Il y a plus d'un mois
Venise a écrit "Je devrais venir te voir même quand tu n'y es pas, il est si joli ton blogue ! Je m'y sens bien. Bien sûr que l'on va patienter et en Snoopy Joe à part ça !" à propos du billet Zzzzzz....


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mercredi 26 mai 2010 Le don de sang pour les gais
Lu dans le métro ce matin, j'ai eu envie de partager avec vous :

" TORONTO - Des scientifiques de pointe en matière de sida estiment qu'il serait temps d'abolir la clause discriminatoire qui empêche les homosexuels de faire des dons de sang.

Ils allèguent dans l'édition de cette semaine du Journal de l'Association médicale canadienne que les homosexuels engagés dans une relation monogame à long terme devraient pouvoir donner du sang.

L'auteur principal du texte, le docteur Mark Wainberg, a précisé qu'il ne militait pas en faveur de l'autorisation des dons de sang par des hommes homosexuels ayant plusieurs partenaires.

Mais il a ajouté que la Société canadienne du sang et Héma-Québec devraient adopter une règle permettant aux homosexuels qui auraient le même partenaire depuis une période variant entre un et cinq ans d'effectuer des dons de sang.

Le docteur Wainberg, qui dirige le Centre de lutte au sida de l'Université McGill, a dit que l'actuelle politique est discriminatoire envers les homosexuels. Il a souligné que les étudiants universitaires hétérosexuels ayant plusieurs partenaires représentent des risques bien plus élevés pour les stocks de sang que les homosexuels impliqués dans des relations monogames à long terme."


La Presse Canadienne (2010,  26 mai). « Les gais devraient pouvoir donner du sang à nouveau, selon des experts ». Métro (Montréal)

Pas que je cours personnellement les cliniques de don de sang - merci de laisser dans mon corps ce qui est dans mon corps -, mais je suis toutefois pour l'égalité entre les droits des homosexuels et des hétérosexuels, sur ce sujet, et sur tous les autres. L'article le fait remarquer, une personne hétérosexuelle ayant plusieurs partenaires est beaucoup plus à risque qu'un homme ou une femme homosexuelle en relation stable... aucune raison donc de limiter les droits de l'un et pas de l'autre. Qu'un expert ose le dire, franchement bravo et merci.
 
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vendredi 21 mai 2010 Les jérémiades - L’enfance, l’amour, et Ridge Forester
Littérature québécoise
Auteur Simon Boulerice
Éditeur Les éditions Sémaphore
Parution 2009
Nombre de pages 152
Note 8.7 / 10
Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois en repêchage, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois!








Présentation de l'auteur

Simon Boulerice est un casanier qui sort un soir sur deux au théâtre. Il aime danser dans sa cuisine sur des musiques variées. On ne lui a rien appris. Néanmoins, il a étudié en littérature (Cégep de Saint-Laurent et UQAM), puis en interprétation théâtrale (Cégep de Lionel-Groulx). Il écrit pour le théâtre depuis quelques années (Qu’est-ce qui reste de Marie-Stella?, Simon a toujours aimé danser) et vient de signer une nouvelle mise en scène de Sainte Carmen de la Main de Michel tremblay. Les Jérémiades est son premier roman.

Commentaire

À neuf ans, Jérémie, qui peine à se faire des amis à l’école et se fait appeler « l’audacieuse »,  passe ses soirées à écouter Top Modèle. En fait, il rêve que Ridge Forester « vienne [lui] faire violemment l’amour »... enfin, autant qu'un enfant peut rêver à ce genre de choses.  Parce que les promenades dans les allées des papeteries lui donnent des frissons de bonheur, il y achète du papier à lettre qu’il utilise ensuite pour corresponde avec les lectrices de Fille d’Aujourd’hui.  De plus, il s’est fait sauver la vie par un bâton de Revello, et s’apprête à devenir contrebandier de friandises. Il n’est donc pas ignorant, oh non! Il a du vécu. « J’étais hautement mature : […] j’aimais le vieux rose plus que le rose fuchsia.» Un jour, à la récréation, un adolescent roux l’interpelle : « Tu es tout seul, petit bonhomme?». À travers les losanges de la grille qui ceinture la cours, les deux enfants font connaissance. « Mon cœur avait cessé son travail. Le paresseux! Le fainéant! Que fais-tu? Qu’attends-tu pour battre? » C’était Arthur. Et c’était son futur amant.

Dérangeant? C’est la question que je m’étais préparé à me poser – ayant lu la quatrième de couverture  – et que je me suis posée tout au long du roman. Et que je me pose encore. En effet, je n’arrive pas à le déterminer. L’amour entre deux hommes certes, mais entre un jeune garçon de neuf ans et  un adolescent de quinze ans? Est-ce crédible? Est-ce obscène? Est-ce seulement possible? Je ne sais pas. Mais pas une seule fois en lisant Les jérémiades je n’ai douté du naturel de la relation des deux personnages, de la sincérité de leurs sentiments. C’est beau en fait. Je ne dirais pas que c’est mignon, l’écriture de l’auteur n’est pas innocente. Mais c’est réaliste. Alors quoi, un tel amour, ça se peut? Dans l’univers de Simon Boulerice, oui, et grâce à lui, je n’ai aucune peine à l’imaginer dans le nôtre. En fait, je retire ce que j’ai dit : ce livre n’est très certainement pas dérangeant. Il est éclaté, tout au plus, poignant, mais pas dérangeant.

Même qu’il est touchant. Car, s’ils sont jeunes, cela ne les protège pas des revers de l’amour. Dans ce cas, c’est même plutôt le contraire. Je ne peux pas aller plus loin dans les détails sans révéler une partie importante de l’histoire, mais je vous conseille de ne pas trop vous attendre aux friandises et aux fleurs. L’histoire chavire, et ce moment m’a torturé les entrailles – noté que si j’utilise les mots « torturé » et « entrailles » dans la même phrase, c’est que, vraiment, c’est venu me chercher et pas qu’un peu. C’est autant le récit imaginé par l’auteur, sa façon de rendre réel ses personnages et leurs sentiments, son écriture… tout s’est lié pour me bouleverser alors que je ne m’y attendais pas. Je ne sais pas si Les jérémiades a le même effet sur tous les lecteurs ou si c’est très personnel, mais il y a là quelque chose. Quelque chose qui, à mes yeux, élève au dessus des mots le talent de Simon Boulerice.

Tout cela, c’est entre autre dû, comme je l’ai mentionné, à la force des personnages, en particulier celui de Jérémie, qui est aussi narrateur. Beaucoup de sa puissance vient des nombreuses références au cinéma dont nous fait part l’auteur. Que vous soyez un cinéphile assidu ou, comme moi, un consommateur modéré de bobines, cela n’a pas beaucoup d’importance, car dans tous les cas, ces références nous permettent de comprendre la personnalité de Jérémie.  Celui-ci ne fait pas que se référer au cinéma, il joue le cinéma. Constamment, avec lui-même, en prenant des rôles de grands, d’amoureux transis, de désespérés. S’il est triste, sa tristesse devient acté, il l’alimente, la dirige, pour qu’elle devienne cinématographique.  « Le cinéma était déjà mon domaine». Pour lui, les grands moments du cinéma sont des fins en soi, des absolus. Et toute sa vie est balisée par ceux-ci, qu’il aime reproduire. Mélodramatiquement, la plupart du temps. Cela donne un personnage riche et pas ennuyant du tout.

Bref, Simon Boulerice a su prêter avec brio les thèmes de l’amour et de l’homosexualité à son univers gouverné par un gamin de neuf ans. Sans que ça cloche. Et je me demande d’où lui est venue l’idée. Si j’avais la chance de l’interviewer, ma première question serait donc  « Pourquoi cette histoire? ». Ma seconde? « À quand le prochain? ».

Quatrième de couverture

« Je n’étais pas une mouette. Les mouettes me supplantaient. Leurs jérémiades non censurées enterraient nettement les miennes. Aussi finis-je par jalouser leurs cordes vocales. Greffez-moi des cordes vocales de mouettes, que je me lamente en bonne et due forme. »

Un roman d’amour atypique entre un gamin de 9 ans et un adolescent roux. Les Jérémiades, c’est l’autopsie d’une passion dévorante qui habite un enfant éperdu d’amour et d’absolu.

Citations et extraits

« Les choses ont changé : les organes génitaux de Ridge Forester sont d’un grand intérêt dans ma vie.»

« Je n’étais pas innocent, car je connaissais tout de la vie. J’avais vu tant de films américains. »

« Chaque pas dans le sens contraire de sa maison devenait un petit deuil qui s’ajoutait au précédent. »

« Arthur, tu aurais dû m’abandonner sur les grandes routes. Je ne suis pas débrouillard. Je serais mort aisément. Frappé par une voiture. Happé par un chevreuil. Mangé par des brebis. Tout aurait été plus simple.»

« Un, deux, trois, quatre, cinq, six… À dix, je meurs, OK?»
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mardi 18 mai 2010 Windows 8
 
Un petit aperçu sur l'interface de la prochaine version de Windows. J'attend encore de l'avoir testé avant de me prononcer.
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samedi 15 mai 2010 J’écris parce que je chante mal
Littérature québécoise
Auteur Daniel Rondeau
Éditeur Les éditions du Septentrion, coll. Hamac
Parution 2010
Nombre de pages 203
Note 8 / 10
Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois! Allez y lire les autres critiques de ce livre!








Présentation de l'auteur

Daniel Rondeau aime manier les mots de la langue française comme d'autres aiment savourer le chocolat. Détenteur d'une maîtrise en linguistique appliquée, il tente de propager sa passion à ses étudiants durant ses cours de français et de linguistique. Certains d'entre eux ne lui en tiennent pas rigueur. L'auteur a publié des textes ici et là. Il a remporté le prix Paulette-Chevrier 2006 pour sa nouvelle intitulée Graine de sésame. J'écris parce que je chante mal est son premier recueil de nouvelles.

Commentaire

Dans J’écris parce que je chante mal, on rencontre des couples, un ou deux suicidaires, des dizaines de barmans, au moins un cadavre, plus si on compte les vivants, un motocycliste, des voyageurs, des pères, des vieux, des jeunes, une professeure, un fou sympathique en cavale, des voisins pas toujours commodes, des hôtesses de l’air, une lofteuse, un petit gars qui confond sa grand-mère avec une boîte aux lettres, un monstre … On le fait par l’entremise de nouvelles drôles – «[…] j’avais volé un grille-pain tout chromé à la quincaillerie. Pour rien. Parce qu’une voix comme celle du nain de Fantasy Island m’a soufflé à l’oreille : " Le toasteur! Le toasteur! " » – , brutales – «[…] dans sa main s’attiédit un pistolet lourd comme un soupir, cruel outil à creuser des trous de mémoire, des trous par où les souvenirs coulent lentement vers l’oubli. À cause de la gravité.» –, belles – « Dans le corridor, une serpillière essuie les traces de pas que laisse la vie qui passe. » –, touchantes, crues, saisissantes, vraies… Et là je passe quelques qualificatifs et personnages, car c’est près d’une centaine de textes que l’auteur nous propose!

Bien entendu, pour présenter autant d’histoires sur le double de pages, il faut s’attendre à de  très courtes nouvelles. J’ai bien apprécié la diversité ainsi offerte, changer de lieu, de personnalités et de contexte aussi rapidement ne m’a pas du tout déplu. Mais ce qui est important selon moi dans un recueil où les textes sont aussi courts, ce sont les finales. Et celles de Daniel Rondeau passent le test avec brio, la plupart ont du punch, il y a toujours un fil à suivre, toujours une raison à l’histoire. Ce ne sont pas des histoires pour l’histoire. Et si par pur hasard ça l’est, alors c’est aussi pour la beauté des mots et des images.

Les thèmes abordés sont, en majeure partie, très intéressants et bien touchés. L’amour, l’amitié, les peines, les coups de poings. Les illusions, beaucoup, les déceptions. La recherche du bonheur. Un seul hic, le thème de l’alcool et l’environnement des bars qui prennent un peu trop de place à mon goût. Simple question d’intérêt, j’avais parfois envie de sauter ces pages là. Des thèmes actuels aussi, je pense en particulier à Tirer la ligne, un texte en lien avec la tuerie de Dawson. Mes préférés, pour m’avoir fait rire à pleurer : Delete, Isolement et Loft-moi. « […] des filles p’is des gars du sexe opposé dans un appartement avec plein d’objectifs fixés sur nous autres. »

Je n’ai pas détesté, bien franchement. Si Daniel Rondeau écrit vraiment parce qu’il chante mal et bien on est bien heureux de la piètre qualité de ses performances vocales. Et on lui souhaite de continuer de chanter aussi mal, pour qu’il continue à écrire aussi bien. Et nous à le lire.

Quatrième de couverture

Dans son recueil, Daniel Rondeau nous amène à la rencontre de personnages esseulés, qui, pour la plupart, ont abandonné la partie et se laissent porter par un courant de fond qui suffira parfois à les rendre sincèrement heureux. Derrière leur constat d'échec, sous cette épaisse couverture où ils s'isolent, se dessinent parfois des êtres dont la volonté de vivre dépasse des blessures aussi cruelles que banales.

Au travers de ces rencontres, se révèlent également les amours à la fois tranquilles et tumultueuses d'un narrateur que la dive bouteille finit par consoler, jusqu'à ce que le soleil se lève à nouveau.

Malgré le tragique des thèmes abordés, l'univers de l'auteur n'est jamais lourd. Son écriture est portée par une belle et grande sensibilité toute masculine. J'écris parce que je chante mal est un recueil de nouvelles saisissant, à la fois touchant et drôle.

Citations et extraits

«Le bonheur est une invention du diable pour que les gens se rendent compte qu’ils sont malheureux.»

«Je me dis parfois que les monstres sous les lits ne disparaissent jamais vraiment, qu’ils nous suivent comme une tache de naissance, et nous écoutent, nous épient, nous voient devenir adultes. Et qu’un  jour, à force de nous observer, redoutant à leur tour le monstre qu’est devenu celui qui ronfle sur l’oreiller au-dessus d’eux, ce sont eux qui s’endorment inquiets dans ce petit espace au centre du lit. »

«Kevin la trouvait vachement belle à travers ses cheveux en bataille. Martine le trouvait vachement mal habillé avec ses chaussures sales. […] Comme quoi le bonheur peut vous filer sous le nez quand on s’attend à ce qu’il soit bien sapé même les samedis matin.»

«Montréal a le nord à l’ouest. C’est peut-être pour ça que les gens sont parfois si déboussolés.»

«Ailleurs, c’est comme ici, mais ailleurs.»

«Éric tuait du temps à mains nues en regardant des voies ferrées faire semblant de se rejoindre à l’horizon. Les rails font des promesses qu’ils ne savent tenir.»

«Alors que je courais d’un flocon à l’autre, j’ai aperçu au loin la petite forme arrondie de ma grand-mère dans son manteau écarlate. À quatre pieds huit pouces, la couleur de son manteau était pour elle la seule façon de revenir de ses promenades sans avoir été happée par la souffleuse. »

« Dans le corridor, une serpillière essuie les traces de pas que laisse la vie qui passe. »
 
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