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La soeur de Judith

     Publié le dimanche 10 février 2008
Livre québécois
Auteure
: Lise Tremblay
Note : 7.9/10
Parution : 2007
Nombre de pages : 169 pages

Commentaire 

La soeur de Judith ce n'est pas l'histoire de Claire, la soeur de Judith, et ce n'est pas non plus celle de Judith. C'est simplement l'été un peu « plate » d'une jeune fille qui termine son primaire pour entrer à la polyvalente. Plate selon ses propres mots. Car ce qu'on découvre dans ce livre de Lise Tremblay, ce sont les pensées de cette fille dont on ne connaitra jamais le nom. Judith est sa meilleure amie et la soeur de celle-ci, leur idole : si elle remporte la finale d'un concours de danse, elle dansera au spectacle d'adieu de Bruce et les Sultans.

L'intérêt de ce roman, ce n'est pas l'histoire, si du moins il y en a une. Aucun suspense, aucuns points marquants dans l'été de la jeune narratrice. Ce sont les mots choisis, le style et l'écriture, les tournures de phrases. L'auteure a su proportionner à perfection ces ingrédients afin d'offrir à ses lecteurs un personnage hors du commun, presque vivant, palpable : une jeune fille presque réelle. Un personnage crédible et intense qui surpasse son univers ennuyeux.

La soeur de Judith ne va probablement pas vous obséder au point de ne penser qu'à ouvrir le bouquin et à le dévorer. Il ne va surement pas non plus vous ennuyer à mourir. C'est un roman léger et bien que vous n'aurez peut-être pas hâte de connaitre la suite de son histoire, lire ce que la narratrice a à vous raconter vous enveloppera dans un cocon de ouate pour quelques courts instants que vous saurez apprécier et où vous vous sentirez bien.

Synopsis

« Chicoutimi-Nord, les années 70. L'été sera long. Il y a bien Judith, la meilleure amie. Il y a aussi Claire, la sœur de Judith, la plus belle fille de la ville. Mais il y a surtout cette mère qui « explose » tout le temps, qui ne laissera pas sa fille épouser le premier venu et qui est prête à tout pour que ses enfants ne soient pas des ignorants. Dans ce cinquième livre, Lise Tremblay brosse un tableau du Québec rural des années d'après la Révolution tranquille, un Québec en pleine effervescence, où de nouvelles valeurs font leur chemin mais où la tradition s'accroche encore. Fine observatrice de l'humain, l'auteur de La Héronnière nous fait revivre ses années par le regard d'une fillette qui sera une adolescente avant la fin de l'été. »

Citations


"Le sucre à la crème, c'est la seule chose que ma mère rate en cuisine. Pourtant, à chaque semaine, un peu avant qu'elle se mette à brasser, elle croit toujours que ça y est, qu'elle a réussi, que le sucre n'a pas la même texture que d'habitude. Elle en est toujours certaine, jusqu'à ce qu'elle tourne la cuillère de bois pendant de longues minutes et que, exténuée, elle laisse figer le sucre chaud au fond de la casserole."

"La directrice me fait savoir qu'une possédée du démon dans mon genre n'a pas le droit d'implorer la Vierge. "

"Je me suis couchée sur le ventre pour jouer aux feux d'artifice. Je pèse sur mes yeux très fort et je vois toutes sortes de points qui explosent. Des fois ça m'endort."

"Je suis allée me coucher et j'ai serré fort mes médailles. J'ai encore demandé que ma mère arrête d'exploser. Peut-être que j'allais être exaucée. "

"Lisette utilise beaucoup de mots que je ne connais pas, ma mère dit que c'est parce qu'elle lit beaucoup et qu'après l'école normale elle est allée à l'université pendant un an.  "

"Je suis allée me cacher au coin de la maison des Lemay et j'ai vu Claire et Gilles en train de s'embrasser. À un moment donné, elle s'est assise sur lui et ils sont restés là longtemps. "

"Mais c'est plus fort que moi, même si elle n'explose pas, on dirait que je l'entends quand même, comme un disque qui partirait tout seul."

"Une fois dans la voiture, elle m'a demandé ce que je voulais faire plus tard. Je ne savais pas quoi répondre. Tout ce que je savais, c'est que je devais faire des études, sinon ma mère me tuerait."

Note : Ce livre est nominé au Prix littéraire des collégiens 2008. Bien que je sois jury de ce prix, cet article ne réflète en rien l'opinion des autres jurys. Je n'écris pas en tant que jury, mais bien en tant que lecteur. Mon choix final restera secret jusqu'au dévoilement du gagnant.


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