Il y a plus d'un mois
Venise a écrit "Je devrais venir te voir même quand tu n'y es pas, il est si joli ton blogue ! Je m'y sens bien. Bien sûr que l'on va patienter et en Snoopy Joe à part ça !" à propos du billet Zzzzzz....


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mercredi 08 août 2007 Jour 13 - Odeurs d'Espagne
Distance parcourue : 21 km
Trajet : De Najera à Santo Domingo de la Calzada

Aujourd'hui fut une journée magnifique. Terminée la déception d'hier. De Najera à Santo Domingo de la Calzada, les paysages de champs, vignes et villages étaient à couper le souffle. Les verts, les jaunes, les bleus et les rouges étaient… comment dire… tellement vifs, tellement coloriés! Et puis je suis passé à travers deux villes, ce qui aide à la motivation, car marcher 20 kilomètres dans les champs donne une impression de longueur assez prononcée. L'une des villes, Cirueña, m'a toutefois déçue : des blocs de condos et d'appartements tous modernes mais surtout tous identiques! Sinon, je me suis perdu dans mes pensées davantage que les jours précédents, car j'ai osé quitter la beauté de mon environnement de marche pour les tréfonds de mon crâne. À mon arrivée à Santo Domingo de la Calzada, j'ai reconnu l'odeur des villes d'Espagne, une odeur si particulière, ressemblant à celle du pain, mais pourtant indescriptible dans son ensemble.

Aux portes de la ville, première auberge, personne. À la deuxième, je retrouve Méli. Sourire de se retrouver. Après de tumultueux- et oui, tumultueux -  problèmes pour se retrouver dans le même dortoir, nous réussissons finalement à avoir deux lits côte à côte. Douche, lavage, jeux de cartes. Nous allons à l'épicerie ensemble, ce qui est miraculeux.  Nous y retournerons plus tard pour acheter du pain, une baguette bien sûr. Nous passons de bons moments ensemble en parlant. Elle me dit avoir apprit beaucoup sur elle-même durant ce voyage, surtout sur ses faiblesses. J'ai beaucoup appris sur des forces que je ne croyais pas avoir. Je peux avoir plus de volonté que je ne l'aurais cru. Je découvre aussi que physiquement, je peux si seulement cela m'intéresse un tant soit peu et s'il y a un but intelligent derrière. Et puis, je me rends compte que je me débrouille beaucoup mieux en anglais que je ne l'aurais cru.

Maintenant, il est 8h20 et tout le monde mange. Évidemment, car les européens mangent beaucoup plus tard que nous. Hier soir, j'ai terminé Les Coloriés. J'ai adoré ce livre. J'en garde deux leçons fondamentales que j'essaierai de maîtriser :

1° Ne jamais refouler ses sentiments. Donc pleurer, chialer, sourire si l'on en a envie.
2° Dire la vérité, être honnête, peu importe les conséquences.

Si j'étais professeur de philosophie, Les Coloriés ferait très certainement parti des livres que mes étudiants auraient à lire!

J'ai proposé à Méli de s'écrire mutuellement une lettre à la fin du voyage pour se dire ce que l'on a appris de l'autre. Elle a accepté.

Il ne reste que 3 étapes. Demain, destination Belorado, 23 kilomètres.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Sur le chemin, on voit au loin d'autres pèlerins.
(2) L'une des églises de Santo Domingo de la Calzada.
(3) Méli, qui ne s'attendait pas du tout à ce que je la prenne en photo.

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mardi 07 août 2007 Jour 12 - Montagnes russes
Distance parcourue : 17 km
Trajet : De Navarrete à Najera

Aujourd'hui, encore sous la menace de la pluie qui ne tomba finalement jamais (je vais commencer à croire aux miracles), le chemin était entièrement dans la nature. Je ne passais dans aucune ville, ce qui, malgré le fait que je ne devais marcher que 16 kilomètres, donnait l'impression que je cheminais pendant beaucoup plus longtemps. La solitude pendant la marche commence à me peser. Ce que je vois et découvre est magnifique, mais à quoi bon voir tout ça si je ne peux le partager! Non vraiment marcher seul devient de plus en plus pénible. Heureusement qu'il ne reste que quatre étapes, car maintenant ce qui est le plus intéressant dans la journée c'est lorsque je retrouve Méli, et non plus le chemin.

C'est dommage, mais bien que parcourir le chemin seul me donne plus de temps pour réfléchir, j'ai besoin de compagnie. J'apprécie toujours le paysage, mais je trouve le temps long. Un peu avant d'arriver à Najera, notre destination, deux fauteuils étaient déposés en pleine nature. C'était la seule surprise de la journée. En plus, nous avons définitivement « perdu » tous les amis que nous nous étions fait, car nous avons fait 2 étapes en 3 étapes, au contraire de ces derniers.

Je sais, je sais, je m'en rends compte, mes écrits sont maussades, mais je me sens déçu par la tournure des évènements. Je ne suis pas déçu du voyage, car j'aurai passé de très bons moments, mais je sens que les journées de solitude à suivre seront difficiles. Quoiqu'il en soit, cela aura été l'une des plus belles expériences de ma vie, même si pour la vivre j'ai du souffrir physiquement et mentalement.

À ma grande surprise, la soirée m'a réconcilié avec le chemin. Moi et Méli avons passé une bonne soirée. Après le moment excitant où je lui ai fait découvrir ce que j'ai acheté à l'alimentacion, nous avons fait cuir des raviolis et les avons mangés en discutant avec un couple de français. C'était bien intéressant. Nous avons parlé du chemin, des différences de culture entre la France et le Québec, des choses à voir à Paris et même du débarquement de Normandie, ce qui fut un moment émouvant. Nous avons ensuite discuté sur nos lits, moi et Mélissa. Je suis prêt et motivé pour demain.

Il est 8h15, je vais terminer Les Coloriés.

P.S. :  Il y a pleins de canadiens ici! Pas de québécois par contre.

Avec du recul

Tout au long du pèlerinage, ces genres de montagnes russes morales ont eu lieu à plusieurs reprises. La solitude me pesait un jour et me réjouissait l'autre. Le matin j'étais motivé et l'après-midi non ou vice-versa. J'ai compris qu'il n'y avait rien de plus normal, surtout lorsqu'on se sent éloignés de nos proches.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Une fidèle flèche jaune, signalisation pèlerine.
(2) Vous ne rêvez pas, je suis bien assis sur un fauteuil en plein milieu de nul part. Il semble que quelqu'un ait voulu créer un espace de repos pour les pèlerins. Merci au cycliste qui m'a pris en photo!
(3) Un amas de roche formé par les pèlerins. On trouve de ces montagnes de pierres partout sur le chemin. Il s'agit souvent de pierres amenées du pays d'origine. Ces roches représentent les problèmes et les maux du pèlerin, et lorsque celui-ci place l'une des ses roches sur l'un de ces monticules, ses problèmes, selon la légende, restent à cet endroit. Le pèlerin peut donc continuer le chemin en paix. On peut également voir un symbole rouge et blanc, qui signifie que nous sommes dans la bonne direction.
(4) Un paysage de vignes et de terre.

(2)
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