me dompte pas : pits pits et couleurs de l'arc-en-ciel reviennent au galop.
 
Noir
Je fais dans la timidité, et, plus que tout, dans le manque de confiance en moi-même. Je m'améliore, heureusement, mais c'est loin d'être chose du passé. Même si j'aime rencontrer de nouvelles personnes, cela m'angoisse toujours énormément. Il me faut normalement du temps, mais beaucoup de temps, avant de devenir à l'aise avec quelqu'un. Et plusieurs choses encore me semblent inaccessibles.
 
Jaune
Je suis agnostique, c'est-à-dire que je sais que je ne saurai jamais si dieu - ou quelque chose de plus grand - existe. Et, par conséquent, je ne lui voue pas un culte aveugle. J'accepte tout simplement de ne pas savoir. C'est plutôt différent de l'athéisme, qui suggère plutôt une foi absolue en l'inexistence de dieu. On peut faire un lien avec mon sens logique, qui me dit que si je n'ai pas de preuves - dans ce cas aucune preuve de l'existence ou non de dieu - je ne peux pas conclure.
 
Bleu
Finalement la vérité et l'honnêteté sont deux choses très importantes pour moi. Rien de pire que l'hypocrisie. Rien de pire que de se réveiller d'un monde construit de faux blocs par quelqu'un. Et donc j'essaie toujours d'être le plus vrai possible et j'attends la même chose des gens qui m'entourent.
 
Alors, le mensonge? :-P De mon côté, je tague Caro[line], une habituée du jeu, Jules - le titre de son blogue est quand même Jules se livre... alors elle n'aura pas de trop de mal avec le sujet hihi - et Catherine, si elles veulent bien se prêter au jeu! :-D
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dimanche 13 décembre 2009 Test : politique et environnement
Testez vos connaissances sur l'environnement, mais surtout sur la politique qui l'entoure. Ce petit test bien intéressant est proposé par L'actualité.com. Selon votre niveau de connaissances en la matière, il peut vous en apprendre beaucoup!
 
C'est par ici!
 
Réagissez ici! Certaines réponses vous surprennent-elles? Ou alors peut-être en saviez-vous plus que vous ne le pensiez?
 
 
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vendredi 11 décembre 2009 Compostelle, jusqu’au bout du monde : deuxième partie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La Mesa, l'infini

La Mesa, terres et champs à perte de vue, huit jours de marche sur un sentier qui semble faire tourner le paysage en boucle. Dominique était déjà prête à devenir folle, se souvenant de la dernière fois où elle avait traversé la zone maudite. Elle n'avait pas tord, il est vrai que la Mesa peut donner une impression de désert sournois à celui qui n'y est pas préparé. Presqu'aucune dénivellation mises à part les quelques butes recouvertes du jaune des champs de céréales, ce jaune partout. Peu de fontaines pour remplir ses gourdes et étancher sa soif - un tronçon de dix-sept kilomètres, même, où des ambulances de la Croix Rouge passent pour distribuer de l'eau. Le son des balles de fusil des chasseurs de petites bêtes des champs - la vue, parfois aussi, de ces balles, passant un peu trop près de nous - , des éoliennes au loin qui paraissent vous narguer - non, vous n'arriverez jamais à nous! - et encore ce jaune, toujours ce jaune. La couleur du blé prend un autre sens, englobante, emprisonnante - Dominique dirait empoisonnante -, éternelle. Mais alors qu'elle y voyait un cauchemar, je profitais plutôt du sentiment de plénitude et de grandeur que me procurait la vue de ces infinies vagues dorées. Du moins au début. J'avançais vers l'inconnu après tout.

À peine avions nous quitté Burgos que les ampoules se mettaient de la partie. Je marchais depuis treize jours et jamais elles ne s'étaient invitées - la première fois non plus d'ailleurs -, mais je ne pouvais pas y échapper, semblait-il. Les fameuses souffrances du pèlerin. Je n'avais pas à me plaindre toutefois, avec mes toutes petites ampoules, d'autres avaient les pieds en sang et des tendinites jusqu'au dernier des muscles. « C'est parce que vous avez du coureur des bois dans les gênes », disaient les pèlerins français. Étions-nous immunisés par notre histoire? Cela nous fît bien rire.

Nous marchions 25 kilomètres par jour, parfois plus, parfois moins. La chaleur intense du midi nous poussait à prendre la route plus tôt pour profiter de la fraîcheur du matin. Il n'était pas rare que nous sortions alors que le jour n'était pas encore levé, et nous profitions, ces fois-là, de levés de soleil à couper le souffle - les herbes et les prairies brillaient pour nous d'une toute autre lumière. Pour passer le temps, moi et Dominique, outre penser, jouions. Nous nous inventions une histoire rocambolesque où nous transportions le stricte nécessaire - un divan, un pot à fleur énorme en céramique, une laveuse, une sécheuse, un douche téléportante supersonique, des grappins et un ascenseur pour traverser les montagnes, une centaine de ballots de foin pour nous construire une maison lors de nos arrêts, etc. rien de bien superflu... - , devenions les animateurs du populaire quiz télévisé « Mais que se cache-t-il derrière la colline !!!?? » et avions même composé un équivalent « compostellien » le l'Arbre est dans ses feuilles intitulé Le chemin est dans ses flèches. Nous nous amusions follement.

À Carrión de los Condes, nous découvrions le plaisir des souper-partage, une tradition perdue du chemin. Ce souper nous était proposé par l'auberge : une traditionnelle soupe à l'ail nous était d'abord servie, puis le second plat se composait de victuailles et de plats divers apportés par les pèlerins eux-mêmes dans un esprit de partage. Une période de chants était aussi prévue par les sœurs - nos hôtes -, rencontre entre pèlerins de diverses nations, l'idée étant de faire connaissance avec les autres marcheurs. Lors de cette réunion, nous reçûmes une étoile de papier colorée par les religieuses qui allait nous porter chance jusqu'à Santiago. Nous participions, bien sûr, à toutes ces activités, en plus de passer une après-midi complète à préparer près d'une centaine de crêpes pour le repas du soir. Nous allions avoir de très bons souvenirs de ce refuge et de cette journée passée dans le vrai esprit du chemin. L'étoile de papier, aujourd'hui accrochée à mon mur.

Enfin, avant d'arriver à Léon, plusieurs rencontres encore, dont une qui prend aujourd'hui beaucoup de place dans nos cœurs - je crois que Dominique serait d'accord pour exprimer cela ainsi. Celle de Michèle et Patrick qui furent avec nous jusqu'à la fin et avec qui nous passâmes de très bons moments. Nous allâmes même les visiter à Saint-Loup, leur petit village magnifique dans le Beaujolais en France. Quand je pense à eux aujourd'hui, cela me fait sourire. Ils sont un peu comme notre famille française - Michèle qui nous appelait affectueusement « mes petits ».

À suivre...

En images

(1) La Mesa et son immensité...
(2) La croix-épée de l'Ordre de Chevalerie de Santiago (Cruz de Compostela).
(3) Castrojeriz.
(4) Une ambulance de la Croix Rouge qui distribue de l'eau aux pèlerins.
(5) Réaction de tous les pèlerins quand ils arrivent à cette auberge : "Quoi, ça ouvre juste à 13h00?" et, quelques secondes après à peine "QUOI, ya pas d'ombre!!!???", sous entendant ainsi que la fin est proche s'ils doivent attendre jusqu'à 13h00 au gros soleil...
(6) Une traditionnelle borne sur le chemin.
(7) Bercianos del real Camino au coucher du soleil.
(8) Léon, enfin!
 
Voir aussi

- Compostelle, jusqu'au bout du monde : première partie
- Compostelle, jusqu'au bout du monde : troisième partie
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lundi 07 décembre 2009 Tiens toé!

Hier à Tout le monde en parle, le Cardinal Turcotte et Nathalie Provost, survivante de la tragédie de Polytechnique. Mongrandseigneur Turcotte, en parlant de la place des femmes dans l'Église :
 
Cardinal Turcotte 
De même que dans la société [...] je pense que dans l'Église aussi, il faut trouver la vraie place de la femme...
 
Nathalie Provost
La vraie place, c'est pas la même place [que les hommes]?
 
Et je répondrais en bon Québécois : tiens toé, dans les dents!
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vendredi 04 décembre 2009 Miam Miam Fléau
« Marsi signe une oeuvre pétillante, au langage inventif et marquée par son amour pour la bonne chère. » Voir.ca
 
C'est pas moi qui le dit, c'est Voir.ca. Quoi que j'aurais pu, aussi, le dire. J'ai même vérifié cette rumeur d'un Marsi qui adore la bonne bouffe, c'est vrai, on mange toujours très bien chez lui! Oups, je l'ai dit, je connais l'auteur... Tant pis, ça ne change rien aux qualités de la BD! Oh, parce que, oui, je vous parle d'une bande dessinée... c'était pas clair?
 
Miam miam Fléau est la première publication bédéistique - ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire - de Marsi. Je suis loin d'un expert en la matière - j'ai lu quoi, deux bandes dessinées dans ma vie? -, mais j'ai quand même un avis de lecteur. Et le lecteur - qui a appris que lire ça peut aussi vouloir dire admirer - a été épaté par le talent en dessin de l'illustrateur-auteur qu'est Marsi. Dire qu'il s'enlignait vers les sciences, on a failli avoir une catastrophe nucléaire, quelle perte de talent artistique ça aurait été! Impressionnant par sa plume, mais aussi par son imagination. Un univers, une épôque, des personnages, un monde éclaté où tout tourne autour de la bouffe... non mais il fallait y penser!
 
Une seule chose m'a chicoté lorsque j'ai eu terminé ma lecture, et dont j'ai déjà parlé à l'auteur, c'est cette sensation d'inachevé. J'aurais voulu plus de détails sur le monde créé par Marsi, sur les modes de vie, les coutumes, les traditions des peuples qui y vivent. Je suis curieux, vous le savez. Mais ce n'est pas un reproche finalement, parce que ça donne simplement envie d'une suite - allez Marc, on travaille, go go go! ;-)
 
Un bon moment passé à lire cette BD.
 
Je vous laisse sur cette description du créateur qui me fait bien rigoler :
 
Marsi : [marsi] n.m.inv. - XXIe ; de la contraction de Marc et Simard 1. Se dit d'un gars ayant une formation en design graphique et ayant travaillé en illustration et en dessins animés. « Les Marsi prenaient leurs aises aux faîtes des palétuviers» (Venise) 2. (intérêts) Grand amateur de sciences naturelles et de bouffe. Gavage marsien, art marsien.
 
Oh, et, à noter, si vous voulez en savoir plus sur le travail de Marsi, vous pouvez visiter le Pigeonographe!
 
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