Jour 4 - Perdu dans les nuages

     Publié le lundi 30 juillet 2007
Distance parcourue : 27 km
Trajet : De Saint-Jean-Pied-De-Port à Roncevaux

Fatigue, douleur, c'est ce qui décrit le mieux l'état dans lequel je me trouve présentement. Nous avons marché aujourd'hui plus de 27 km en 8 heures, comme prévu, toute pause comprise. Long, très long, mais ça en a valu la peine.

Le début de notre marche était tout à fait sublime : à travers les collines verdoyantes, on pouvait voir Saint-Jean-Pied-De-Port et les villages alentours. Les Pyrénées sont superbes, car il n'y a rien de comparable au Québec. En fait, cette chaîne de montagne est loin d'être rocheuse. Il s'agit plutôt de gigantesques collines où pousse végétation, champs et feuillus. Ces collines peuvent pourtant parfois être aussi abruptes qu'une montagne, tout en gardant leur aspect doux et vallonneux. C'est ce qui fait le charme de ces montagnes.

Plus nous montions, moins c'était beau. Simplement parce que les nuages à nos pieds nous cachaient la vue à 10 mètres, tel un épais brouillard. Pourtant, il y avait dans cette brume nuageuse un véritable spectacle. Durant le trajet en hauteur, nous pouvions facilement nous imaginer dans un rêve tellement l'ambiance et l'environnement nous semblait irréel. Et dans ce lieu étrange, nous avons aperçus des centaines de chèvres, des centaines de vaches et des dizaines de chevaux en totale liberté, nous bloquant parfois le chemin.

Après une descente d'environ 400 mètres, des mètres que nous avions montés précédemment, nous sommes arrivés à Roncevaux, notre ville destination de la journée, vers 3h00 de l'après-midi. Nous nous sommes aperçus que cette « ville » n'avait rien d'extraordinaire. Tout ce que nous y avons trouvé ce sont deux églises, deux hôtels-restaurants offrant principalement le menu du pèlerin -  c'est-à-dire une truite servi complète avec des frites - , une auberge de jeunesse, un office du tourisme et un refuge pour pèlerin, celui où nous sommes actuellement. Aucune épicerie et à première vue aucun habitant. On dirait une ville créée expressément pour les pèlerins.

Le refuge est magnifique, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il est situé dans un ancien lieu de quarantaine, à ce que j'ai entendu. Toutefois, malgré sa beauté, je dois dire qu'il est très mal organisé : 2 douches pour environ 50 hommes et une heure d'ouverture tardive – c'est-à-dire 4h00 de l'après-midi – qui donna lieu à un bordel pour aller prendre nos douches, tout le monde étant arrivé en même temps. Mais sinon, ça va, même si le dortoir est énorme : près de 100 lits.

Pour le souper, ne pouvant faire à manger en l'absence d'épicerie, nous avons mangé le menu du pèlerin au restaurant situé à côté de l'office de tourisme. Des françaises assises à notre table nous ont expliqués comment manger notre poisson  entier – que j'appelais affectueusement : le poisson qui nous regarde dans notre assiette – après que nous leur ayons expliqué qu'au Québec, le poisson était normalement déjà apprêté. Ce fut un bon souper, ou devrais-je plutôt écrire dîner, si je veux m'intégrer à la culture locale.

Donc aujourd'hui, nous avons franchi la pire des étapes : la traversée des Pyrénées. Demain, nous allons redescendre une partie de l'altitude montée à ce jour. J'espère que je serai d'attaque. D'ici là, j'aurai certainement dormi vu mon niveau de fatigue. Mais avant, lecture.

En photo

Dans l'ordre de présentation :
(1) Vue des villages du haut d'un petit sommet des pyrénées.
(2) Des chèvres nous bloquent le chemin!
(3) Sur le chemin, nous avions déjà commencé à descendre vers Roncevaux, puisqu'il nous ne sommes plus dans les nuages.
(4) Notre dortoir où environ une centaine d'autres pèlerins dorment avec nous. C'est le plus grand dortoir que nous allons avoir pendant tout le voyage.


Maxime le mercredi 11 février 2009 à 8:49 Haha, mais je suis présentement en France, à Lille!

Martine, la pèlerine le mercredi 11 février 2009 à 8:48 Les Pyrénées "rocheuses" comme tu souhaitais les voir existent pourtant (elles culminent à plus de 3400 m)... En franchissant les Pyrénées au Col de Roncevaux, tu n'était qu'à un peu plus de 1000 m, c'est pour cela que les montagnes t'ont paru être des collines !!! Si tu reviens en France un jour, dis le moi, je te ferai visiter les ... vraies Pyrénées !

Maxime le mardi 21 août 2007 à 8:48 Merci!

Artémis le mardi 21 août 2007 à 8:48 Le récit de votre pélerinage à tous deux est bien réalisé: clair, complet et restituant parfaitement l'ambiance. Je laisserai des commentaires à mesure de ma lecture. Ce soir, je m'arrête au quatrième jour.

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