samedi 29 octobre 2011
Printemps en automne

Suis-je le seul, ces derniers mois, à vouloir croire en de réels indices de changement?
Je reviens tout juste du Square Victoria, transformé en Place du peuple par le mouvement d'Occupons Montréal. Ça me trottait dans la tête depuis un bout déjà, voir de mes yeux ce dont tout le monde parle dans les journaux. Tant qu'à être à Montréal, tsé.
En pleine assemblée générale lorsque je suis arrivé, j'ai pu satisfaire ma curiosité et constater de visu ce que j'avais appris de la presse, soit un véritable petit village, avec cuisine, bacs de recyclage, clinique médicale, centre de donations et même bureau d'information. Ils le disent eux-mêmes : une communauté autogérée. Et ça marche. Des tipis en bois sont même en train d'être construits, grâce à la générosité des donateurs, afin que les habitants du camp puissent survivre à l'hiver.


Et c'est bien ce qui me surprend avec ce mouvement. Il s'agit de bien plus que le groupe commun d'étudiants proclamant leur mécontentement et dont les voix se frappent plus souvent qu'autrement à des oreilles de sourds. On a là un regroupement organisé, certes composé en majorité d'étudiants, mais aussi de gens de tous les milieux, qui, étonnamment, semble être écouté et soutenu par une bonne partie de la population. Un rassemblement totalement pacifique, respectueux des règles et des gens, dont l'objectif principal – qui me semble clair malgré ce que les médias en pensent – est de créer un environnement propice à la réflexion et aux échanges d'idées. Car c'est bien de cela dont il s'agit : reconnaître les défaillances de nos systèmes et imaginer des solutions. De nouvelles façons de faire pour nous mener vers une société plus juste et plus équilibrée.
Une amie me parlait récemment d'une conférence à laquelle elle a assisté dans le cadre de son travail et qui portait sur l'avenir de nos sociétés. Le conférencier y parlait d'une nouvelle ère, prétendant que d'énormes changements allaient se produire dans les prochaines années, notamment au niveau de la surconsommation - en favorisant plutôt la production locale -, mais aussi et surtout dans nos systèmes économiques et politiques qui – il devient de plus en plus difficile de le nier – ne fonctionnent pas. Et si on y était?
Beaucoup en rêvent. J'avoue être de ceux là. Et aujourd'hui, ce que je vous dis, c'est que c'est la première fois que j'y crois.
Bien sûr, personne ne changera le monde en deux semaines. Mais je pense que les indignés peuvent planter la graine de ce qui deviendra plus tard, je l'espère, une révolution. Une révolution à leur image, c'est-à-dire non violente et constructive. Pourquoi pas une révolution tranquille à l'échelle planétaire?
Je vous l'ai dit, tout à l'heure, que j'étais un rêveur.
Mais les pays arabes viennent de vivre leur printemps.
Donc je répète ma question : suis-je le seul à vouloir croire au nôtre?
mercredi 18 mai 2011
Quand avez-vous choisi d'être hétérosexuel?
Un dernier petit vidéo, en cette après-journée internationale contre l'homophobie. Dommage qu'il ne soit pas en français, car c'est l'un des vidéos les plus percutants concernant l'homosexualité que j'aie vu. Il s'agit d'un vox pop sur la question suivante : croyez-vous que l'homosexualité est un choix? Sur réponse affirmative, le coup est cinglant : et vous, quand avez-vous choisi d'être hétérosexuel? De quoi faire réfléchir bien des gens.
Dans un autre ordre d'idée, si jamais vous avez de bons vidéos sur le sujet en français, je suis preneur! Mes recherches n'ont pas été très fructueuses...
mardi 17 mai 2011
Journée internationale contre l'homophobie
Nous y voila, le 17 mai, journée internationale contre l'homophobie! Pour l'occasion, voici un petit vidéo, franchement touchant, pour donner espoir à tous ceux qui vivent encore des jours pénibles, particulièrement dans les écoles secondaires. Cette journée est pour vous.
Le vidéo est en anglais, mais je pense qu'il est assez explicite pour que tout le monde puisse le comprendre.
Visitez aussi : http://www.homophobie.org
lundi 16 mai 2011
It Gets Better - Le meilleur est à venir
It Gets Better est un mouvement web créé en 2010 en réaction au suicide de plusieurs adolescents qui subissaient les contrecoups de l'homophobie. L'idée? Publier sur le web des vidéos où l'on peut voir des adultes homosexuels lancer un message d'espoir bien précis : avec le temps, ça ira mieux - ou le meilleur est à venir. Le public cible : les jeunes homosexuels, évidemment.
Voici l'un de ces vidéos, lancé par la compagnie canadienne Telus. Bien sûr, cette publication n'est pas étrangère au fait qu'une journée bien spéciale se déroulera demain : la journée internationale contre l'homophobie!
Visitez aussi leur site : http://www.itgetsbetter.org
lundi 02 mai 2011
Le Canada entre dans une ère noire...
... et je tiens à le dire haut et fort : aujourd'hui, le 2 mai 2011, le Québec a voté massivement contre les valeurs du parti conservateur. Je nous dissocie donc complètement de toute horreur que notre nouveau gouvernement pourrait faire dans l'avenir.
Il est important que la communauté internationale le comprenne.
Et nous le répéterons.
Chaque fois qu'il sera nécessaire.
jeudi 28 avril 2011
Oublie ça Harper #7 : La nation québécoise

Bien que le gouvernement Harper se vante d'avoir reconnu la nation québécoise comme une nation distincte, aucun geste concret n'est encore venu le confirmer : il ne s'agit que d'une façade de plus dont se servent les conservateurs pour se faire du capital politique. En fait, Harper n'a fait que travailler contre le Québec et ses intérêts et valeurs depuis son accession au pouvoir. Démonstration de l'irrespect des conservateurs.
Des faits
Malgré ce qu'en dit le premier ministre Stephen Harper, le Québec ne siège toujours pas à L'UNESCO, même si « la spécificité du Québec [devrait l'amener] à jouer un rôle particulier au niveau international ». Le représentant du Québec fait en effet parti de la délégation canadienne, et n'a aucune autorité distincte.
› Voir :
Les sénateurs conservateurs contre le bilinguisme à la Cour suprême, Cyberpresse, 28 avril 2010Alors que le gouvernement conservateur se dit décentralisateur et respectueux des Québécois, il tente pourtant de créer une commission unique des valeurs mobilières, ce qui, en plus de ne pas respecter le vote unanime de l'Assemblée Nationale du Québec dénonçant le projet, entre en conflit direct avec les compétences juridictionnelles du Québec.
› Voir :
Commission unique: le projet fédéral critiqué en Cour suprême, Cyberpresse, 14 avril 2011Le parti conservateur ne respecte pas les valeurs du Québec : le respect de l'environnement, l'ouverture, le respect de la démocratie et des droits de la personne, la primauté du maintien de la paix sur les missions militaires, l'aide internationale, etc.
› Voir :
les
autres raisons de la série
En 2001, Stephen Harper signait dans le Calgary Sun un article intitulé Bilingualism's Become a Religion dans lequel il témoignait de son irrespect envers la langue du Québec: « Après tout, le bilinguisme national et obligatoire n'est pas, dans ce pays, une simple politique. C'est devenu une religion, un dogme que nous sommes tous censés accepter sans discuter […] Ne vous y trompez pas. Le Canada n'est pas un pays bilingue. En fait, il l'est moins qu'il ne l'a jamais été […] Le bilinguisme érigé en religion, c'est comme un dieu qui n'a pas pu faire de miracles. Cela n'a favorisé ni la justice ni l'unité, et cela coûte aux contribuables canadiens, à qui l'on se garde bien de le dire, des millions. »
Sur ce blogue
Les autres raisons qui devraient vous faire voter contre les conservateurs : cliquez ici.
Ce billet fait partie de la série Le 2 mai, oublie ça Harper! contenant au total 7 billets qui seront publiés du 22 au 28 avril 2011. Devant le danger d'un gouvernement conservateur majoritaire et dans le but d'éviter une telle majorité qui serait, à mon humble avis, un désastre pour l'ensemble du pays, cette série de billets veut rappeler aux Canadiens les actions et les idéologies du Parti Conservateur afin que ceux-ci puissent voter en toute connaissance de cause le 2 mai prochain.
mercredi 27 avril 2011
Oublie ça Harper #6 : Ses idéologies de droite

Que ce soit en matière de droits humains, de religion, d'environnement ou encore de politique étrangère, les conservateurs nous ont à maintes reprises rappelé les racines traditionnalistes et rétrogrades de leurs idéologies. S'en cachant ou s'en vantant selon ce qui les arrange, ils ont fait ou tenté de faire reculer plusieurs acquis de la société canadienne. Bref aperçu de la situation.
Des faits
En matière de droit des femmes, bien que le parti se défend de vouloir bannir l'avortement, on sait nombreux les députés conservateurs qui le souhaiteraient, certains ayant d'ailleurs proposé des projets de loi allant en ce sens, par exemple le projet de loi C-484 qui visait à donner un statut juridique au fœtus. On se rappelle aussi que les conservateurs ont refusé de financer les avortements dans le cadre de leur initiative de santé maternelle dans les pays en voie de développement.
› Voir :
Avortement - Entre les lignes, Le Devoir, 17 avril 2010En 2009, le ministre d'État aux Affaires étrangères Peter Kent s'est ouvertement déclaré pour la peine de mort en insultant tous les défenseurs de son abolition. De plus, le gouvernement conservateur a montré dans de nombreux dossiers qu'il n'entend pas aider les citoyens canadiens condamnés à mort à l'étranger.
› Voir :
Un ministre conservateur insulte les opposants à la peine de mort, Cyberpresse, 6 mars 2009Le gouvernement Harper entretient des liens avec plusieurs mouvements catholiques fondamentalistes et plusieurs de ses membres en prônent les idées, tel le créationnisme. Le ministre canadien des sciences et des technologies lui-même, M. Goodyear, refuse d'ailleurs de dire s'il croit à la théorie de l'évolution, car il ne croit pas qu'il « soit approprié de poser des questions au sujet de [sa] religion ».
› Voir :
Des fous de Dieu chez les conservateurs, Le Devoir, 7 avril 2011Le gouvernement conservateur a voté cette année un budget de 20 milliards de dollars pour l'armement militaire, le plus gros montant jamais attribué pour le volet militaire, et ce alors que nous délaissons notre rôle de leader international en matière de paix pour favoriser des missions de guerre.
Le gouvernement conservateur a promis que s'il obtenait une majorité aux prochaines élections, il abolirait le registre des armes à feu, ce qui faciliterait grandement l'accès aux armes à feu au Canada. L'Assemblée nationale du Québec s'oppose unanimement à ce projet de loi.
Le gouvernement conservateur a, depuis son élection et de tout temps, tenté de faire reculer les droits acquis par les homosexuels.
› Voir :
la raison #4 sur les droits des gais et lesbiennesPour les conservateurs, la crise environnementale n'existe pas.
À voir aussi
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Ce billet fait partie de la série Le 2 mai, oublie ça Harper! contenant au total 7 billets qui seront publiés du 22 au 28 avril 2011. Devant le danger d'un gouvernement conservateur majoritaire et dans le but d'éviter une telle majorité qui serait, à mon humble avis, un désastre pour l'ensemble du pays, cette série de billets veut rappeler aux Canadiens les actions et les idéologies du Parti Conservateur afin que ceux-ci puissent voter en toute connaissance de cause le 2 mai prochain.
mardi 26 avril 2011
Oublie ça Harper #5 : La culture
J'écrivais en 2008 un
article dénonçant le mépris du premier ministre Stephen Harper pour la culture. En 2011, cet état des choses est malheureusement toujours d'actualité. Rappel des pertes essuyées en culture depuis 2006.
Des faits
Dans son budget 2008, Harper coupait 45 millions à la culture. En 2011, c'est 177 millions qu'il coupera s'il est élu.
› Voir :
Dépenses fédérales - Ottawa donne aux prisons et coupe en environnement, Le Devoir, 2 mars 2011En 2008, le gouvernement conservateur a voulu, par l'entremise du projet de loi C-10, donner au gouvernement le pouvoir de refuser des crédits d'impôts à la production de films jugés «contraires à l'ordre public», ouvrant ainsi la porte à la censure. Ce volet du projet de loi a par la suite été abandonné, une semaine avant les élections fédérales de 2008.
› Voir :
Harper enterre C-10: le milieu culturel soulagé, Cyberpresse, 7 octobre 2008Durant la présente élection, le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) a envoyé un questionnaire aux partis politiques canadiens auquel seul le Parti Conservateur a refusé de répondre, démontrant une fois de plus que le parti ne se sent pas concerné par la culture.
› Voir :
...ni au Mouvement pour les arts et les lettres, Le Devoir, 19 avril 2011Patrimoine canadien a mis fin au programme d'aide aux revues littéraires et artistiques à tirage de moins de 5000 exemplaires par année, menaçant ainsi la survie de plusieurs d'entre elles.
› Voir :
Politique culturelle fédérale - Des revues menacées, Le Devoir, 8 février 2011En 2010, Industrie Canada a subitement diminué le nombre de festivals d'été qui recevraient une subvention. Les FrancoFolies de Montréal avaient ainsi été privées de 1,5 million de dollars un mois seulement avant le début de leur festival.
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lundi 25 avril 2011
Oublie ça Harper #4 : Les droits des gais et lesbiennes

Ça ne jette personne en bas de sa chaise, les conservateurs ont toujours eu du mal à accepter la différence, et il n'y pas d'exception pour les homosexuels. Après tout, l'actuel premier ministre Stephen Harper ne disait-il pas en 2003 que si « le droit à la liberté d'expression et à la liberté de culte sont inscrits dans la Constitution […] l'orientation sexuelle ne l'est pas » ? (Stephen Harper, CBC Newsworld, 4 septembre 2003)
Des faits
Lors de son dernier mandat, le gouvernement Harper a coupé les fonds destinés à plusieurs organismes et festivals LGBT.
› Voir :
Les droits des gais retirés d'un guide remis aux immigrants, Cyberpresse, 2 mars 2010Gérard Latulippe, ouvertement contre les droits des homosexuels et pour le rétablissement de la peine de mort, a été nommé président de l'organisme Droits et Démocratie par le gouvernement conservateur.
› Voir :
Droits et Démocratie - Latulippe déplaît à l'opposition, Le Devoir, 25 février 2010Les conservateurs ont voté contre le projet de loi C-389 proposé par le NPD qui visait à inclure comme motif de discrimination l'identité de genre dans la Loi canadienne sur les droits de la personne.
Autre fait intéressant : pour la première fois depuis sa fondation, le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) prend position dans une campagne électorale. Ils conseillent vivement aux communautés LGBT, et à tous les Canadiens, de voter contre le Parti Conservateur lors des prochaines élections. «Après cinq ans de règne conservateur, le constat est clair : l'idéologie de ce parti est hostile aux droits des personnes LGBT». (Être, 4 avril 2011)
Je ne saurais qu'approuver.
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dimanche 24 avril 2011
Oublie ça Harper #3 : Les relations internationales

Depuis l'accession au pouvoir du gouvernement Harper, la réputation du Canada, autrefois perçu comme un pays ouvert, médiateur et respectueux des droits de la personne, en a pris un coup, autant à l'extérieur qu'aux yeux des Canadiens eux-mêmes. Rappel de quelques faits.
Des faits
Depuis octobre 2010, le Canada ne siège plus à l'ONU. En effet, la rigidité du gouvernement dans ses relations internationales et certains manquements aux droits de la personne et aux règles de la démocratie ont poussé la communauté internationale à préférer donner le siège au Portugal.
› Voir : Le Canada reçoit une gifle à l'ONU, Le Devoir, 13 octobre 2010
Le Canada, sous la gouvernance des conservateurs, a refusé de demander à ce que plusieurs Canadiens qui purgent une peine à l'étranger ou qui sont condamnés à la peine de mort soient rapatriés au Canada pour y être jugés selon les lois canadiennes. Omar Khadr en est un exemple.
› Voir : Omar Khadr - Triste histoire, Le Devoir, 20 octobre 2010
Le gouvernement Harper a renié la tradition canadienne qui voulait que nous soutenions les pays les plus pauvres en matière d'aide au développement. Sa nouvelle politique internationale se tourne plutôt vers des pays à revenu intermédiaire, et abandonne huit pays qui sont parmi les plus pauvres du continent africain.
› Voir : la raison #2 sur l'environnement.
De plus en plus de manquements aux règles de la démocratie, à la liberté d'expression et au droit à l'information mine notre réputation à l'étranger.
À voir aussi
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samedi 23 avril 2011
Oublie ça Harper #2 : L'environnement

Malgré toutes les belles paroles en matière d'environnement que nous sert le gouvernement Harper depuis son élection, les actes posés par ce-dernier nous démontrent clairement qu'il ne prend pas au sérieux le problème des changements climatiques. Pire, il tente désespérément de bloquer les négociations internationales sur le sujet. Revue des faits marquants.
Des faits
Lors du Sommet de Copenhague et de la Conférence de Cancun, le gouvernement conservateur canadien a grandement nuit aux discussions en obstruant systématiquement toute négociation visant à étendre le protocole de Kyoto. Il a également fait piètre figure par son absence de plan stratégique dans le dossier des changements climatiques.
› Voir : Ottawa veut bloquer la prolongation de Kyoto, Le Devoir, 4 décembre 2010Pour Harper, le protocole de Kyoto « est essentiellement un complot socialiste qui vise à soutirer des fonds aux pays les plus riches ». Il a d'ailleurs renié l'engagement du Canada en prétextant que son gouvernement allait suivre ses propres cibles en matière de réduction des gaz à effet de serre. Des cibles qu'on sait aujourd'hui risibles.
› Voir : Harper a déjà qualifié Kyoto de «complot socialiste», Le Devoir, 31 janvier 2007Les conservateurs ont prouvé, en 2010, en utilisant le Sénat - composé en majorité de sénateurs conservateurs - pour rejeter un projet de loi sur les changements climatiques qu'en plus de ne pas respecter la démocratie, ils étaient prêts à tout pour nuire aux efforts environnementaux désirés par les Canadiens.
› Voir : Changements climatiques: le Sénat élimine le projet de loi du NPD, Cyberpresse, 17 novembre 2010Le budget de mars 2011 comprend d'importantes coupures budgétaires en environnement. « Le budget d'Environnement Canada […] a vu ses programmes de lutte contre les changements climatiques et contre la pollution atmosphérique amputés de 59 %. […]Dans l'ensemble, le gouvernement réduira ses dépenses pour des programmes de protection de l'environnement d'environ 14 %. ».
› Voir : Un plafond de GES serait «dangereux», selon Baird, Le Devoir, 6 avril 2011Dans le but de contrôler l'information diffusée au public, le gouvernement conservateur a interdit aux scientifiques d'Environnement Canada de répondre aux questions des journalistes.
À voir aussi
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Ce billet fait partie de la série Le 2 mai, oublie ça Harper! contenant au total 7 billets qui seront publiés du 22 au 28 avril 2011. Devant le danger d'un gouvernement conservateur majoritaire et dans le but d'éviter une telle majorité qui serait, à mon humble avis, un désastre pour l'ensemble du pays, cette série de billets veut rappeler aux Canadiens les actions et les idéologies du Parti Conservateur afin que ceux-ci puissent voter en toute connaissance de cause le 2 mai prochain.
vendredi 22 avril 2011
Oublie ça Harper #1 : La démocratie
Ce billet est le premier d'une série nommée Le 2 mai, oublie ça Harper! qui contiendra au total 7 billets qui seront publiés du 22 au 28 avril 2011. Devant le danger d'un gouvernement conservateur majoritaire et dans le but d'éviter une telle majorité qui serait, à mon humble avis, un désastre pour l'ensemble du pays, cette série de billets veut rappeler aux Canadiens les actions et les idéologies du Parti Conservateur afin que ceux-ci puissent voter en toute connaissance de cause le 2 mai prochain.
Que nous ayons été d'accord ou non avec les positions des gouvernements précédents, nous pouvions au moins leur donner une chose : ils respectaient, la plupart du temps, l'essence de la démocratie. Or, nous voila avec un gouvernement de droite qui en fait fi. À plusieurs reprises, les conservateurs nous ont démontré qu'ils préféraient une politique du secret, répressive des droits de la personne, à une politique transparente et humaine. Quelques exemples.
Des faits
Pour la première fois dans l'histoire du Canada, un gouvernement a été accusé d'outrage au parlement. La raison : avoir refusé de fournir aux députés les détails quant aux coûts de projets de loi concernant la défense et la justice criminelle.
Stephen Harper limite le nombre de questions que les journalistes peuvent lui poser à cinq questions par jour pendant la campagne électorale.
Le Parti Conservateur restreint l'accès à ses évènements partisans en empêchant les citoyens soupçonnés de ne pas être fidèles au parti d'y participer. Il s'explique en disant : « Je crois que c'est mieux de refuser des gens que d'avoir de la difficulté à en attirer. ».
Depuis décembre 2010, les fonctionnaires fédéraux ne doivent plus parler du « gouvernement du Canada », mais bien du « gouvernement Harper » dans les communications officielles.
Stephen Harper n'en est plus aux semi-vérités : il ment effrontément, et use d'un double discours selon qu'il s'adresse aux Québécois ou aux Canadiens. Le débat en français en fût un exemple.
Les conservateurs ont prorogé le parlement en 2008 afin d'éviter que leur gouvernement ne soit renversé par une coalition libéral-NPD. En 2009, ils répétaient l'expérience afin d'éviter, cette fois, des questions sur les détenus afghans.
Le Sénat, composé en majorité de sénateurs conservateurs, a rejeté en 2010 un projet de loi sur les changements climatiques sans même en débattre. Grâce à ce stratagème, le gouvernement Harper a pu passer par-dessus la décision d'adoption de la loi précédemment votée par les députés élus.
Lors des sommets du G20 et du G8, les mesures de sécurité mises en place par le gouvernement conservateur ont mené à plus d'un millier d'arrestations et d'emprisonnements injustifiés.
Lors des deux débats des chefs 2011, le chef du Parti Libéral, Michael Ignatieff, a martelé que tout ce que le gouvernement conservateur ne pouvait contrôler, il le supprimait. Je pense que cela résume parfaitement les politiques de M. Harper et, par le fait même, donne raison aux Canadiens qui craignent un gouvernement conservateur majoritaire.
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vendredi 15 avril 2011
ZIPPO
Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, webzine qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois. À visiter : larecrue.net.
«C'est en voyant la barbarie frapper aux portes des cités […] que nous avons fini par écrire la fiction des jours où nous finirons peut-être par abdiquer. Tous gestes, toutes paroles, toutes libres pensées doivent être portées et saluées. Toujours. En tout temps. »
Voila qui dit tout. C'est parce qu'ils vivent en un temps où, chaque jour, les droits de l'homme – leurs droits – perdent du terrain que Mathieu Blais et Joël Casséus ont écrit ZIPPO, réaction vive et imagée aux démonstrations concrètes de violence, d'intolérance et de censure qui ont rempli l'actualité ces dernières années. Des inspirations – les manifestations de Gênes en 2001 ou de Toronto en 2010 – et des intentions – dépeindre l'urgence d'agir – qui expliquent parfaitement l'essence du roman et son univers apocalyptique.
Villanueva, ville-univers fictive, située dans le temps à quelques années seulement de notre propre époque, sert le propos des deux auteurs. Pendant qu'un important sommet économique s'y prépare, une étrange peste semble envahir les quartiers pauvres et malfamés. Si les pornoputes disparaissent les unes après les autres, les démunis sont regroupés dans des quartiers désaffectés où s'érigent des clôtures de fer. Les chiens des sans-abri sont brûlés, les commerces d'immigrants détruits à grand coups de cocktails Molotov. Les personnes âgées sont également laissées à elles-mêmes, les médecins et les infirmières ne se présentant plus dans les résidences et le chauffage et l'eau leur ayant été retirés. Des camions collecteurs parcourent les rues accompagnés de la police pour récupérer les cadavres. Et voila qu'on annonce qu'un météore fonce sur la terre.
Un récit, vous l'aurez compris, loin d'être optimiste sur notre avenir en tant que société, mais remarquablement bien construit. En mettant en scène un holocauste moderne dans un monde très près du nôtre, Mathieu Blais et Joël Casséus nous forcent à réfléchir : que donnerait une humanité qui abdique devant de tels évènements? En effet le livre ne raconte pas en soi une histoire de fin du monde, mais l'histoire de la fin d'un monde tel que nous l'avions espéré et imaginé : liberté, égalité, fraternité. Il le fait crûment, sèchement, provoque le malaise; la lecture est loin d'être confortable. Mais même si certains passages peuvent être rudes à lire, voir difficiles à accepter, je n'ai jamais, durant toute ma lecture, remis en question le choix de style qu'on fait les auteurs. En choisissant la sueur, le sang et l'hypocrisie humaine, ils se sont donné toute la puissance d'écriture dont ils avaient besoin pour passer leur message et exprimer, aussi, le vide qui sépare les révolutionnaires de ceux qui suivent sans rien dire.
En plus de cette force dans le fond, ZIPPO se démarque également par sa forme. Son rythme, saccadé, est un constituant aussi primordial que l'est son discours, car il ne fait pas que le soutenir, il le personnifie, l'incarne complètement, comme un flot de polaroids qui nous seraient jetés au visage. Les dialogues, qui se confondent avec le reste du texte, imitent la cadence naturelle des pensées et rappellent parfois l'écriture automatique – on le croirait si ce n'était de la maitrise parfaite que semblent avoir les auteurs sur leur texte. Une poésie, finalement, un souffle de fin du monde qui renverse : « Sur le sol, il y avait des bouteilles vides. Des mégots de crache-poumons. Un livre de Thompson. Un répondeur qui clignotait. Des sous-vêtements féminins. Autant de points à relier qu'il y avait de matière vide entre eux. Autant d'indices que d'absence. » Pas besoin d'être en accord avec les idées véhiculées par les deux auteurs pour apprécier la puissance de leurs mots.
À se rappeler toutefois, ZIPPO ne se lit pas en prenant un café. On le lit les trippes nouées, avec un goût de métal dans la bouche. Mais on le lit. Du moins, c'est ce que je vous conseille vivement de faire.
Quatrième de couverture
Dans une ville nord-américaine d'un avenir pas si lointain se prépare un grand sommet économique que le journaliste-militant Nuovo Kahid est chargé de couvrir. Quand l'économie va, tout va, dit-on. Mais les pornoputes disparaissent, les autorités se durcissent, les clochards claquent des dents et la ville tombe en ruine. Par-dessus le marché, une comète fonce sur la terre. Avait-on vraiment besoin de ce caillou sidéral pour annoncer sans crainte de se tromper que la première heure de la fin du monde avait déjà sonné?
Polar noir d'une écriture sèche comme des rafales d'automatiques, ZIPPO est le roman de la nouvelle gauche québécoise, une gauche ouverte sur le monde, informée, informatisée et peu encline au romantique. Mais… La désillusion parcourt les pages de ce livre comme un indicateur de civilisation alarmant. Car les protestataires prennent de l'âge et redoutent ce moment où, vaincus, ils devront rentrer dans le rang pour rejoindre leurs aînés, ces vautours qui se sont engraissés sur le cadavre du monde.
Quelques citations
« […] nous avons fini par écrire la fiction des jours où nous finirons peut-être par abdiquer. Tous gestes, toutes paroles, toutes libres pensées doivent être portées et saluées. Toujours. En tout temps. »
« Une fleur sur un tas de merde.»
« Kahid ouvrit les yeux comme d'autres s'ouvrent les veines.»
« Sur le sol, il y avait des bouteilles vides. Des mégots de crache-poumons. Un livre de Thompson. Un répondeur qui clignotait. Des sous-vêtements féminins. Autant de points à relier qu'il y avait de matière vide entre eux. Autant d'indices que d'absence.»
« Les neufs cravates les plus puissantes vont se réunir dans la métropole, poursuivit-il. La première cravate de la Russie y sera aussi.»
Bibliographie
ZIPPO
Mathieu Blais et Joël Casséus
Leméac, 2010
135 p.
8.5/10
« La norme, maintenant, c'était ça. Une absence de rêve, de vie. Une aphonie.»
« Il avança. Tomba face à face avec un homme vêtu de kaki. Ses réflexes ne suffirent pas. La rafale de tech9 qui lui arracha le visage, elle, suffit amplement. »
« On ne naît qu'une fois et la plupart du temps, c'est horrible. »
jeudi 11 novembre 2010
Quand le mariage gay était un rite chrétien
Il y a quelques mois, j'avais lu un article fort intéressant concernant le mariage homosexuel et la religion catholique. Malheureusement, le texte en question étant en anglais, je n'avais pas publié de lien sur mon blogue pour vous en faire part. On y apprenait entre autre que l'homosexualité n'a pas toujours été punie par l'Église. Mais aujourd'hui, et bien j'ai traduit l'article pour vous! Je trouvais vraiment trop dommage de ne pas pouvoir partager avec ceux de vous qui ne pouvaient le lire dans sa langue originale. Voici donc ma traduction. J'ai hâte d'avoir vos réflexions et commentaires sur le sujet!
Traduction
Un musée d'art à Kiev contient une curieuse icône provenant du monastère de Sainte-Catherine sur le mont Sinaï en Israël. Elle montre deux saints chrétiens en robe. On retrouve entre eux le traditionnel « pronubus » romain, surplombant un mariage. Le pronubus est le Christ. Le couple marié est composé de deux hommes.
Cette icône suggère-t-elle un « mariage » homosexuel sanctifié par le Christ lui-même? L'idée semble choquante. Mais la réponse complète provient d'autres sources chrétiennes anciennes en lien avec les deux hommes figurant dans l'icône, Saint-Sergius et Saint-Bacchus, deux soldats romains qui furent martyrs chrétiens. Ces deux officiers de l'armée romaine provoquèrent la colère de l'empereur Maximien lorsqu'ils furent exposés en tant que « chrétiens cachés » en refusant d'entrer dans un temple païen. Ils furent tous deux envoyés en Syrie vers l'an 303 ap. J.-C où Bacchus serait mort par flagellation. Serge survécu à la torture, mais fut plus tard décapité. La légende dit que Bacchus serait apparu en tant qu'ange à la mort de Serge, en lui disant d'être courageux, car ils seraient bientôt réunis dans le ciel.
Bien que l'appariement des saints, en particulier aux temps de l'Église chrétienne primitive, n'était pas rare, l'association de ces deux hommes était considérée comme particulièrement intime. Severus, le patriarche d'Antioche (512 à 518 ap. J.-C) expliquait que, « nous ne devrions pas séparer dans le discours ces hommes [Serge et Bacchus] qui étaient réunis dans la vie". Ceci n'est pas un simple cas d'"adelphopoiia" (relation spirituelle entre deux personnes célébrée par un rituel religieux). À la fin du 10ème siècle, Saint-Sergius est ouvertement reconnu par la célébration comme le «compagnon doux et amoureux" de Saint-Bacchus. L'étroite relation de Serge et Bacchus a conduit plusieurs savants modernes à croire qu'ils étaient amants. Mais la preuve la plus convaincante soutenant cette thèse est que le plus ancien texte de leur martyrologe, écrit en grec du Nouveau Testament, les décrit comme "erastai," ou "amoureux". En d'autres termes, ils étaient un couple homosexuel masculin. Leur orientation et relation étaient non seulement reconnues, elles étaient pleinement acceptées et célébrées par l'Église chrétienne primitive, qui était beaucoup plus tolérante qu'aujourd'hui.
Contrairement au mythe, le concept chrétien du mariage n'est pas demeuré figé depuis l'époque du Christ, mais a constamment évolué en tant que concept et rituel.
Le professeur John Boswell, le dernier président du département d'histoire de l'Université de Yale, a découvert dans les documents anciens de l'église chrétienne qu'en plus des mentions concernant les cérémonies de mariage hétérosexuel, il y avait aussi des mentions de cérémonies appelées l' « Office de l'union de deux personnes du même sexe » (10e siècle et 11e), et l'«Ordre pour unir deux hommes » (11ème et 12ème siècle).
Ces rites de l'Église avaient tous les symboles d'un mariage hétérosexuel : l'ensemble de la communauté se réunissait dans une église, une bénédiction du couple devant l'autel était réalisée avec leur main droite jointes, les vœux sacrés étaient échangés, un prêtre officiait la prise de l'Eucharistie et une fête était célébrée par la suite. Ces éléments apparaissent tous dans les illustrations contemporaines de la sainte union de l'empereur-guerrier byzantin, Basile le premier (867-886 ap. J.-C) et de son compagnon John.
De telles unions entre deux personnes du même sexe eurent également lieu en Irlande à la fin du 12ème siècle et au début du 13ème, comme l'écrit le chroniqueur Gerald of Wales (« Geraldus Cambrensis »).
L'Europe pré-moderne fournit beaucoup de détails sur certaines cérémonies de mariages homosexuels mentionnées dans les documents liturgiques de l'Église ancienne. Un rite grec du 13ème siècle, l'« ordre solennel pour les unions de même sexe », évoque Saint-Serge et Saint-Bacchus, et demande à Dieu d'« accorder à ceux-ci, ses serviteurs [N et N], la grâce de s'aimer l'un et l'autre et de demeurer sans haine et ne pas être la cause de scandales tous les jours de leur vie, avec l'aide de la Sainte Mère de Dieu, et de tous ses saints ». La cérémonie se conclue par : « Qu'ils embrassent le saint Évangile et qu'ils s'embrassent l'un l'autre, et cela sera conclu.".
Un autre « Office de l'union de deux personnes du même sexe » serbe slave du 14ème siècle unissant deux hommes ou deux femmes voyait le couple mettre la main droite sur l'Évangile tout en ayant un crucifix dans la main gauche. Après avoir embrassé l'Évangile, le couple devait ensuite s'embrasser, après quoi le prêtre, ayant célébré l'Eucharistie, leur donnait tous les deux la communion.
Des récits d'union de même sexe ont été découverts dans des archives telles que celles trouvées au Vatican, à Saint-Pétersbourg, à Paris, à Istanbul et au Sinaï, couvrant des milliers d'années allant du 8ème au 18ème siècle.
Le missionnaire et prieur dominicain Jacques Goar (1601-1653) inclut de telles cérémonies dans une collection imprimée de livres de prière grecques orthodoxes, "Euchologion Sive Rituale Graecorum Complectens Ritus Et Ordines Divinae Liturgiae " (Paris, 1667).
Bien que l'homosexualité était techniquement illégale à la fin de l'époque romaine, les écrits homophobes ne sont pas apparus en Europe occidentale avant la fin du 14ème siècle. Même alors, des unions de même sexe consacrées par l'église continuaient d'avoir lieu.
À Saint-Jean de Latran à Rome (traditionnellement l'église paroissiale du pape) en 1578, pas moins de treize couples de même sexe furent liés lors d'une grand-messe et avec la collaboration du clergé, "en célébrant ensemble la communion, en utilisant les mêmes écritures nuptiales, après quoi ils dormirent et mangèrent ensemble", selon un rapport contemporain. Une autre union de femme à femme est enregistrée en Dalmatie au 18ème siècle.
L'étude académique du professeur Boswell est si bien documentée qu'elle pose des questions fondamentales sur les attitudes modernes envers l'homosexualité des dirigeants de l'église moderne et des chrétiens hétérosexuels.
Que l'Église ignore les preuves contenues dans ses propres archives serait lâche et trompeur. La preuve démontre de façon convaincante que ce que prétend l'Église moderne comme ayant toujours été son attitude immuable envers l'homosexualité n'est, en fait, rien de tel.
Cela prouve que pour les deux derniers millénaires, dans les églises paroissiales et les cathédrales de l'entière chrétienté, de l'Irlande à Istanbul et même au cœur de Rome elle-même, les relations homosexuelles étaient acceptées comme des expressions valides d'un amour donné par Dieu et de l'engagement envers une autre personne, un amour qui pouvait être célébré, honoré et choyé, par l'intermédiaire de l'Eucharistie et au nom et en présence de Jésus-Christ.
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