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Venise a écrit "Je devrais venir te voir même quand tu n'y es pas, il est si joli ton blogue ! Je m'y sens bien. Bien sûr que l'on va patienter et en Snoopy Joe à part ça !" à propos du billet Zzzzzz....


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Les corpuscules de Krause

     Publié le mercredi 15 décembre 2010
Littérature québécoise
Auteur Sandra Gordon
Éditeur Leméac
Parution 2010
Nombre de pages 238
Note 8.5 / 10
Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, webzine qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois, et encore plus!








Commentaire

Sandra Gordon frappe fort avec son premier roman. Ayant déjà eu accès à son univers par l'intermédiaire de son blogue, La Cour à Scrap, je m'attendais à beaucoup de cette première publication. Et bien ses Corpuscules de Krause sont tout à fait à la hauteur de ce à quoi la bloggeuse nous a habitués.

D'abord, l'humour.  Si le style de l'auteure doit être défini par quelque chose, c'est bien son humour. Car Sandra Gordon a un esprit caustique bien à elle, et son roman s'en sert comme ossature. « Je vous appelle parce que ça m'écœure qu'on puisse torturer des animaux sous prétexte qu'on veuille faire pousser des belles fleurs achetées en spécial chez Rona, parce que ahhhh c'est donc beau des fleurs blanches et mauves, ça fite avec les meubles du patio!» C'est exactement le genre d'humour qui me plie en deux, lié à une façon de voir le monde qui me rappelle la mienne : franche, directe. J'avais rapidement une dizaine de paires d'yeux se demandant à quel fou ils avaient affaire qui me fixaient s'il m'arrivait de lire Les corpuscules de Krause dans un endroit public. Faut dire que j'en avais l'hilarité qui paraissait dans le visage avant même d'en séparer les pages.

S'il y a l'humour, il y a aussi l'écriture. La poésie d'un texte est souvent ce qui m'accroche, mais ce n'est pas ici sa qualité première, bien qu'il  n'en soit pas dépourvu. « Lucie s'était blottie dans son lit comme d'autres se jettent en bas d'un pont. » Sandra Gordon écrit d'abord et avant tout vrai. L'exemple parfait d'une écriture qui se suffit en elle-même. De par ses dialogues, ses descriptions, ses réflexions… sa plume nous représente dans notre façon de parler et de penser québécoise d'aujourd'hui – du moins celle de ma génération. Je nous ai vus, tous, dans ce roman. Et c'est franchement rafraichissant, car il y avait longtemps que je n'avais pas ressenti cela en lisant du québécois.

Seul hic, la fin,  qui m'a un peu laissé sur mon appétit. J'aurais en effet vu plusieurs autres chapitres après le dernier, éclairant les coins sombres laissés par l'auteur. Sans vouloir dévoiler quoi que ce soit, je crois que l'exercice intéressant commencé par l'auteure à la fin du livre aurait pu être développé davantage, que cette « nouvelle » histoire aurait pu être menée plus loin. Mais c'est une mince déception face au plaisir que m'a procuré la lecture des Corpuscules dans son ensemble.

En résumé,  en ouvrant Les corpuscules de Krause, je m'attendais à quelque chose de fort ; en le refermant pour la première fois, j'en avais déjà la confirmation. Maintenant que je l'ai terminé, j'espère sincèrement voir cette auteure récidiver.

Quatrième de couverture

Lucie, malmenée par son ami Geoffroy, plaque tout, quitte la ville et roule jusqu'à ce que sa voiture tombe en panne. Elle échoue dans un petit village des Laurentides et y rencontre une faune locale avec ses habitudes qu'elle mettra un certain temps à apprivoiser. Grande lectrice de l'écrivain Korsakoff, elle le rencontrera par hasard alors que le romancier, alcoolique fini, fait le tour des bibliothèques municipales de la région pour y dérober les exemplaires de ses livres et les brûler en plein air, dans une sorte de fournaise expiatoire. Mais l'écrivain cache un secret que Lucie finira par découvrir tandis que son passé la rattrape.

Les corpuscules de Krause est l'enfant naturel qui serait né des semences de Réjean Ducharme et Charles Bukowski pendant le tournage d'une comédie de situation. Lecteurs politiquement corrects, abstenez-vous.

Citations

« Pat avait réussi à convaincre Lucie d'aller jusqu'au bout de leur entreprise caritative, tant qu'à être là , tsé. Tous deux avaient une tubulure plantée dans le bras et leur sang s'écoulait tranquillement. Lucie n'osait pas regarder. Une infirmière la complimenta.

-   T'as un bon débit, ma belle.

-   Ouin.  »

« Ça prend juste un bâtard comme toi pour venir fucker l'chien. »


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