À propos de ... Ayegui


compostelle Los Arcos Puente la Reina
samedi 04 août 2007 Jour 9 - Premier jour en solitaire
Distance parcourue : 20 km
Trajet : De Ayegui à Los Arcos

Des champs, des noyers, de la terre rouge : c'est ce que j'ai vu après avoir quitté Méli se matin à son destin de femme aux genoux blessés, après l'avoir prise dans mes bras pour la réconforter, et me réconforter moi, car en fait c'est tout ce que je peux faire.

Ayegui, Villamayor de Montjardin et finalement Los Arcos, où j'arrive à 11h30. Méli m'attend devant le refuge municipal. Nous sommes contents de nous retrouver. Ma première expérience de marche solitaire a bien été, mais je dois avouer que le temps passe plus lentement. Plus de temps pour penser par contre.

Notre après-midi fut un peu vide : Méli a lu les 100 premières pages de mon livre, j'ai continué ma lecture également et nous avons joué aux cartes. Puis, pour souper, nous avons fait frire sur la poêle des oignons, piments et champignons, légumes que nous avons mélangé avec du riz. C'était bon et différent.

Sinon, tout va bien, je n'ai pas mal aux genoux, ce qui m'étonne vraiment – je soupçonne mon bâton de marche d'y être pour quelque chose. J'ai encore un peu mal aux épaules et aux jambes, mais c'est tout à fait normal et endurable. Nous avons retrouvé nos amis français et notre amie italienne, que nous avions perdus hier. Pas de signe à l'auberge des polonais.

Nous avons également rencontré au souper un prêtre français et son ami. Le prêtre nous a expliqué la raison de son pèlerinage. Il nous a demandé ce qu'était la nôtre. Je n'y avais jamais réfléchi à fond, je n'ai donc pas trop su quoi répondre. Mais après y avoir pensé, je dirais que c'est en tout premier lieu pour vivre une expérience hors du commun. L'objectif principal est donc atteint. Ensuite, je crois que je cherche à marcher ce pèlerinage pour une question de spiritualité personnelle. Je suis à la découverte de moi-même, de mes limites, je veux redéfinir mes valeurs. Je ne répondrai pas aux questions existentielles grâce à ce voyage, mais je suis persuader qu'il m'aura permit de grandir. Je vois déjà certaines différences chez moi. Je suis plus ouvert à aller parler aux autres, ce qui m'effrayait avant. Pour faire ce pèlerinage, on peut chercher une réponse à une question. Probablement la trouveront nous. Mais avoir une question n'est pas important. C'est la réponse, le résultat final qui compte.

Sur ce, je lis et me couche. Il est 9h30.

Avec du recul

Nous nous ferons demander pourquoi nous avons fait ce pèlerinage encore plusieurs fois durant le voyage. Je répondrai ce que j'ai écrit ici.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Paysage durant ma marche solitaire.
(2) Aux côtés d'un vignoble, des pèlerins se sont regroupés pour profiter de la fontaine de... vin! En effet, on retrouve à cette endroit une fontaire d'eau ainsi qu'une fontaine de vin.
(3) Décourageant... mais si beau! Un long champ à traverser, et ce n'est pas terminé, ça tourne et ça continue!
(4) J'arrive à Los Arcos. Des pèlerins se sont réunis devant le monastère de la ville.

(1)
vendredi 03 août 2007 Jour 8 - En autobus
Distance parcourue : 24 km
Trajet : De Puente la Reina à Ayegui

La journée a été totalement différente de celle prévue. À mon réveil, Méli me demande si je peux finalement rester avec elle, prendre la bus, car cela la stress, elle a peur qu'on ne se retrouve pas. Juste pour aujourd'hui qu'elle me dit. Sa demande m'étonne, mais après mûre réflexion, je décide de l'accompagner : car est-ce que c'est plus sage de rester avec une amie qui en a besoin ou de continuer le chemin par, disons les vrais mots, pur égoïsme, pour pouvoir dire ne pas avoir sauté d'étape? C'est évident que je suis déçu d'avoir prit l'autobus pour faire une partie du chemin, mais je ne regrette pas mon choix, je devais prendre cette décision pour Méli. Je n'ai donc pas marché pour aller à Estella aujourd'hui.

Mélissa a pu se reposer pendant une bonne partie de la journée, après malheureusement avoir marcher près de 2 kilomètres entre l'arrêt d'autobus et l'auberge d'Ayegui, une ville plus loin , car nous n'avons pas trouvé de refuge à Estella. Malgré cela, nous sommes, je crois, tous les deux d'accord pour dire qu'elle ne pourra plus marcher du chemin. Elle a donc du prendre de dur décisions concernant le reste du voyage. Je veux continuer. Elle a décidé que, pour l'instant, elle me suivrait en bus.

Je crois néanmoins qu'elle le prend très mal. Bien qu'elle ne veuille pas le laisser paraître, elle a pleuré. Je ne sais pas quoi faire pour la réconforter. Je la comprends totalement, car j'ai versé des larmes pour exactement la même raison qu'elle hier. Seulement pour elle c'est encore plus dur car elle ne pourra effectivement pas continuer. De plus ses genoux doivent lui faire affreusement mal, ce qui ne l'aide pas vraiment. Au moins, tout le monde est très gentil avec elle.

Je vais continuer, du moins jusqu'à ce que Méli décide si elle continue de me suivre éternellement ou non. Alors je réfléchirai à nouveau, car ça ne voudra plus seulement dire seul sur le chemin, mais seul aux refuges, seul dans un pays dont je connais mal la langue. Demain donc, je continue. 20 kilomètres environ vers Los Arcos, où j'espère retrouver Méli.

Maintenant, je vais lire pour me détendre un peu. Je vais d'ailleurs laisser mon livre à Méli pendant les journées, qu'elle ait quelque chose à faire.

Maude, Les Coloriés est un livre que tu adorerais j'en suis sûr, si tu ne l'as pas déjà lu.

Maman, je pense beaucoup à toi ces jours-ci. J'ai hâte de te revoir, même si j'adore l'Espagne.

Quelques petites différences entre le Québec et l'Espagne que je tiens à noter avant d'aller lire :

  •  
  • Les espagnols soupent (dînent) entre 9h00 et 10h00 du soir. Ils font une sieste l'après-midi.
  •  
  • Ils mangent beaucoup plus de poissons et de légumineuses.
  •  
  • Les commerces ouvrent à 10h00 du matin, sont fermés de 1h00 à 4h00 ou même 5h00 et ouvrent à nouveau jusqu'à tard le soir.
  •  
  • Les espagnols sont moins pressés, plus lents et n'ont pas la notion de « bon-service », dans le sens où s'ils décident de ne pas ouvrir une telle soirée, parce qu'ils préfèrent dormir, ils n'avertissent pas les clients et n'ouvrent tout simplement pas. Au Québec, cela serait impensable.
En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Les rues de Puente la Reina.
(2) Une rivière à Estella.
(3) Notre refuge de pèlerins à Ayegui.
(2)
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