Il y a plus d'un mois
Lucie a écrit "Ça donne le goût d'y aller et d'y croire, c'est vrai." à propos du billet Printemps en automne.


À voir aussi
Le Passe-Mot
Du Québec à Compostelle Le Pigeonographe

À propos de ... Larrasoaña


Cizur Menor compostelle Roncevaux
mercredi 01 août 2007 Jour 6 - Rencontre à l'italienne
Distance parcourue : 21 km
Trajet : De Larrasoaña à Cizur Menor

J'ai mal aux épaules. C'est endurable, mais j'espère que ça partira bientôt, car ça fait déjà deux jours. La journée a bien été, tellement bien qu'elle me motive à continuer. Le premier tiers de l'étape se marchait dans un paysage ressemblant à celui du Québec – en forêt de conifères-, donc moins intéressant. Le deuxième tiers, on découvrait des champs et des montagnes à couper le souffle. Au dernier tiers, nous traversions la ville de Pamplona, une des grosses villes du trajet de Compostelle, riche architecturalement Méli a vraiment apprécié cette partie du chemin et moi aussi.

Par contre, elle m'inquiète. Elle croit avoir une tendinite dans chaque genou et je pense malheureusement qu'elle a raison. Elle ne boit pas beaucoup et n'a pas de bâton de marche pour soutenir le poids de son sac, donc ses genoux prennent le choc. Il est présentement 8h00 et elle est allée se coucher. C'est très bien ainsi, ses genoux ont besoin de repos. Mais j'espère qu'elle ira mieux demain, sinon je continuerai seul la prochaine étape.

Je note qu'après 3 jours, on peut déjà voir une routine s'installer : réveil, remplissage du sac, déjeuner, départ, dîner, arrivé, douche, lavage, séchage, toilette, repos, temps libre, achat des trois prochains repas. C'est sécurisant de voir que tout n'est pas imprévus. Aussi, nous faisons de plus en plus de rencontres intéressantes et durables. Nous avons marché la moitié du chemin aujourd'hui avec Suzanna, une italienne qui parle l'anglais. Nous avons parlé de nos pays respectifs et nous avons même fait un échange : un 5$ contre un 5 €. La marche a été très plaisante avec elle. Un français, dont le nom nous est inconnu – nous devrions le lui demander – est dans les mêmes refuges que nous depuis presque le début. Il a aidé Méli avec ses genoux en lui disant de mettre de la glace et de faire de la compression sur ceux-ci. Un espagnol nous a aidé à faire notre riz du soir -  nous ne savions pas combien mettre d'eau – et Méli a prêter à une autre espagnole notre bandage pour genou (elle ne veut pas le mettre). Malheureusement, nous avons « perdu » l'italienne et nos amis polonais à Pamplona, la ville juste avant celle où nous nous sommes arrêter – Cizur Menor – car ils s'y sont arrêter pour dormir au lieu de continuer plus loin.

J'ai commencé à lire Les Coloriés. Le livre me semble bon. Je vais d'ailleurs finir mon chapitre, puis me coucher. Demain est plus dur qu'aujourd'hui, mais moins que les 2 premières journées.

Avec du recul

J'aurai mal aux épaules durant tout le chemin, mais de moins en moins, car je finirai par m'y habituer. Nous recroiserons plusieurs fois encore Suzanna et les polonais. Le français sera dans les mêmes auberges que nous pour quelques étapes encore.

Le soir, je me souviens être sorti près de l'église située sur le même terrain que l'auberge pour contempler l'horizon et penser un peu.

En photos
Dans l'ordre de présentation :
(1) Sur le chemin, vers Pamplona.
(2) Centre-ville de Pamplona.
(3) Monastère situé à côté de notre refuge. Certains pèlerins vont y dormir dû à un manque de place dans le refuge.

(1)
mardi 31 juillet 2007 Jour 5 - Trop peu d'eau
Distance parcourue : 25 km
Trajet : De Roncevaux à Larrasoaña

Burgete – village extraordinaire -, Espinal, Lintzoain, Zubiri, quelques autres et finalement Larrasoaña. Encore 27 km aujourd'hui, encore 8 heures, malgré les descentes plus fréquentes que les montées. J'ai pourtant trouvé cette journée plus difficile que la précédente, peut-être parce que j'ai manqué d'eau au ¾ du chemin et qu'à la moitié le peu d'eau qu'il me restait était horriblement chaude. Peut-être aussi parce que j'avais mal aux épaules et que le paysage était globalement moins impressionnant. Les conifères ont fait leur apparition. Je dois avouer qu'à partir du moment où je suis devenu très faible à cause du fait que je ne pouvais pas boire autant d'eau que j'aurais voulu, je me suis demander à nouveau ce que je faisais ici. Mais je crois que c'est normal et que cela se reproduira encore quelques fois.

En marchant, lorsque c'est plat, nous avons beaucoup de temps pour penser. J'ai donc eu le temps de réfléchir à certaines choses, dont l'éternité. Parce que je regardais autour de moi les merveilles de la nature, j'ai pensé « cela ne peut venir de personne d'autre que Dieu », malgré le fait que je n'y crois pas. Et qui dit Dieu parle d'éternité. J'en suis venu à la conclusion que l'éternité était la seule solution possible à l'existence du monde et à la nôtre. Car premièrement, si rien n'existait avant (même Dieu, car il aurait bien fallu le créer lui aussi), alors comment peut-il ressortir quelque chose du rien? Je ne pense pas non plus qu'on puisse passer de ce que nous connaissons aujourd'hui à un vide absolu, à rien. Même si la terre explosait à cause de l'humanité, il resterait encore quelque chose. Même nous, lorsque nous mourrons, retournons dans le cycle de la nature. J'ai donc compris que l'éternité était la seule solution à ce problème et que si l'homme ne pouvait imaginer ce concept, c'était simplement parce qu'il naît et meurt et que pour lui, tout a un début et une fin. Or, il me semble qu'il doit en être autrement. Le monde ne peut avoir été créé, car dans ce cas il faut un géniteur et alors comment est né ce géniteur? Cercle sans fin.

Je veux écrire sur notre régime alimentaire et nos heures de coucher et de lever depuis le début de notre pèlerinage. Pour déjeuner, nous avons pour l'instant mangé de la baguette de pain, des croissants ou des muffins. Pour les dîners : bananes, barre tendres, thon, cacahuètes, chips et pomme. On ne peut rien manger de « frais », comme un sandwich avec de la viande froide, car on doit pouvoir amener des choses qui se conservent à la chaleur. Pour les soupers : poisson et patates frites, spaghetti sauce tomate que nous cuisinons nous-mêmes et salade, la première soirée à Saint-Jean-Pied-De-Port. Pour ce qui est du coucher et du levé, nous nous couchons vers 9h00-10h00 du soir, puisque tout el monde fait du bruit avant, et nous nous levons vers 6h30, malgré le fait que certains se lève vers 5h30.

Bon, assez pour ce soir. Je vais me coucher.

P.S. : Il n'y a toujours pas d'épicerie dans cette ville, c'est complètement ridicule. Heureusement l'auberge a quelques provisions à vendre.

Avec du recul

Si j'ai trouvé cette journée plus difficile que les autres, c'est clairement à cause du manque d'eau. Les paysages était admirables et la marche pas si dure que ça. Le point d'arrivé était fabuleusement beau, un petit village dont les maisons était tous collés, faites en pierres ou en un matériau proche du ciment. Je me souviens de l'auberge : l'accueil, la cuisine et la salle de repos était dans un bâtiment, les dortoirs dans un autre à deux étages et les toilettes dans un véhicule du style bureau de chantier. Nous pouvions sortir dehors sur des tables pour jouer aux cartes ou écrire, ce que nous avons fait.

Après ces deux premières journées de marche,  toutes les autres ont semblé faciles.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Espinal, le premier village que nous croisons cette journée là. Un système de ramassage des eaux spécial nous fait sembler être dans une ville construire sur l'eau.
(2) Paysage du matin pendnant la marche.
(3) Méli nous fait un beau sourire!
(4) Notre refuge de la journée. Nous sommes au 2e étage.

(0)
Archives
2011
octobre 2011 (2) août 2011 (1) mai 2011 (5) avril 2011 (9) mars 2011 (7) février 2011 (5) janvier 2011 (2)
2010
décembre 2010 (4) novembre 2010 (5) octobre 2010 (11) septembre 2010 (1)
2010 (suite)
août 2010 (5) juillet 2010 (5) juin 2010 (8) mai 2010 (4) avril 2010 (6) mars 2010 (8) février 2010 (8) janvier 2010 (5)
2009
décembre 2009 (16) novembre 2009 (7) octobre 2009 (1)
2009 (suite)
juillet 2009 (2) juin 2009 (4) mai 2009 (5) avril 2009 (21) mars 2009 (11) février 2009 (9) janvier 2009 (11)
2008
décembre 2008 (8) novembre 2008 (5) octobre 2008 (9)
2008 (suite)
septembre 2008 (10) août 2008 (3) juillet 2008 (4) juin 2008 (2) avril 2008 (8) mars 2008 (6) février 2008 (10) janvier 2008 (6)
2007
décembre 2007 (3) novembre 2007 (3)
2007 (suite)
octobre 2007 (3) septembre 2007 (3) août 2007 (17) juillet 2007 (17) juin 2007 (9) mai 2007 (6) avril 2007 (3) mars 2007 (1) février 2007 (1)
2006
août 2006 (4)
© 2011 Tous droits réservés, Maxime Jobin