L'Évangile selon Taura

     Publié le mardi 15 février 2011
Littérature québécoise
Auteur Jimmy Lalande
Éditeur Marchand de feuilles
Parution 2010
Nombre de pages 390
Note 3 / 10
Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, webzine qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois, et encore plus!







Commentaire

Taura est archiviste au Vatican. Parce qu'il aimerait prouver l'existence de Dieu, il profite de sa position pour rassembler des textes jamais dévoilés par l'Église catholique et qui prouvent… l'existence du diable. Selon lui, prouver l'un revient à prouver l'autre. Son recueil, qu'il nomme l'Évangile selon Taura, pourrait – c'est ce qu'il croit  –  sauver l'humanité du retour de Lucifer sur terre. Mais pour le publier, il doit convaincre le pape du bien fondé de sa mission.

Je ne vous dévoilerai pas si Taura réussit à convaincre le pape, mais vous dirai que l'auteur, lui, ne m'a pas du tout convaincu. J'ai été extrêmement déçu par son roman. Je dirais même frustré. C'est que je m'attendais à tellement plus. Plus de réflexions, plus de sérieux, plus de recherche, quelque chose de pratiquement philosophique, peut-être même une sorte d'essai camouflé en roman. C'est loin d'être ce que nous propose Jimmy Lalande. L'évangile selon Taura ressemble plus à un recueil de récits fantastico-merveilleux remplis d'interminables descriptions de chevaliers valeureux affrontant des monstres diaboliques qu'à une thèse sérieuse sur la question fondamentale de l'existence de Dieu. Au fond, je ne peux donc m'en prendre qu'à moi-même de ne pas avoir lu convenablement la quatrième de couverture.

Si les textes m'ont déplu par leur absence de style et leur coté très scolaire – un ou des héros, trois péripéties, quelques créatures et un ou deux objets magiques :  je me suis cru de retour à l'école primaire  –, la structure du roman m'a tout autant  ennuyé. J'aurais préféré que l'auteur s'attarde sur l'histoire de Taura plutôt que sur les chapitres de son soi-disant évangile, qui composent l'essentiel du bouquin. En ce sens, je lui aurais attribué, au mieux, le titre de recueil de nouvelles plutôt que celui de roman. Des nouvelles, au demeurant, remplies de clichés et bien peu crédibles : des textes anciens pourtant écrits à la façon d'un conte médiéval contemporain où de grands rois ennemis se rencontrent sans la protection de leurs gardes ou dans lesquels les démons agissent sur le monde d'une façon aussi subtile qu'un Hummer. On comprendra le personnage du pape s'il n'y croit pas.

Finalement, j'ai été dérangé par plusieurs commentaires présents dans L'Évangile selon Taura. Même si je ne peux vraiment les associer à l'auteur, ces idées plutôt conservatrices ont souvent perturbé ma lecture. Que ce soit lorsque l'on traite d'hérétiques idiots les Aztèques parce qu'ils croyaient en plusieurs dieux ou lorsque l'on dit que le seul moyen d'empêcher Lucifer de revenir sur terre est de renouer massivement avec le christianisme. Autant d'idées sectaires et dépassées qui me déplaisent toujours et qui, je l'espère, ne sont là que pour servir l'histoire.  Pour toutes ces raisons, je vous déconseille vivement la lecture de ses évangiles de Taura. Sauf si, vraiment, vous êtes fan du genre.

Quatrième de couverture

La manifestation du Mal prouve l'existence de Dieu. C'est ce que Taura, archiviste et bibliothécaire au Saint-Siège, croit. Le Diable n'est-il pas, après tout, un ange déchu qui fut chassé du paradis? Du fond des Archives secrètes du Vatican, le cardinal Taura a passé plusieurs années à colliger des lettres envoyées au Vatican qui témoignent de l'existence de Dieu. Ce recueil unique se nomme L'Évangile selon Taura. On y retrouve la missive d'une chasseuse de reliques, on se demande si c'est le diable ou les aigles qui ont mangé les moutons, on raconte comment un pape est sauvé par des prophéties, ou on rencontre une des 93 visions de Sainte-Françoise qui explique la résurrection des mortels . Quiconque aura cet Évangile en sa possession connaitra le destin des hommes et des femmes qui ont vu les forces surnaturelles et qui se sont battus farouchement afin de sauver le monde de sa perdition.

L'Évangile selon Taura est un chemin de croix où chacune des stations constitue une histoire qui démontre l'existence de Dieu.

Citations

Aucune citation.


Adam Mansouri le mardi 07 juin 2011 à 4:34 Ce livre m a plut et est pas mal et cettemauvaise critique n est pas merite

Maxime le samedi 19 février 2011 à 15:46 M. Girard, d'abord j'aimerais vous rappeler que ce n'est parce que quelqu'un n'apprécie pas un roman qu'il ne l'a pas compris. Tous les romans ne sont pas bons. Tous les romans ne sont pas appréciés par tout le monde, car tout le monde n'a pas les mêmes goûts. Je n'ai pas apprécié le roman de Jimmy Lalande. Et détrompez-vous, j'adore le fantastique, en fait c'est mon genre fétiche. Seulement lorsque je lis du fantastique, j'aime être séduit par les lieux, les époques, les ambiances, les personnages... j'aime l'originalité aussi, les clichés m'ennuient. Le style de l'auteur m'importe presque autant, car c'est souvent ce style qui donne une âme à l'histoire. Je n'ai rien retrouvé de cela dans L'Évangile selon Taura, au contraire. Je le retrouve quand je lis du Rice, entre autres.

Ais-je été méchant en disant que sa lecture me rappelait les lectures obligatoires que je faisais au primaire? Peut-être. Mais c'est pourtant ce que je pense. Désolé si j'ai blessé l'auteur. Mais comme je l'ai mentionné, nos écrits ne peuvent pas être aimés de tout le monde.

Jacques Girard le jeudi 17 février 2011 à 13:45 J'aimerais signifier que j'ai lu ce livre et je l'ai apprécié. Il est vrai qu'il faut aimer le fantastique lorsque nous en faisons la lecture. De là à dire que la lecture rapporte au stade du primaire, c'est très exagéré. C'est un roman qui est très bien écrit, du'une façon qui nous entraîne bien souvent dans le passé. Tant mieux, si il peut nous permettre de se rappeler le temps des chevaliers etc. On peut voir que l'écrivain a fait plusieurs recherches et a réfléchi à ce qui serait écrit dans son roman. Les époques sont parfaitement présenté, et lorsque nous lisons la quatrième, nous voyons très bien que ce livre nous présentera plusieurs contes différents alors oui, cher monsieur Jobin, si vous avez lu le roman de la même façon que la quatrième de lecture, vous n'avez surement pas compris le roman....

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