Littérature québécoise 
|
| Auteur |
Danny Saunders
|
| Éditeur |
Les Éditeurs réunis
|
| Parution |
2010 |
| Nombre de pages |
366 |
| Note |
6.5 / 10 |
Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois en repêchage, webzine qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois, et encore plus!
|
Commentaire
Premier volume de la collection
Les reines tragiques des Éditeurs réunis,
Marie Stuart la reine captive se veut un « roman historique avec une touche romanesque » sur celle qui régna sur l'Écosse de 1542 à 1567. Loin d'avoir eu une vie facile, la reine catholique devra affronter ses adversaires protestants durant toute la durée de son règne. Heureusement, elle sera soutenue par sa dame de compagnie principale, Charlotte Gray – ici s'insère le côté romanesque du bouquin–, à travers toutes les épreuves que lui apporteront la royauté. Jugée dangereuse pour le trône anglais, car considérée comme unique descendante légitime du roi Henri VIII par les catholiques, elle sera détenue prisonnière par sa cousine la reine Élisabeth Ire pendant dix-neuf longues années, qui se termineront par sa décapitation en 1587.
Très intéressé par l'Histoire, plus particulièrement par la période de gouvernance des rois et reines Tudors et de Marie Stuart, je dois admettre que mes attentes étaient très hautes face à ce titre impressionnant. Je me rappelais les images de films et de séries télévisées tels
Elizabeth, l'âge d'or ou
Les Tudors, m'attendant à y retrouver la même splendeur et la même force que j'avais tant aimées chez ces derniers. Mais j'ai été fortement déçu. Non seulement le style qui aurait permis de porter la beauté et le charme auxquels je m'attendais n'y était pas, mais plusieurs autres détails ont chicoté mes méninges de lecteur.
D'abord, le roman est rempli de lacunes syntaxiques et orthographiques, plus particulièrement au niveau des temps de verbes. L'auteur saute fréquemment du passé au présent ou encore du futur au passé sans raison aucune, et cela a heurté et arrêté à plusieurs reprises ma lecture. J'en suis même venu à me demander si le texte avait été relu avant d'être publié.
Outre ces problèmes au niveau orthographique, j'ai aussi parfois trouvé un peu brusque l'écriture de Danny Saunders. Irréaliste de par sa rapidité à certains moments, il m'a laissé un sentiment d'inachevé. En fait, le mot qui me vient en tête est « patchwork » : j'ai reçu
Marie Stuart la reine captive non pas comme un roman historique ou comme l'Histoire romancée, mais comme une biographie « patchée » de romanesque. Un mélange maladroit entre un livre d'histoire et un roman, comme si on avait ajouté une histoire à l'Histoire vite fait pour se munir du titre de roman historique. Si on se perd dans les détails des portions biographiques, les parties « roman » m'ont paru incomplètes, brouillons. Même si cette impression a diminué quelque peu dans les derniers chapitres du livre – ou peut-être est-ce moi qui m'y suis habitué? –, ce n'est rien pour nous faire oublier la maladresse initiale de l'auteur. À la limite, j'aurais préféré que Danny Saunders nous présente une biographie directe de Marie Stuart, plutôt que d'y retrouver ces extraits « romanesques » mal insérés.
Le côté historique, heureusement, aura en partie sauvé cet ouvrage à mes yeux, le sujet m'intéressant assez pour que j'aie envie de connaître les derniers détails sur la vie de la reine d'Écosse. Comprenez bien que je ne veux pas non plus dénigrer totalement le travail de Danny Saunders : la substance y est. Mais je crois qu'il aurait beaucoup gagné à retravailler son texte avant sa publication.