
L'étape du visa ou l'étape du saint-sacrament-de-papier qui m'ouvre les portes de la France. Car c'était aujourd'hui que je me rendais à Montréal, au
Consulat Général de France, pour obtenir le droit suprême de faire mon stage à Lille. En d'autres mots, je savais aujourd'hui si ça passait ou si ça cassait. Ça a passé... mais pas sans avoir à agrandir l'ouverture et à maigrir de 10 livres.
Je vous fais le topo. Mon rendez-vous était à 11h45. Paranoïaque comme je suis, j'y étais à 11h00, grâce à mon père qui a aimablement accepté de m'y conduire. Et donc, au moins, je n'étais pas en retard. En plus, il y avait de la place lorsque je suis arrivé, alors hop!, j'ai déjoué le système des rendez-vous pour me faufiler dans les mailles du filet. Un filet avec des mailles vraiment, mais vraiment serrées. Il faut dire que c'est à peu près aussi facile d'entrer dans un consulat que d'attacher ses souliers avec des gants de boxes : détecteur de métal, gardiens de sécurité, interdiction du cellulaire. Et surtout, ne pensez pas passer si vous n'avez rien à y faire. Résultat, mon père s'est fait gentiment refuser l'accès, et a dû m'attendre à l'extérieur.
Jusque là, tout de même, j'étais assez chanceux. Ça commençait bien. On m'a indiqué une salle où entendre. Une vingtaine de minutes plus tard, j'étais assis devant celle que j'avais imaginé comme étant une Dolores Umbridge (ref.:
Harry Potter and the Order of the Phoenix) française, mais qui, outre les vêtements roses, n'avait rien à voir. En fait, elle avait l'air plutôt sympathique. Je lui ai donc présenté les 500 documents nécessaires à la demande de visa.
C'est à ce moment que ça s'est corsé :
- Vous avez votre convention de stage?
- Oui, la voici, mon attestation de stage.
- ...
- ...
- Mais il n'y a pas écrit où vous allez faire votre stage. Comment je sais où vous allez travailler?
Elle voulait une convention de stage, alors que tout ce que j'avais, moi, c'était une attestation de stage. Cela aurait dû suffire, selon les documents que j'avais lus. Mais non. Allait-il falloir que je revienne avec cette fameuse convention?
Première crise de panique où je me dis que je ne pourrai pas partir, car je ne pourrai jamais avoir un autre rendez-vous avant mon départ. Heureusement, elle décide finalement que cela suffira. Soupir de soulagement.
Une fois tous les documents complétés, elle m'accompagne dans un autre bureau. Quoi, ce n'était pas ça, la dernière étape? Il semble que non. Je rencontre donc une autre dame, cachée, elle, derrière 2 pouces de vitre blindée (on ne lésine pas sur la sécurité, je vous le rappelle). Elle me crie donc de lui donner les documents, et je lui crie "voila". (pas vraiment le choix, avec ces vitres pare-balle, pare-feu, pare-agression, mais aussi pare-son). Elle me demande ma convention de stage.
Deuxième crise de panique où je passe proche de faire une crise d'épilepsie. Son collègue, mon sauveteur, prends alors la parole pour lui dire que l'attestation, c'est ok. Nouveau soupir de soulagement. Ensuite, blablas, paperasse, avez-vous ci oui, avez-vous ça certainement, et... il me faut votre preuve d'assurance complémentaire. Horreur, je ne l'ai pas, car l'OFQJ ne m'a rien envoyé. En fait, ce n'était même pas mentionné dans la liste des documents à apporter.
- Oh mais, c'est que, sans cette preuve, je ne peux rien faire.
Troisième crise de panique où je veux me fendre la tête contre la vitre blindée. - Je dois faire quoi, prendre un autre rendez-vous?
Non. Habituellement, elle ne fait pas ça, mais si je lui envoie par fax, cela va suffire. Soupir de soulagement, encore. Plus tard, elle me dira même d'oublier ça, que ce n'est plus nécessaire. Et elle collera le visa dans mon passeport, me le tendra avec un grand sourire et me souhaitera bon séjour. Je suis sorti, avec l'impression d'avoir frôlé la mort, mais bon, j'étais bien content d'avoir en main mon droit de séjour en France.
Ainsi se termine mon aventure. Et donc la dernière étape a été franchie : maintenant, sauf une violente tempête de neige le jour de mon départ, rien ne devrait pouvoir m'empêcher de partir!