Il y a plus d'un mois
Lucie a écrit "Ça donne le goût d'y aller et d'y croire, c'est vrai." à propos du billet Printemps en automne.


À voir aussi
Du Québec à Compostelle
Le Pigeonographe Le Passe-Mot
mardi 26 avril 2011 Oublie ça Harper #5 : La culture
 
J'écrivais en 2008 un article dénonçant le mépris du premier ministre Stephen Harper pour la culture. En 2011, cet état des choses est malheureusement toujours d'actualité. Rappel des pertes essuyées en culture depuis 2006.

Des faits

Dans son budget 2008, Harper coupait 45 millions à la culture. En 2011, c'est 177 millions qu'il coupera s'il est élu.
Voir : Dépenses fédérales - Ottawa donne aux prisons et coupe en environnement, Le Devoir, 2 mars 2011

En 2008, le gouvernement conservateur a voulu, par l'entremise du projet de loi C-10, donner au gouvernement le pouvoir de refuser des crédits d'impôts à la production de films jugés «contraires à l'ordre public», ouvrant ainsi la porte à la censure. Ce volet du projet de loi a par la suite été abandonné, une semaine avant les élections fédérales de 2008.
Voir : Harper enterre C-10: le milieu culturel soulagé, Cyberpresse, 7 octobre 2008

Durant la présente élection, le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) a envoyé un questionnaire aux partis politiques canadiens auquel seul le Parti Conservateur a refusé de répondre, démontrant une fois de plus que le parti ne se sent pas concerné par la culture.
Voir : ...ni au Mouvement pour les arts et les lettres, Le Devoir, 19 avril 2011

Patrimoine canadien a mis fin au programme d'aide aux revues littéraires et artistiques à tirage de moins de 5000 exemplaires par année, menaçant ainsi la survie de plusieurs d'entre elles.
Voir : Politique culturelle fédérale - Des revues menacées, Le Devoir, 8 février 2011

En 2010, Industrie Canada a subitement diminué le nombre de festivals d'été qui recevraient une subvention. Les FrancoFolies de Montréal avaient ainsi été privées de 1,5 million de dollars un mois seulement avant le début de leur festival.
Voir : Financement des festivals : crise totale aux Francos, Cyberpresse, 13 mai 2010

Sur ce blogue

Lettre ouverte, 19 février 2011
Harper et le mépris de la culture, 26 septembre 2008
 
Les autres raisons qui devraient vous faire voter contre les conservateurs :  cliquez ici.


Ce billet fait partie de la série Le 2 mai, oublie ça Harper! contenant au total 7 billets qui seront publiés du 22 au 28 avril 2011. Devant le danger d'un gouvernement conservateur majoritaire et dans le but d'éviter une telle majorité qui serait, à mon humble avis, un désastre pour l'ensemble du pays, cette série de billets veut rappeler aux Canadiens les actions et les idéologies du Parti Conservateur afin que ceux-ci puissent voter en toute connaissance de cause le 2 mai prochain. 
(0)
samedi 19 février 2011 Lettre ouverte
Un coup de gueule que j'emprunte à Sébastien Lavoie, chroniqueur dans la revue Lettres québécoises. Je n'aurais su dire mieux!
 
****
 
Bonjour Vous,

Lettres québécoises se meurt (sans doute) et tout le monde s'en fout...

Il semble que, politico-showbiznissement parlant, on n'ait d'yeux ces temps-ci que pour le projet de loi C-32 et que l'on passe sous silence les coupures qui ont eu lieu à Patrimoine canadien. Pourtant, le geste du gouvernement Harper de retirer ses subventions à toutes revues tirant à moins de cinq mille exemplaires représente un véritable coup de massue administré directement sur les fondations même de notre culture.

Une revue comme Châtelaine a reçu en 2010 deux fois la subvention maximale (800 000$ - une fois pour sa version anglaise, une fois pour sa version française) alors que quarante-quatre des quarante-cinq revues membres de la Sodep, qui tirent à moins de cinq mille exemplaires et qui ne commandaient en moyenne que 20 000$ par année, ont été évincées du programme de Patrimoine canadien!

Quelles sont ces revues? Des revues spécialisées. Et donc, à première vue, des inutilités. Genre Espace, qui parle de sculpture. Ou Art le sabord, qui fait, entre autres, dans les arts visuels. Ou encore Lettres québécoises... C'est tout cela qui est menacé par les nouvelles dispositions du gouvernement Harper.

L'immense majorité des gens que je connais ignorent l'existence de revues comme Inter ou Esse. Mais l'immense majorité des gens que je connais se targue d'appartenir à une culture qui est propre à ce pays, distincte. Cette culture, c'est aussi, nécessairement, ces disciplines où nous devons développer notre savoir-faire, et ce savoir-faire doit avoir un lieu pour pouvoir s'épanouir. Or, ça ne saute peut-être pas instantanément aux yeux du profane, mais, pour créer un écosystème propre à cet épanouissement, il faut au Sujet certains appendices. De la même manière qu'il faut à un organisme vivant des poumons, il faut à certains milieux des revues.

Et c'est elles – ou eux, si on poursuit l'analogie - qui sont directement attaquées par le changement de régime à Patrimoine canadien.

Cette mesure fait un bien plus grand dommage aux nations francophones du Canada que n'a fait de bien la reconnaissance de la nation québécoise par le gouvernement Harper. Je parlais récemment avec Gaston Bellemare, du Festival International de poésie de Trois-Rivières, pour ma prochaine chronique « Célébration ». Ce ne sera pas dans mon article, mais le membre fondateur des Écrits des Forges m'a fait remarquer alors qu'avec ces coupures, toutes les nations étaient traitées, pour une fois, trop équitablement. « Oui, qu'on soit huit millions ou vingt-cinq millions de personnes, me disait-il, l'horizon est toujours de cinq mille copies... » (Il a avoué tout de suite que son propos, éclairant, était démagogique; pour ma part, un mois plus tard, je cherche encore ladite démagogie, mais c'est sans doute que je suis un peu idiot...)

Vous n'êtes pas un esprit chagrin. Pourtant, j'imagine déjà des gens me dire que ces revues spécialisées relèvent d'un autre siècle. Mais je ne retrouve pas ces revues (ni même sous une quelconque forme mutantifiée) sur les interwebs (où j'ai pourtant un site sur la littérature québécoise...) J'imagine ces mêmes esprits chagrins philosopher et se dire que les revues ne sont pas éternelles... Ne voient-ils pas que nous sommes pourtant en présence d'un véritable génocide culturel où toutes sont passés à la hache, sans distinction de discipline et de pertinence?

Les différentes revues touchées réagissent différemment. Certaines vont publier moins de numéros; d'autres, moins de pages et, à terme, j'imagine que plusieurs vont disparaître... À Lettres québécoises, il nous est demandé de trouver nous-mêmes, parmi nos amis, cinq nouveaux abonnés et d'en abonner un sixième de notre poche. Ainsi, les collaborateurs rempliront 25 % du nombre total de nouveaux abonnés dont la revue a besoin afin de combler le vide laissé par l'abandon des subventions fédérales.

Or, je n'ai pas d'amis. Du moins, je ne connais pas un proche qui serait intéressé à feuilleter cette revue. Tout cela est pathétique, je sais bien...

À 42$ le feuillet, il faut être un intégriste de la littérature pour écrire dans Lettres québécoises... Personnellement, si j'y écris, c'est parce que je ressens le besoin de me distancier de la Bête en moi. Je suis tombé, jadis et par hasard, dans une littérature québécoise que je méprisais d'avance et j'y suis resté parce que, finalement, je la trouve captivante. Aujourd'hui, j'appartiens à un des derniers médias (à la masse ou non) qui s'applique à diffuser le propos et l'existence de cet Art noble, et ce média est désormais à son tour menacé.

Alors je vais abonner quelqu'un de mon entourage qui ne lit pas, m'amputer ainsi un peu de mon ridicule salaire et attendre l'année prochaine, où je vais sans doute apprendre, au train ou vont les choses,  que ma revue cessera ses activités...

D'ici là, j'aimerais que les gens comprennent que leur pays, quel qu'il soit, ne peut exister sans un soutien minimal de l'État aux institutions culturelles, aussi bête et plate une telle assertion puisse-t-elle être. Et, du même coup, j'aimerais que le gens comprennent que la position du gouvernement Harper se résume à : « Si vous croyez en votre nation, soutenez vous-mêmes votre culture, parce que votre gouvernement ne le fera plus pour vous ».

C'est un ultimatum.

Ce que le Georges W. Bush du Nord nous dit est donc : « Vous êtes avec votre culture ou vous êtes contre votre culture! » « Acheter, c'est voter », disait Laure Waridel. « Acheter, ce n'est d'abord qu'exister », répond sinistrement Stephen Harper.

C'est dire que, si vous vous aimez, vous vous devez maintenant d'acheter une revue culturelle, en plus de toutes vos autres obligations ordinaires.

Je sais ce que vous pensez, je pense pareil.

Bonne année 2011 quand même.

Sébastien Lavoie, Chroniqueur, Lettres québécoises, « Tout », lire.ca
 
****
 
Pour ceux qui aimeraient s'abonner à Lettres québécoises, c'est ici!
 
(2)
Archives
2012
février 2012 (1)
2011
octobre 2011 (2) août 2011 (1) mai 2011 (5) avril 2011 (9) mars 2011 (7) février 2011 (5) janvier 2011 (2)
2010
décembre 2010 (4) novembre 2010 (5) octobre 2010 (11)
2010 (suite)
septembre 2010 (1) août 2010 (5) juillet 2010 (5) juin 2010 (8) mai 2010 (4) avril 2010 (6) mars 2010 (8) février 2010 (8) janvier 2010 (5)
2009
décembre 2009 (16) novembre 2009 (7)
2009 (suite)
octobre 2009 (1) juillet 2009 (2) juin 2009 (4) mai 2009 (5) avril 2009 (21) mars 2009 (11) février 2009 (9) janvier 2009 (11)
2008
décembre 2008 (8) novembre 2008 (5) octobre 2008 (9)
2008 (suite)
septembre 2008 (10) août 2008 (3) juillet 2008 (4) juin 2008 (2) avril 2008 (8) mars 2008 (6) février 2008 (10) janvier 2008 (6)
2007
décembre 2007 (3) novembre 2007 (3)
2007 (suite)
octobre 2007 (3) septembre 2007 (3) août 2007 (17) juillet 2007 (17) juin 2007 (9) mai 2007 (6) avril 2007 (3) mars 2007 (1) février 2007 (1)
2006
août 2006 (4)
© 2011 Tous droits réservés, Maxime Jobin