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samedi 13 septembre 2008 Neil Smith
Vous voulez en savoir plus sur Neil Smith, la recrue de septembre de La Recrue du mois (Big Bang)? Je vous invite à aller jeter un coup d'oeil à la présentation de l'auteur écrite par Lucie qui l'a rencontré en personne! Le tout est disponible sur le site de la recrue : Neil au pays des mots.

Bonne lecture!
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vendredi 15 août 2008 Compter jusqu'à cent
Livre québécois
Auteure
: Mélanie Gélinas
Note : 8.5/10
Parution : 2008
Nombre de pages : 335 pages

Commentaire 

«La veille, c'était encore l'amnésie. Anaïs vivait en parfait silence avec le passé avant que cette spectaculaire image d'effondrement ne vienne gratter à la porte, comme un chien abandonné, sur le seuil de l'oubli.» Ce jour là, Anaïs s'effondre sous le souvenir d'un ancien attentat. La neige de ce soir d'hiver se remet à tomber, à voiler l'univers qu'elle s'est créée pour survivre. Alors commence l'histoire qu'elle nous raconte, à nous le Lecteur témoin, celle de la déchirure et de la plaie causées par un Bourreau qu'elle ne reverra plus jamais. Le récit d'un viol impossible à révéler sans crier, d'une quête vers un pardon qui ne peut être accordé. Vers un désir trop difficile à atteindre. Un besoin d'écriture de ce qui ne peut l'être et une intouchable relation d'amour avec un New Yorkais. Le Bourreau lui a dit « Compte jusqu'à cent ». Tout en abandonnant parfois sa voix pour écouter celle qui lui dit comment survivre de l'intérieur et lui fait noircir ses calepins, Anaïs cherchera à vaincre et à briser le silence, pour enfin pouvoir cesser de compter jusqu'à cent.

Comme prélude, Mélanie Gélinas écrit : « Voilà pourquoi nous, romanciers, devons nous appliquer à faire de la fiction; pour révéler la vérité à ceux que nous ne connaissons pas et la cacher aux autres, qui pourraient se reconnaître. » Lorsque j'ai lu cette phrase, le mot « romanciers » m'a tout de suite sauté au visage : l'auteure se déclarait romancière dès son premier livre. Une telle confiance m'a plu et j'avais hâte de voir si elle relèverait le défi. J'ai été très heureux de constater que, non seulement elle relevait le défi, mais qu'elle dépassait de loin mes attentes par rapport à son œuvre! Compter jusqu'à cent est un roman ficelé avec brio. Bien qu'au début le chaos provoqué par l'absence de tout repère - et par des chapitres sans liens apparents les uns avec les autres - puisse faire peur, on comprend rapidement que ces cassures et ce désordre sont nécessaires. En effet, il ne pouvait y avoir de meilleure façon de décrire l'état du personnage qui, après 10 ans, se rappelle cette soirée d'hiver où elle fut violée. Le rythme très rapide - parfois quelques lignes seulement pour un chapitre - créé également une ambiance qui permet au lecteur de sentir toute la panique et le désarroi d'Anaïs, cette femme qui compte jusqu'à cent - cent chapitres - pour survivre.

De pages en pages, on comprend que rien n'est laissé au hasard dans les écrits de Mélanie Gélinas. Celle-ci maîtrise telle une alchimiste la formule qu'elle a composée pour réussir à « écrire l'impossible ». Des concepts psychologiques très profond, comme le parallèle qu'elle fait entre l'abandon de sa mère et l'abandon de son violeur ou encore la double-personnalité du personnage principal - cette Anaïs qui n'est pas vraiment elle - en font une œuvre très complexe, mais surtout très riche et très captivante. Néanmoins, avis à ceux qui aiment que tout finisse bien, sachez que ce n'est pas le cas ici. Compter jusqu'à cent n'est pas un roman qui fait du bien, mais un roman qui fonce à cent à l'heure vers son lecteur.

Petit aparté, le récit de Mélanie Gélinas se termine sur une postface dans laquelle l'auteure explique sa démarche et nous éclaire sur la mince ligne qui existe entre la vie du personnage Anaïs et elle-même. Je crois que, bien que cela n'était pas essentiel, c'est un bonus fort intéressant, car il nous donne la vision de la créatrice sur sa création, vision qui n'est pas nécessairement toujours celle du lecteur.

Une chose est sûr, Compter jusqu'à cent, ce n'est pas «l'histoire d'un chien qui meurt à la fin». C'est plutôt l'histoire d'une lutte pour un pardon impossible, une histoire de courage. Un récit que l'on voudrait pure fiction, mais dont chaque mot nous ramène avec force à la réalité.

Quatrième de couverture

«Le matin du 11 septembre 2001, Anaïs ressent l'onde de choc des tours jumelles qui s'effondrent jusque dans ses chairs. L'ampleur de la catastrophe se fait l'écho d'un crime oublié, survenu dix ans auparavant. Resurgit alors une décennie passée sous le signe de la survivance et quantité de questions qui n'en sont en fait qu'une seule : que vaut la reconstruction d'une vie sans envisager le pardon?

Dans l'ébranlement sans mesure dans lequel les attentats la plongent, Anaïs se rappelle donc les vieux écueils de son enfance, et aussi la cicatrice d'un terrible secret. Il n'y avait que le pire pour faire renaître son corps de ses cendres... »

Citations

" - Excuse me, but there's a bug in your bag..
- What?
- There is a bug in your bag!"

" Pour la première fois depuis dix ans, un grand papillon avait battu des ailes dans son ventre."

" Entrer dans ce vestibule, c'était comme entrer en hiver, l'été sous le bras."

" L'écriture, comme une perle d'ivoire suspendue au fil du destin, se préparait à céder."

"La difficulté d'écrire la vérité est aussi lourde à porter qu'un bijou ancestral."

"Et j'ai vu demain comme un écran vide, comme une page blanche, comme un parterre maculé d'un néant aussi sombre qu'un papier noirci de rien."

"La mort est la seule épreuve qui guérit toutes les autres."

"C'était comme si «je» en elle n'existait plus; Anaïs reposait dans son enveloppe corporelle comme dans un cercueil."

"Le corps est une écritoire poreuse. Il retient toutes les histoires que l'on a pu y inscrire."

"Mon bourreau est toujours dans l'angle mort quand je jette un œil à gauche le soir. Il fait de l'ombre le jour à tous les hommes et à toutes les femmes que je rencontre. Il pèse sur tous les enfants qui me touchent."

"Dans un équilibre vacillant, sur la nouvelle neige d'une page blanche."

"L'écriture, ce n'est pas de la peinture à numéro."

"Écrire, c'est cherché le livre en soi."
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Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois! Allez y lire les autres critiques de ce livre!

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lundi 21 juillet 2008 Du nouveau pour La Recrue du mois!
Comme cadeau d'anniversaire, La Recrue s'offre un tout nouveau site! Et oui, le blogue littéraire existe maintenant depuis près d'un an et, pour lui permettre d'encore mieux suivre sa mission - donner une visibilité plus grande aux premiers ouvrages de fiction d'auteurs québécois -, plusieurs nouveautés sont au rendez-vous! Entre autres choses, plus d'entrevues, et une section "Repêchage" où nous parlerons des nouveaux auteurs québécois qui n'ont pas été sélectionnés comme Recrue du mois officielle.

Alors, qu'est-ce que vous attendez? Courez! C'est par ici :

http://www.larecrue.net/
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mardi 15 juillet 2008 Petites histoires avec un chat dedans (sauf une)
Livre québécois
Auteure
: Véronique Papineau
Note : 7.7/10
Parution : 2008
Nombre de pages : 176 pages

Commentaire 

J'ai retardé ce moment. Celui d'écrire mon commentaire sur le recueil de Véronique Papineau. Je n'étais pas inspiré. J'avais un pré-syndrome de la page blanche : avant même de m'y mettre, je savais que je ne saurais pas quoi en dire. Quoi dire sur des textes qui nous paraissent comme de simples feuilles de papier imprimées de tâches d'encre ? Comme des histoires, certes, mais qui ne volent pas, ni en solo ni accompagné d'un lecteur, moi en l'occurrence? J'aurais voulu pourtant. « Petites histoires avec un chat dedans (sauf une) », n'est-ce pas là un titre vivifiant, comme une promesse d'humour et de légèreté? J'ai bien échappé quelques petits rires, mais j'ai oublié pourquoi - ce qui n'est, déjà, pas très bon signe et ne m'aide pas vraiment à compléter cette note. Cela m'aurait vraiment fait plaisir de pouvoir écrire sur son originalité - que je m'étais préparé à savourer avec un tel titre - ou encore sur un style nouveau et coloré. Mais comme seule option, j'en suis contraint à introduire Petites histoires avec un chat dedans (sauf une) en parlant de mon incapacité à l'introduire. Un peu inquiétant, non?

Attention. Ne pensez pas que j'ai en horreur le recueil de Véronique. C'est de l'indifférence, tout simplement. Je n'ai ni détesté, ni aimé. Je n'ai pas été captivé, intéressé, c'est tout. Le concept du chat dans chaque nouvelle, c'était bien, mais je n'étais pas impatient de commencer une nouvelle petite histoire pour savoir dans quel contexte ce chat surgirait. Sa façon d'écrire, son style, je l'ai vu davantage comme l'édition de six heures des nouvelles que comme une poésie romanesque. Pas que je ne cherche nécessairement la poésie dans un roman ou un recueil de nouvelles, mais j'exige habituellement quelques métaphores, quelques images que je puisse par la suite associer à l'œuvre. Quelque chose de consistant à se mettre sous la dent.

Mon cahier de citations et d'extraits s'est donc étoffé de quelques lignes seulement. L'un des rares fragments que j'ai pris en note : «Ce boulot est comme les mauvaises pauses commerciales intercalées entre les épisodes de ma vie. » Une phrase très représentative de l'assemblage de textes que propose l'auteure, car c'est justement sur le thème des difficultés de vivre dans notre société «délurée» et grise que les nouvelles de Véronique Papineau s'exposent. Ça et les épreuves de l'amour. Sur les douze, au moins cinq histoires-d'amour-compliquées-qui-finissent-mal. Ne m'étais-je pas trompé? N'avais-je pas commencé à la mauvaise page? Relu une nouvelle à nouveau? Non, c'en était une toute neuve, mais bâtie sur la même idée, selon le même manuel d'instruction, la même recette. J'ai fini par en faire une surdose. Dans le lot, une seule que j'ai appréciée, Pas d'espoir pour les bizarres. Un peu de suspense et de quoi faire réfléchir. Un espoir de dernière minute, puisque le texte se situe sous presque 150 pages d'un livre qui en contient 176. Mais bon, au moins, la fin m'aura laissé une meilleure impression.

Petites histoires avec un chat dedans (sauf une) va surement se perdre dans ma bibliothèque, c'est vrai. Je ne vous le conseillerai donc pas. Mais je suis persuadé qu'il a plu à d'autres et, par conséquent, je les laisserai, eux, tenter de vous convaincre d'en faire lecture.

Quatrième de couverture

« La vie n'est pas toujours simple, même - et surtout? - quand on est jeune, comme les personnages que Véronique Papineau met en scène dans ces nouvelles. Histoires de cœur, histoires de baise, problèmes de travail ou d'argent, tout cela peut nous faire passer de fichus quarts d'heure, qu'il nous arrive très souvent de traverser sous le regard à la fois attentif et impassible de nos chats. Ils voient tout, comprennent tout, mais ils ne nous jugent jamais.

Avec le chat, Véronique Papineau partage de nombreuses qualités: l'art de la légèreté, le coup de griffe qu'on n'a pas vu venir, la caresse qui déchire.

Qu'elle raconte l'histoire d'amants qui se rencontrent à 120 kilomètres-heure sur l'autoroute, la fugue de deux adolescents dans la grande ville, la fin de la noce pour la demoiselle d'honneur qu'emporte l'ambulance, chacune de ces scènes de la vie contemporaine prend un relief inattendu, tout comportement est soumis au regard de cette fine observatrice, à son humour à la fois tendre et cruel. Jamais elle ne rate sa proie. »

Citations

" Sans doute en allait-il de même pour nos oncles et tantes qui avaient prix l'habitude de me souhaiter «du succès dans mes études et du succès auprès des filles» alors que tu n'avais droit qu'à un «Bonne santé». L'adjectif «mentale » était sous-entendu, et seule la décence les empêchait d'exprimer le fond de leur pensée. "

" Le monde est rempli de gens méchants qui n'ont rien d'autre à faire que d'être méchants. "

" Tenir la main de quelqu'un dans la rue, ça n'arrive pas tous les jours, on ne laisse pas faire ça à n'importe qui. [...] traverser une intersection avec la main de quelqu'un enveloppant la sienne, c'est une preuve. C'est l'intimité exposée au grand jour. Dans cette ère délurée, on a plus de pudeur à ça qu'à se faire faire un cunnilingus sur un tapis commercial gris. "

"L'infidélité, c'est la tête qui a perdu une bataille. "

"Ce boulot est comme les mauvaises pauses commerciales intercalés entre les épisodes de ma vie. "

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dimanche 15 juin 2008 La peau des doigts
Livre québécois
Auteure
: Katia Belkhodja
Note : 8.6/10
Parution : 2008
Nombre de pages : 98 pages

Commentaire 

De la peau, des craies de couleurs et des dizaines de crêpes. Des personnages. Deux jumeaux rêveurs, un artiste et un autiste. Une grand-mère kabyle au cœur brisé et à la colère éternelle. Une cousine aux doigts brûlés, à bout de tristesse. Deux Celia. Une dentiste narcoleptique. Une petite fille qui pleure, une autre qui veut savoir pourquoi on enlève ses souliers à l'entrée des mosquées. Marguerite Yourcenar, la morte, Doña, la fille aux boucles d'oreilles. Une phrase : « Le ciel est encombré de bleu. » Et puis finalement des lieux pour accueillir cette bande et ses errances. Montréal, Paris, Casa Blanca. Quelques quais de la Seine, aussi.

Pour un premier roman, Katia Belkhodja s'engage dans le monde littéraire avec poigne. Le titre et l'odeur de la couverture, même si, parfois, cela ne veut rien dire, on fait en sorte qu'à l'ouverture du livre, je m'attendais à quelque chose de bien. J'ai eu plus que j'espérais, un style à part, une vision éthérée, un bijou de littérature migrante. La façon qu'a l'auteure d'exposer de simples histoires humaines et les réflexions, les images, qu'elle incorpore à ces histoires m'ont presque empêché de lire : je n'avais de cesse de plier, replier et plier par-dessus la pliure les pages de l'œuvre, action à laquelle je m'adonne lorsque je considère qu'un passage doit être noté, afin de ne pas en perdre la beauté et le sens. Vous aurez compris, presque toutes les pages du roman de Katia gardent aujourd'hui la cicatrice de la fascination qu'elles m'ont procurée.

En fait, ce que nous offre La peau des doigts, outre ses personnages chimériques, c'est un monde en soi. Vous me direz « Mais, Maxime, chaque roman nous fait découvrir un univers.» Certes, je ne puis qu'acquiescer à cette affirmation. Mais l'univers de ce roman-ci est tout à fait hétéroclite : c'est notre monde, mais une autre réalité. Une réalité libre de toutes conventions sociales et de tout manifeste sur la normalité. C'est un monde sécant au nôtre, un endroit où l'absurde est banal et où le banal est absurde. Le lire, c'est accepter une autre conception du sens de vivre, d'autres lois de la physique. C'est l'univers de La peau des doigts, tout en simplicité et en subtilité, une création de l'auteure qui lui a permis de faire évoluer ses personnages dans un environnement sans limites. Une dimension-parallèle dans une œuvre qui n'a pourtant rien à voir avec la fiction.

Katia Belkhodja peut également se vanter d'autre chose que sa capacité à créer des personnages et des univers hors du commun : son style. Loin de prétendre que j'ai lu tous les styles littéraires existants ou que je suis un expert en la matière, je crois pouvoir affirmer sans grande chance de me tromper que le sien est unique. Les mots, les tournures, la ponctuation, tout semble choisi dans un élan naturel pour créer un ensemble qui se tient par lui-même. On dit souvent que les lecteurs donnent vie aux personnages et aux lieux d'une œuvre. Dans ce cas, j'irais jusqu'à dire que le style seul suffit à faire exister le texte de Belkhodja. Et en ce sens, je m'autorise déjà à utiliser l'expression « du Katia Belkhodja » pour parler de son unique ouvrage, car je suis convaincu que son originalité et son style robuste mèneront l'algérienne qu'est Katia à devenir une écrivaine renommée au Québec, et, je lui souhaite, même au-delà.

Évidemment, je ne vois d'autre possibilité que de vous conseiller de courir à la librairie du coin acheter La peau des doigts et de vous imprégner de ses mots. De mon côté, il ne me reste plus qu'à espérer que ce livre n'était pas son dernier!

Quatrième de couverture

« Je l'ai embrassé, ce peintre. Comme je t'ai embrassée, Dona, ce jour-là, sur l'esplanade de la Place-des-Arts. D'abord, les lèvres. Pour les éroder de douceur. Sa lèvre entre mes lèvres, entre mes dents, caresses joueuses. Sa langue entre mes lèvres. Succion. Douceur. Bouche humide d'une salive qui n'est pas la mienne. Et le goût salé de sa peau. Jusque-là, je n'avais jamais su quoi en faire, de mes lèvres enflées, moelleux coussins inutiles. Sauf y appuyer quelquefois un index dubitatif. Sauf les mordre et regarder les hommes se troubler. Par jeu. Toujours été une enfant. Les enfants ont les jeux qu'ils peuvent. Pendant le baiser, la grand-mère s'est tue. Et puis, à Saint-Michel, on en est sortis, du rose jusqu'à plus soif, et puis elle, imbue de silence. Elle a recommencé à chanter, la grand-mère. Le peintre a dit : sa chanson parle d'amour, d'une jeune amante à une époque où les amantes étaient, par définition, déshonorées. »

Citations

" Je me suis dit, comme ça : les nuages nous surveillent, avec dedans le visage des oubliés. "

" J'ai voulu lui dire quelque chose. Une douceur. Quelque chose de joli et de bon comme du chocolat noir fondu, quand on trempe la cuillère dedans et qu'on la ressort pour la donner à lécher à sa cousine, celle qui a cinq ans et qui n'aime pas les fruits. "

" L'art, c'est mordre dans l'éphémère. "

" L'imparfait de l'indicatif est le temps le plus douloureux qui soit. "

" Toujours on demande aux enfants ce qu'il y a alors qu'il y a ça, justement, l'enfance, et que c'est assez pour pleurer. "

" Le ciel est encombré de bleu. "

" - Exister, en même temps que quelqu'un d'autre. Et sur la même planète.
  Fril a dit : 
  - C'est très dur. "

" On pensait que les académiciens venaient tous les jours discuter tous ensemble de règles de grammaire. Tous les jours. Comme ça. Écrire leur dictionnaire, dans une passion commune, fiévreux, hurlant jusqu'à l'apoplexie, jusqu'à ce que l'un deux meure en tenant son bras gauche. "

" Et aussi l'autre Celia, la cousine absente qui marchait avec nous. Qui se taisait, bien sûr. La majorité des absences se taisent. Elles ne font que suivre, à petits pas, volontairement muettes, rêveuses, quelquefois cruelles. Mais ce n'est pas de leur faute. La majorité des absences sont cruelles. "

" [...] il y aura toujours un chapelet de prénoms qu'on attache autour du cœur et que tu ne sais jamais comment désemmêler. "

" Et il y a cette question qui s'impose, tout de suite, parce qu'on ne le sait pas, nous, où c'est, la tombe de Marguerite Yourcenar. On se dit à Paris, probablement, quelque chose genre le Père-Lachaise, entre Jim Morrison, Pierre Dac et Marcel Proust, en train de se faire des discussions littéraires à n'en plus finir parce que c'est ce qu'il y a de bien avec l'éternité. "

" [...] maman, j'ai des notes accrochées aux cils. "

" Quand elle était revenue à sa marelle, la petite fille, elle s'était dit que des choses aussi jolies, ça n'avait pas le droit d'exister sur l'asphalte. [...] au jaune pacotille, elle lui avait dit : je m'appelle Magdalène. Elle se présentait. Par politesse, parce qu'avant de tuer quelqu'un, on lui dit au moins son nom.  "

" Vue lire à un enfant une histoire, une très jolie histoire qui parle d'ogre et de fée, d'enfant coupé en deux mais qui marche quand même, qui sauve toute sa famille, ça ne dit pas comment, le conte. Il ne faut pas trop en demander à la fiction. "

" Moi qui squatte. Parce qu'il faut bien comprendre : ce n'est pas la même chose. Flâne, tu remplis le temps. Squatte, tu t'installes dedans. [...] Le temps est un récipient creux mais dans tous les sens. "

Et puis un extrait fabuleux, qui commence à la page 85, par « Magdalène, un jour, devant une mosquée. » et se termine à la page 87 avec des reflets bleus et rouge sur la peau.
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Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois! Allez y lire les autres critiques de ce livre!

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dimanche 08 juin 2008 De retour

De retour, car NON, je ne suis pas mort. Je n'ai simplement pas eu le temps avec la fin de session et le début de mon stage de m'occuper de mon blogue. Et donc pour recommencer, j'ai deux nouvelles à vous apprendre.

La Recrue du mois
Pour ceux qui ne connaissent pas, La Recrue du mois est un blogue collectif qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois. Ces derniers temps, la Recrue recrute (quel jeu de mot n'est-ce pas?) des auteurs prêts à publier des critiques sur leur blogue. Et devinez quoi...? Et oui, ils m'ont recruté! Je tiens d'ailleurs à remercier Venise à ce propos, car c'est elle qui m'a offert cette opportunité! Merci Venise!

Alors voila, cela signifie qu'à partir de maintenant je publierai une critique sur un premier roman d'auteur québécois à tous les mois. Ce mois-ci, il s'agit de La peau des doigts, de Katia Belkhodja, un roman tout à fait... et si... et non, pas d'avant-première pour vous! Je ne publie rien avant le 15 de chaque mois, alors il faudra patienter. Mais je peux déjà vous dire que la critique est écrite!

C'est une nouvelle aventure pour moi, je suis très content de maintenant faire partie de l'équipe de La Recrue du mois. Pour ceux qui seraient intéressés, sachez que nous (et oui je peux dire nous!) recrutons toujours.

Voici le lien vers le blogue : http://larecrue.net

Relais pour la vie
La date du Relais s'en vient à grand pas (13 juin)! Déjà, j'ai amassé 115$, alors que mon objectif était de 100$! Merci à tous ceux qui ont donné! Pour ceux qui ne l'ont pas fait (vilains garnements), c'est toujours possible! Pour ce faire, contactez moi ou bien allez sur le site du relais (cliquez ici). Merci!

Alors voilà, bonne fin de fin de semaine!

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