Il y a plus d'un mois
Venise a écrit "Si on y croit pas, qui va y croire ! Oui, comme tu dis, et si on y était à cette croisée des chemins. " à propos du billet Printemps en automne.


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samedi 29 octobre 2011 Printemps en automne

 

Suis-je le seul, ces derniers mois, à vouloir croire en de réels indices de changement?

 

Je reviens tout juste du Square Victoria, transformé en Place du peuple par le mouvement d'Occupons Montréal. Ça me trottait dans la tête depuis un bout déjà, voir de mes yeux ce dont tout le monde parle dans les journaux. Tant qu'à être à Montréal, tsé.

 

En pleine assemblée générale lorsque je suis arrivé, j'ai pu satisfaire ma curiosité et constater de visu ce que j'avais appris de la presse, soit un véritable petit village, avec cuisine, bacs de recyclage, clinique médicale, centre de donations et même bureau d'information. Ils le disent eux-mêmes : une communauté autogérée. Et ça marche. Des tipis en bois sont même en train d'être construits, grâce à la générosité des donateurs, afin que les habitants du camp puissent survivre à l'hiver.

 

 

Et c'est bien ce qui me surprend avec ce mouvement. Il s'agit de bien plus que le groupe commun d'étudiants proclamant leur mécontentement et dont les voix se frappent plus souvent qu'autrement à des oreilles de sourds. On a là un regroupement organisé, certes composé en majorité d'étudiants, mais aussi de gens de tous les milieux, qui, étonnamment, semble être écouté et soutenu par une bonne partie de la population. Un rassemblement totalement pacifique,  respectueux des règles et des gens, dont l'objectif principal – qui me semble clair malgré ce que les médias en pensent – est de créer un environnement propice à la réflexion et aux échanges d'idées. Car c'est bien de cela dont il s'agit : reconnaître les défaillances de nos systèmes et imaginer des solutions. De nouvelles façons de faire pour nous mener vers une société plus juste et plus équilibrée.

 

Une amie me parlait récemment d'une conférence à laquelle elle a assisté dans le cadre de son travail et qui portait sur l'avenir de nos sociétés. Le conférencier y parlait d'une nouvelle ère, prétendant que d'énormes changements allaient se produire dans les prochaines années, notamment au niveau de la surconsommation - en favorisant plutôt la production locale -,  mais aussi et surtout dans nos systèmes économiques et politiques qui – il devient de plus en plus difficile de le nier – ne fonctionnent pas. Et si on y était?

 

Beaucoup en rêvent. J'avoue être de ceux là. Et aujourd'hui, ce que je vous dis, c'est que c'est la première fois que j'y crois.

 

Bien sûr, personne ne changera le monde en deux semaines. Mais je pense que les indignés peuvent planter la graine de ce qui deviendra plus tard, je l'espère, une révolution. Une révolution à leur image, c'est-à-dire non violente et constructive. Pourquoi pas une révolution tranquille à l'échelle planétaire?

 

Je vous l'ai dit, tout à l'heure, que j'étais un rêveur.

 

Mais les pays arabes viennent de vivre leur printemps.

 

Donc je répète ma question : suis-je le seul à vouloir croire au nôtre?

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vendredi 24 octobre 2008 Opinion sur la crise financière

Un tout petit billet pour vous faire découvrir les propos de Julie Wilson sur la crise financière et sur la surconsommation. Propos, vous l'aurez compris, avec lesquels je suis en total accord. C'est ici, sur le blog de Lucie.

Vous pouvez également y lire ma réponse :

«Oula! C'est exactement ce que je pense. Juste le mot "pouvoir d'achat" me fait grincer des dents : comment peut-on prendre le pouls des sociétés en considérant comme seul critère leur aptitude à consommer. Consommer plus, toujours.

Et quand le président Sarcozy parle de réformer le capitalisme, tous, y compris lui, s'empressent de dire qu'évidemment, ils n'ont rien contre le capitalisme, que c'est le système économique le plus efficace, etc. etc. C'est qu'ils ne savent peut-être pas qu'actuellement on utilise l'équivalent de une terre et quart en ressources naturelles par an, et qu'en 2050, on en utilisera deux! Je connais peu de systèmes économiques qui détruisent ainsi le fondement de leur propre édifice. Pourrait-on se réveiller s'il-vous-plaît? La consommation ne devrait pas être la nouvelle religion moderne! En quoi consommer donne un sens, en quoi c'est la qualité d'un peuple?

Ça m'exaspère.
»

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vendredi 27 juillet 2007 Comment les riches détruisent la planète Une entrevue au Téléjournal de Radio-Canada avec Hervé Kempf, journaliste au journal Le Monde, hier, m'a grandement interpellée. Il explique comment, selon lui, les riches détruisent la planète, et faisant la promotion de la croissante à tout prix. Il a d'ailleurs écrit un livre à ce sujet : Comment les riches détruisent la planète. J'ai relevé certains de ces propos que je trouvais intéressant, pour les partager avec vous. Les voici :

Il dit, en parlant de la couche dirigeante de gens riches : "Il y a une inégalité qui est énormément creuse et qui effectivement est constituée d'une classe dirigeante, une couche dirigeante - moi j'ai envie d'appeler ça une oligarchie, c'est à dire un groupe relativement restreint de gens qui a la majorité des pouvoirs et qui vit entre-elle sans trop se préoccuper de ce que pense les autres. [Cette oligarchie] a un effet nuisible parce que [ses membres] accumulent les privilèges et les ressources, ils ne veulent pas les partager, ils détiennent les leviers de pouvoirs, ils sont extrêmement conservateur - donc ils nous empêchent d'évoluer -  et ils répandent un modèle de consommation qui est extrêmement nuisible."

Puis, sur le PIB : "Le PIB est un instrument biaisé de mesurer l'évolution de l'économie car il ne mesure tout simplement pas les dégâts sur l'écologie. On est exactement dans le cas d'une entreprise qui regarderait l'évolution de son chiffre d'affaire, mais qui ne compterait pas l'amortissement de ses équipements. Et donc, dans ce temps là,  on a l'impression d'être très riche, d'être très prospère, mais ce qu'on ne voit pas, c'est qu'on est en train de saccager la base même de la production dans laquelle on est."

Finalement, il propose des solutions : "Première chose, bien identifier notre maladie. La maladie de notre société à l'heure actuelle c'est d'avoir cette double crise écologique et cette crise d'inégalité et d'injustice sociale. Après, comment ont agit, on ne va pas le faire d'un coup de main, ça va prendre du temps mais on peut déjà jouer sur la politique fiscale, qui est un levier de la politique publique extrêmement important. [...] Depuis 10 à 15 ans, dans tous les pays - en Allemagne, en France, aux États-Unis, au Canada, au Japon - la fiscalité sur les riches et les entreprises a diminuée : c'est quand même extraordinaire, alors qu'ils sont de plus en plus riches! Donc renverser les choses : détaxer l'écologie, détaxer le travail, retaxer les surconsommations et retaxer les hyper-riches. Relancé par exemple l'idée d'un revenu maximale acceptable. Est-ce qui est normal que des gens gagnent 150 ou 200 fois plus que le salaire moyen ? Est-ce qu'il y a des gens qui valent humainement 200 fois plus que quelqu'un d'autre? Non. Donc on pourrait dire : on n'admet pas une différence de plus de 40 ou 50 fois plus, ce qui est déjà pas mal."

Pour voir l'entrevue au complet, vous pouvez cliquer ici.
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