Il y a plus d'un mois
Venise a écrit "Je devrais venir te voir même quand tu n'y es pas, il est si joli ton blogue ! Je m'y sens bien. Bien sûr que l'on va patienter et en Snoopy Joe à part ça !" à propos du billet Zzzzzz....


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mardi 31 juillet 2007 Jour 5 - Trop peu d'eau
Distance parcourue : 25 km
Trajet : De Roncevaux à Larrasoaña

Burgete – village extraordinaire -, Espinal, Lintzoain, Zubiri, quelques autres et finalement Larrasoaña. Encore 27 km aujourd'hui, encore 8 heures, malgré les descentes plus fréquentes que les montées. J'ai pourtant trouvé cette journée plus difficile que la précédente, peut-être parce que j'ai manqué d'eau au ¾ du chemin et qu'à la moitié le peu d'eau qu'il me restait était horriblement chaude. Peut-être aussi parce que j'avais mal aux épaules et que le paysage était globalement moins impressionnant. Les conifères ont fait leur apparition. Je dois avouer qu'à partir du moment où je suis devenu très faible à cause du fait que je ne pouvais pas boire autant d'eau que j'aurais voulu, je me suis demander à nouveau ce que je faisais ici. Mais je crois que c'est normal et que cela se reproduira encore quelques fois.

En marchant, lorsque c'est plat, nous avons beaucoup de temps pour penser. J'ai donc eu le temps de réfléchir à certaines choses, dont l'éternité. Parce que je regardais autour de moi les merveilles de la nature, j'ai pensé « cela ne peut venir de personne d'autre que Dieu », malgré le fait que je n'y crois pas. Et qui dit Dieu parle d'éternité. J'en suis venu à la conclusion que l'éternité était la seule solution possible à l'existence du monde et à la nôtre. Car premièrement, si rien n'existait avant (même Dieu, car il aurait bien fallu le créer lui aussi), alors comment peut-il ressortir quelque chose du rien? Je ne pense pas non plus qu'on puisse passer de ce que nous connaissons aujourd'hui à un vide absolu, à rien. Même si la terre explosait à cause de l'humanité, il resterait encore quelque chose. Même nous, lorsque nous mourrons, retournons dans le cycle de la nature. J'ai donc compris que l'éternité était la seule solution à ce problème et que si l'homme ne pouvait imaginer ce concept, c'était simplement parce qu'il naît et meurt et que pour lui, tout a un début et une fin. Or, il me semble qu'il doit en être autrement. Le monde ne peut avoir été créé, car dans ce cas il faut un géniteur et alors comment est né ce géniteur? Cercle sans fin.

Je veux écrire sur notre régime alimentaire et nos heures de coucher et de lever depuis le début de notre pèlerinage. Pour déjeuner, nous avons pour l'instant mangé de la baguette de pain, des croissants ou des muffins. Pour les dîners : bananes, barre tendres, thon, cacahuètes, chips et pomme. On ne peut rien manger de « frais », comme un sandwich avec de la viande froide, car on doit pouvoir amener des choses qui se conservent à la chaleur. Pour les soupers : poisson et patates frites, spaghetti sauce tomate que nous cuisinons nous-mêmes et salade, la première soirée à Saint-Jean-Pied-De-Port. Pour ce qui est du coucher et du levé, nous nous couchons vers 9h00-10h00 du soir, puisque tout el monde fait du bruit avant, et nous nous levons vers 6h30, malgré le fait que certains se lève vers 5h30.

Bon, assez pour ce soir. Je vais me coucher.

P.S. : Il n'y a toujours pas d'épicerie dans cette ville, c'est complètement ridicule. Heureusement l'auberge a quelques provisions à vendre.

Avec du recul

Si j'ai trouvé cette journée plus difficile que les autres, c'est clairement à cause du manque d'eau. Les paysages était admirables et la marche pas si dure que ça. Le point d'arrivé était fabuleusement beau, un petit village dont les maisons était tous collés, faites en pierres ou en un matériau proche du ciment. Je me souviens de l'auberge : l'accueil, la cuisine et la salle de repos était dans un bâtiment, les dortoirs dans un autre à deux étages et les toilettes dans un véhicule du style bureau de chantier. Nous pouvions sortir dehors sur des tables pour jouer aux cartes ou écrire, ce que nous avons fait.

Après ces deux premières journées de marche,  toutes les autres ont semblé faciles.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Espinal, le premier village que nous croisons cette journée là. Un système de ramassage des eaux spécial nous fait sembler être dans une ville construire sur l'eau.
(2) Paysage du matin pendnant la marche.
(3) Méli nous fait un beau sourire!
(4) Notre refuge de la journée. Nous sommes au 2e étage.

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lundi 30 juillet 2007 Jour 4 - Perdu dans les nuages
Distance parcourue : 27 km
Trajet : De Saint-Jean-Pied-De-Port à Roncevaux

Fatigue, douleur, c'est ce qui décrit le mieux l'état dans lequel je me trouve présentement. Nous avons marché aujourd'hui plus de 27 km en 8 heures, comme prévu, toute pause comprise. Long, très long, mais ça en a valu la peine.

Le début de notre marche était tout à fait sublime : à travers les collines verdoyantes, on pouvait voir Saint-Jean-Pied-De-Port et les villages alentours. Les Pyrénées sont superbes, car il n'y a rien de comparable au Québec. En fait, cette chaîne de montagne est loin d'être rocheuse. Il s'agit plutôt de gigantesques collines où pousse végétation, champs et feuillus. Ces collines peuvent pourtant parfois être aussi abruptes qu'une montagne, tout en gardant leur aspect doux et vallonneux. C'est ce qui fait le charme de ces montagnes.

Plus nous montions, moins c'était beau. Simplement parce que les nuages à nos pieds nous cachaient la vue à 10 mètres, tel un épais brouillard. Pourtant, il y avait dans cette brume nuageuse un véritable spectacle. Durant le trajet en hauteur, nous pouvions facilement nous imaginer dans un rêve tellement l'ambiance et l'environnement nous semblait irréel. Et dans ce lieu étrange, nous avons aperçus des centaines de chèvres, des centaines de vaches et des dizaines de chevaux en totale liberté, nous bloquant parfois le chemin.

Après une descente d'environ 400 mètres, des mètres que nous avions montés précédemment, nous sommes arrivés à Roncevaux, notre ville destination de la journée, vers 3h00 de l'après-midi. Nous nous sommes aperçus que cette « ville » n'avait rien d'extraordinaire. Tout ce que nous y avons trouvé ce sont deux églises, deux hôtels-restaurants offrant principalement le menu du pèlerin -  c'est-à-dire une truite servi complète avec des frites - , une auberge de jeunesse, un office du tourisme et un refuge pour pèlerin, celui où nous sommes actuellement. Aucune épicerie et à première vue aucun habitant. On dirait une ville créée expressément pour les pèlerins.

Le refuge est magnifique, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il est situé dans un ancien lieu de quarantaine, à ce que j'ai entendu. Toutefois, malgré sa beauté, je dois dire qu'il est très mal organisé : 2 douches pour environ 50 hommes et une heure d'ouverture tardive – c'est-à-dire 4h00 de l'après-midi – qui donna lieu à un bordel pour aller prendre nos douches, tout le monde étant arrivé en même temps. Mais sinon, ça va, même si le dortoir est énorme : près de 100 lits.

Pour le souper, ne pouvant faire à manger en l'absence d'épicerie, nous avons mangé le menu du pèlerin au restaurant situé à côté de l'office de tourisme. Des françaises assises à notre table nous ont expliqués comment manger notre poisson  entier – que j'appelais affectueusement : le poisson qui nous regarde dans notre assiette – après que nous leur ayons expliqué qu'au Québec, le poisson était normalement déjà apprêté. Ce fut un bon souper, ou devrais-je plutôt écrire dîner, si je veux m'intégrer à la culture locale.

Donc aujourd'hui, nous avons franchi la pire des étapes : la traversée des Pyrénées. Demain, nous allons redescendre une partie de l'altitude montée à ce jour. J'espère que je serai d'attaque. D'ici là, j'aurai certainement dormi vu mon niveau de fatigue. Mais avant, lecture.

En photo

Dans l'ordre de présentation :
(1) Vue des villages du haut d'un petit sommet des pyrénées.
(2) Des chèvres nous bloquent le chemin!
(3) Sur le chemin, nous avions déjà commencé à descendre vers Roncevaux, puisqu'il nous ne sommes plus dans les nuages.
(4) Notre dortoir où environ une centaine d'autres pèlerins dorment avec nous. C'est le plus grand dortoir que nous allons avoir pendant tout le voyage.

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